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    Animal Holocaust

    Des coccinelles sur la main Je me souviens d’un temps où pour obtenir un silence respectueux, les regards brillants des dames et un verre de plus, on devait non plus narrer comment on était venus à bout d’un contentieux avec le centre des impôts, mais conter ses périples dans le Grand Nord, ses treks au Népal, ses expéditions en forêt de java ou chez les Jivaros réducteurs de tête. Certes, on pratiquait encore un peu les récits de vacances, avec tous les problèmes de tourista ou de bestioles qui piquent et qui grattent, mais le développement du tourisme de masse et la formule charter désormais fort connotée avait fait perdre en enchantement.

    Aujourd’hui, si vous voulez faire frémir la demoiselle, claquer le beignet aux bellâtres hâbleurs et vous lever de table sous les applaudissements, il convient plutôt de raconter comment vous avez pratiqué le jogging du côté de Sucé-sur-Erdre où vous pouvez connaître des sensations extrêmes comme celles offertes par les attaques de buses déchiqueteuses de t-shirts.

    Car l’aventure est désormais partout : une balade au bord du lac de Grand Lieu, théâtre de l’invasion des ragondins géants aux longues dents jaunes et de celle des écrevisses rouges de Louisiane à pinces grosses comme ça réservera tant de rebondissements, que lors de vos dîners en ville, l’assistance effarée et bouche bée vous assurera du rab de dessert.

    Il paraît que celui qui aura tenté de gagner la plage attaquée par des coccinelles asiatiques, pour s’offrir une baignade en mer parmi les moules tigrées, saura ce que l’expression l’Ouest sauvage veut dire. Car la région serait victime, si l’on en croit de temps à autre la presse locale, d’un retour sans précédent de la nature dans toute sa férocité : peut-on encore aller se prélasser sur l’herbe en bordure des douves du château Anne de Bretagne sans être étouffé dans un nuage de papillons perceurs de la tomate avant que des hordes sanguinaires de tortues de Floride carnassières de la taille d’une bouse de vache nantaise ne viennent déchirer votre cadavre ? On en doute, désormais. On ne serait en sécurité nulle part : même pas dans sa voiture qui peut être à tout moment le refuge de frelons asiatiques de la taille d’un mensonge électoral, ou entourée par des groupes d’ibis sacrés, ou en tout cas sacrément trop nombreux, aux longs becs effilés cherchant à vous crever les pneus. Et bien sûr, au moment de fuir, l’auto ne démarre pas, car le moteur est rongé par des millions de chenilles processionnaires…

     

    Les Pays de Loire sont devenus le lieu d’un thriller pire que le film gorissime Cannibal holocaust : c’est carrément Animal holocaust. Nous vivons le déchaînement des espèces invasives ou locales devenues chaque jour des plus dangereuses –et je ne parle pas des Parisiens ni des fauves mécaniques, qui se répandent depuis les Machines de Nantes sur tout l’Hexagone, dopés par la dévoration de touristes éperdus.

     

    L’heure est grave. Que se passe-t-il ? À force d’entendre qu’il faut sauver la nature, ses représentants auraient-ils chopé le melon au point de se croire tout permis, se livrant à une riposte revancharde, sinon vengeresse ? Si c’est le cas, attendons-nous à voir revenir la civelle du Japon où, paraît-il, elle est allée se faire dévorer, énervée et surdopée aux radiations de Fukushima, tandis que la lamproie à qui désormais on fait sa fête va encore moins que d’ordinaire accepter de se faire dépouiller comme ça.

    Il convient donc dès à présent d’alerter les pouvoirs publics et de prendre des mesures de sécurité. Voici ce que nous préconisons :

    • D’abord, ne pas mobiliser sans les former les chasseurs toujours prompts à montrer qu’ils peuvent être utiles. La dernière fois qu’ils ont voulu descendre les buses, d’après l’article de Ouest-France, ils se sont trompés d’oiseaux. C’est vrai que la buse, on ne sait pas toujours qui c’est.

    • Ensuite, pourquoi ne pas revenir aux bonnes pratiques ; c’est-à-dire mobiliser les scolaires comme on le fit après guerre pour aller éradiquer le doryphore dans les champs de pommes de terre ? Gageons qu’un bon nombre d’adolescents, aguerris studieusement des heures entières aux techniques de lancement des jeux vidéos Angry Birds, des pingouins de Yeti Sports ou autres jeux de balançage d’espèces à coups de pompes type Paf le chien ne demanderaient qu’à faire preuve de leur talent in real life. Une équipe régionale motivée pourrait nous rejeter toutes les bestioles pénibles à la mer ou en région Centre. Un championnat pourrait même faire l’occasion d’une attraction touristique bien plus sexy qu’un écomusée.

    • Concernant les insectes, il serait judicieux d’équiper les populations de tapettes à coccinelles chinoises ou, plus larges, de pelles contre ces frelons qu’on dit être quasiment nucléaires et nord-coréens. Évidemment, les techniques de frappe enseignées ne devront pas être les mêmes que celles pratiquées par les chasseurs de buses, sinon il va y avoir de la dent et de la lunette pétées.

    • Enfin, sensibilisons les habitants et les touristes aux bon réflexes, car tout s’apprend, même la méfiance : le danger animal peut venir de partout et de manière insidieuse. Il n’y a pas que les becs, les dards, les griffes et les crocs qui devraient inspirer des principes de précaution en période estivale. On assiste en effet, ces derniers temps, à des agissements fourbes pratiqués par le sashimi de thon rouge ou la moule-frite de certains établissements ; ripostes capables de vous immobiliser un bataillon entier –ou du moins de le contraindre à partir en courant.

    Malgré ces suggestions qui pourraient créer une psychose à ne pas souhaiter -et c’est bien pourquoi la presse nous en parle souvent-, rappelons que les animaux sont nos amis. Tous : même la vache folle, le mouton tremblant, le veau aux hormones, le poulet grippé, le cochon pestiféré et le staphylocoque doré. Mais notons aussi qu’il y a des amis qu’on n’a pas envie de voir souvent. Et ça, c’est humain.

     

    Légende de la photo de Une : Invasion de coccinelles de nos amis de la République démocratique et populaire de Chine à la Bernerie-sur-mer en juillet 2011. © Mizio.

    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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