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    La digital detox expliquée en ligne

    Grâce à notre fiche Trendy words, comprenez la digital detox en un clic. Grâce à notre fiche Trendy words, comprenez la digital detox en un clic.

    Vous étiez chez votre plombante mamie sise dans un trou breton confronté à des biscuits mous et un vide existentiel en train de fulminer contre l'absence de couverture satellitaire et de wifi, quand l’aïeule vous a lâché en vous resservant un chouchen tiède : "Zarma, mon mignon ! Au lieu de tirer cette cheutron cause que ton 06 et ton Face de bouc ne marchent pas ici, dis-toi au moins qu’ici tu fais ta digital detox sans que ça te coûte poduc". Grâce à notre fiche Trendy words, comprenez et adoptez la digital detox en un clic.

    1- La digital detox, qu’est-ce ?

    C’est une épreuve surhumaine pour tous les nomophobes, soit les dépendants aux smartphones et autres hyperconnectés au numérique que nous sommes devenus. Une digital detox ("pause numérique", "déconnexion volontaire") consiste à passer un temps court telle une soirée (sur l'exemple de celles organisées à Nantes1 par des gens qui en sortent tout chamboulés pour la narrer ensuite sur les réseaux sociaux la sueur au front), ou vivre un moment plus long tel un séjour fumeux en camp à feu de bois ou en hôtel sans box internet. Toujours sans consulter son smartphone ou sa tablette, sans envoyer ni lire de SMS, sans recevoir de notifications, sans publier sur les réseaux sociaux, sans errer sur le web, sans relever ses mails professionnels urgents qui demandent s’il faudra ou non déplacer la machine à café du bureau lundi matin. Bref, sans RIEN (du moins de numérique).

    Certes, c’est un peu comme être mort en Occident, être Africain en Afrique centrale, Néanderthalien, pauvre partout puisque sans moyen de s'offrir un forfait à 32Go/mois, centenaire sourdingue, à cataracte et tremblote parkinsonienne, ou alors Amish. Ou alors tout à la fois : mais il paraît que la digital detox nous sauvera de notre addiction.

    Comme chacun peut le découvrir en ligne, des soirées digital detox sont organisées et tout un marketing touristique, hôtelier et opportuniste s’y est engouffré, sans omettre les applications qui permettent de se passer de son smartphone lors de challenges entre gens équipés eux-mêmes de smartphones – défis détox forcément addictifs.

    Enfin, la digital detox est envisagée dans le cadre de la Loi Travail avec la notion de "droit à la déconnexion". Elle commence d'ailleurs à faire tôt son effet puisque ces dernières semaines bien des choses ont été coupées dans ce pays.

     

    2- La digital detox, en ai-je besoin, et à quoi sert-elle ?

    Vous avez besoin d'une digital detox si vous vous considérez drogué(e) à cause du temps que vous passez sur vos écrans, ou mieux, si vous trouvez que c'est utile parce que vous aimez dire que vous en avez besoin, du fait que vous travaillez tellement tout le temps, que vous avez tellement d'amis sur Facebook, ou tellement de clients, ou que vous adorez tellement ça que vous ne pourriez tellement pas vous en passer.

    Si en revanche votre entourage estime que vous avez besoin d'une digital detox, c'est sans doute parce qu'il est jaloux, lui, de ne pas posséder le dernier cri en matière d'équipement numérique. N'en tenez donc pas compte et continuez de tapoter sur le clavier.

    Il s'agit :

    • de préserver votre santé mentale en évitant le surmenage, en favorisant votre concentration, en vous faisant retrouver l'aptitude au langage que vous avez perdue ; celle-là même qui vous distinguait de l’animal depuis un temps immémorial. Il faut pourtant vous faire une raison : vous ne pourrez jamais répondre à votre patron en mimant un smiley ni écrire votre rapport ou le pitch de votre startup en langage SMS avec un gif animé de chaton tout en répondant aux potes qui vous racontent leur dernier binge drinking.

