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    Auto partout ou bagnole nulle part ?

    Exemple d’auto piétonnisation. Exemple d’auto piétonnisation.

    Si dans cette chronique on fustige parfois la démagogie greenwashing, on n'en est pas moins sensible, loin s’en faut, aux arguments sur le durable, le planète-à-sauver, le qualité-de-vie et autres biotrucs dès lors qu’ils ne versent pas dans l’attitude du bisounours vert à tournesol sur la poitrine. Surtout, on aime les discours cohérents, qu’on soit d’accord ou non. Concernant la bagnole, en revanche, on ne comprend pas dans quel sens il faut conduire dans cette région où on nous serine qu’il faut acheter des voitures… pour vivre en ville piétonnisée.

     

    Nantes, que son ex-maire désigna jadis comme étant la belle endormie, ne somnole en fait guère grâce au fracas permanent des travaux que l’on dit urbains, mais qui ne le sont qu’au premier sens du terme puisque manquant, pour l’automobiliste, pour le moins, de courtoisie. Depuis cet été, celle qui fut honteuse d’être glorifiée comme étant déjà la plus embouteillée de France se surpasse avec délectation, livrée aux assauts de machines aussi bruyantes que dantesques. Ses rues sont envahies de chenilles aux mâchoires d’acier qui raclent, creusent et broient avec vacarme et frénésie un béton qui, recraché, refondu, replacé, servira de tapis au Nantais promeneur que l’on sait goûteur tant d’achats futiles que de terrasses bavardes. Derrière des barricades provisoires dédiées à contenir toute rébellion voiturière, des hordes d’ouvriers fanatisés par les délais pètent et cassent, comblent et repavent sous les yeux injectés de sang par l’attente et la colère des conducteurs statufiés dans un véhicule relégué en périphérie du centre, autant dire de tout, et qui avancent à la vitesse de la dérive des continents. Pas un endroit en centre-ville où on ne nous explique qu’une nouvelle espèce de bus est en train de fleurir. On conviendra toutefois que cela est une très bonne chose, et que le réseau de transports qui découle de ces travaux assure plutôt très bien sa fonction.

    Rennes, Caen, Angers, et j’en passe, cèdent aussi au retour en centre-ville de la semelle piétonne et aux vertus du transport public, collectif, mutualisé à abonnement variable. Régulièrement, des pédaleurs motivés clament à l’encan leur amour du vélocipède, la main sur le cœur, en selle sur des bilans carbones à rendre vert un Grenelle de l’environnement. Enfin, la préfecture fustige les records d’accidents de voiture dans la région et colle des radars partout.

    On sent donc dans la région comme une tendance lourde.

     

    Mais voilà, à quelques vols d’oiseaux -lesquels auront sans doute été effrayés par tant d’acharnement au marteau-piqueur dans la chasse à l’auto-, s’est déroulé le salon automobile de Fougères à la même période que le Mondial de l’auto. Ouest-France, en Pravda locale, en a fait pour l’occasion des tonnes en acier avec édito et articles sur la bagnole de demain qui, on le sait, sera propre et intelligente (elle), et qui relancera, c’est certain, l’emploi et l’économie alors qu’on dit cette dernière "toussotante", mais expectore tout de même en ce moment de gros grumeaux d’ouvriers. Ah ! qu’ils sont désirables, ces salons où l'on croise des créatures toutes en jambes et en seins, appointées pour jouer les cariatides alanguies contre des bolides vernis, rutilants, chers et chics ! Achetez des bagnoles, vous sauverez le pays ! (On virera ensuite les paveteurs, mais fi).

     

    Là, ce n’est plus une tendance lourde que l’on sent, mais du bourrage de mou.

    Il s’agit d’une véritable schizophrénie : d’un côté on convient, ou on essaie de persuader les plus rétifs, que la qualité de vie dans les villes sans bagnoles est une avancée ; de l’autre, on flatte le chaland dans ses désirs de totems sans tabous.

    L’espadrille fait main, taillée dans le pneu reconverti comme un symbole de la dévoration de l’ennemi, toute semelle devant, arrivera-t-elle à laisser derrière elle l’auto, en supplantant ses gaz et ses odeurs ? Faudrait nous aider à y voir clair. Pour l’heure, on s’affligera de constater que les mentalités piétinent, tout comme l’acheteur désirant devant un guichet de salon, le politique sans doute subventionneur de fête de la bagnole, l’automobiliste piégé dans l’embouteillage... La voiture va-t-elle connaître le sort de la cigarette ? On en vend et on en promeut, mais on finira par marquer dessus que ce n’est pas bon parce qu’on est infichu d’avoir un discours cohérent.

    Bref, vu du trottoir ou de la chaussée, ça broute. Car, si en même temps t’avances et tu recules, comment veux-tu que… Euh.

    Ne pas caler.



    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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