    • de restaurer votre rapport au monde : soit de vous aider à percevoir la présence d'êtres humains autour de vous et à comprendre que vous pouvez communiquer avec eux, partant du constat étonnant que la réalité est elle aussi interactive et multimédia, sinon plus (car il y a des sons, des images, et en sus des odeurs que, certes, cet imbécile de smartphone ne diffuse toujours pas) ; de vous aider à réapprendre à parler en regardant les gens, à ne plus vous cogner dans les parcmètres dans la rue ou à 130 à l’heure au volant dans le camion d’en face. Rappelons si nécessaire qu’il est parfois plus rapide de parler que d’écrire. En tout cas pour être écouté, à défaut d'entendu.

    • de conserver votre couple. Pour les femmes : évitez les positions trop compliquées parce qu’il faut que vous restiez coiffée et à votre avantage pendant l’acte et le selfie. Pour les hommes : madame préférerait en général que vous ne finissiez pas trop rapidement ce que vous avez commencé afin de consulter vos notifications.

    • d'épargner vos doigts. C’est cette corne apparue à leur extrémité qui fait fuir les gens, votre partenaire, les enfants, le chat…

    • de sauver la planète2 et l’humanité. Car l’hyperconnexion ne ferait pas seulement de nous des indifférents au monde qui s’écroule tandis qu’on photographie son dessert pour le publier sur Instagram : cela nous rendrait aussi tout simplement très cons. D’ailleurs c’est l’argument de professionnels bretons du tourisme ; personnes pourtant qui nous veulent du bien : "Au Cœur de la Bretagne, évacuez vos toxines digitales le long du canal de Nantes à Brest en vélo électrique. Plutôt que de s’abrutir sur le net, apprenez-en plus sur le monde qui nous entoure avec un séjour sportif et pédagogique." Mais quand on est déjà junkie, il ne faut pas s'étonner non plus de se faire traiter de crétin.

    3- La digital detox, où et comment pratiquer ?

    • En ligne. Les ressources sont abondantes. On manque toutefois encore de sociologues chercheurs désœuvrés et volontaires pour étudier les gens accros aux sites de digital detox, mais cela ne devrait pas tarder.

    • En soirée digital detox. C’est par ailleurs un bon plan drague. Pour les femmes : l’homme écoute enfin comment vous avez rivé son clou à l’autre pétasse du bureau, sans suivre le match de foot ni expliquer en live sur Twitter, Snapchat et Facebook qu’il est en train de pécho une pauvresse. Pour les hommes : elle vous regarde enfin et vous écoute sans faire hon,hon, oui, hum tout en vous montrant toutes les cinq secondes une photo de Louboutin sur Pinterest et en racontant à ses copines sur What’s App qu’un gros lourd ne lui lâche pas le joujou mobile.

    • En camp de vacances (aux USA notamment) avec tentes, camarades de jeux sensibilisés à la perspective de la fin prochaine du monde et à d'alternatifs moyens de vivre malgré les mycoses, et avec de l'herbe qui fait rire – en tout cas bien davantage que le réseau social humoristique Usmile, etc. On vous propose aussi, en moins radical, des cures en baraquement dans les arbres, dans des masures écroulées dans les bois, dans des bled paumés avec trois pelés, un tondu et aucune prise pour recharger – ou alors en 110 V. Malgré les conditions sommaires, par prudence, demandez au préalable et en ligne un devis, car il revient désormais plus cher d'être déconnecté que de prendre un abonnement à la fibre optique.

    • En hôtellerie (séjours "comme avant" en fait, mais sans rien de numérique – ce rien qui semble être un plus), avec spa, jeux de société, vélos et diverses activités oubliées des temps anciens accompagnées d’un "kit digital detox" : soit une création inédite et osée comprenant entre autres des objets que l'on doit se réapproprier tels du papier et un crayon, des journaux, des livres… (Mais dans quel état arrivent donc les clients drogués ? C'est qu'on s'inquiète). Comptez 300 € par personne en moyenne les deux nuits. Il y a peu, on boudait les hôtels sans wifi, maintenant ils nous le font payer plus cher. À noter que l'option en formule Spa ou cure thalasso est inutile, à moins que vous n’ayez l'habitude, au grand dam de votre mobile, de tweeter sous la douche, dans les bains de boue ou sous le jet d'eau propulsé par l'infirmier en bottes de caoutchouc blanc.

    • À la maison en DIY (Do It Yourself : concept très trendy aussi). Virez votre box internet, vos appareils mobiles, ordinateurs, tablettes… Coupez le courant. Mettez-vous nus. Retrouvez des sensations simples et peu coûteuses en vous connectant à l’environnement, en voyant différemment votre habitat, votre mobilier, voire vos proches. Touchez les objets. Puis grognez comme quand vous répondez à quelqu’un en envoyant un SMS. Visualisez alors comme vous étiez pathétique avant votre détox.

    4 - Notre avis

    La cure de digital detox est à essayer, en ayant toutefois pensé à bien s’organiser auparavant, parce qu’à l’issue de votre digital detox il est certain que vous aurez une multitude de messages à traiter, d’informations et de statuts Facebook à lire en retard. Mais cette déconnexion vous rendra plus vivant, plus productif, aussi. Vous pourrez à votre retour travailler encore mieux, et toujours davantage, et toujours plus. Et, franchement, qui ne souhaite pas cela ?

     

    1 À Nantes : http://afterworkdigitaldetox.fr
    À noter que leur logo, "Et si on décrochait ?" montrant un smartphone accroché à la grue jaune des Chantiers de Nantes, est un lapsus involontaire : car si on le décroche de la grue, on rechute. C’est le signe qu’on est passé de la notion de décrocher (son téléphone) à celle de décrocher de son téléphone. Ne pas décrocher de, signifiant qu’on ne cesse de le décrocher. Ces glissements sémantiques et ces embrouillaminis démontrent bien l’état de confusion mentale de nos amis décrocheurs accros.
    > Leur Twitter a été visiblement mis à jour dès la fin de la dernière soirée (Bon réflexe, même si ça fait un peu pot de départ chez les Alcooliques Anonymes).
    Précisons qu'au mépris de la déontologie journalistique, on ne les a pas contactés ni par courriel, ni par téléphone ou messagerie, par peur sinon de les faire décrocher de leur décrochage.

    2 D'après les États-Unis, le mouvement digital detox nous rendrait plus humain. Mieux : il en irait de l’avenir de l’humanité. À lire en ligne, comme il se doit, sans s’alarmer ni relayer l’apocalypse à venir sur les réseaux sociaux afin de ne pas créer un mouvement de panique qui rendrait les gens suspendus aux dernières nouvelles : http://digitaldetox.org.
    À suivre aussi en réseau social ; formule idéale pour être tenu en courant et en permanence de l'actualité du digital detoxing, si on a activé les notifications : www.digitaldetoxing.com.

     

    DES LIENS POUR MIEUX DÉCROCHER (du téléphone) ou RACCROCHER (le téléphone)

    • Un blog en français : articles et solutions en ligne pour ne plus aller en ligne. Sans doute un blog qui souhaite que vous ne le lisiez plus. http://detox-digitale.com

    • Une page Facebook en anglais

    • Des séjours hôteliers digital detox dans l’Ouest (parmi d'autres) :

      • Séjour digital detox en Bretagne : il semblerait qu’on peut tout faire en vacances, même sans connexion ; une découverte d’importance démontrant que la Bretagne reste une terre d’innovation.

      • Relax Océane avec le concept futé-récup’ de "Zone WE FREE".

      • Notons que vers le Centre, dans le Berry, ça se passe comme en prison : "Dès votre arrivée, les propriétaires récupéreront vos appareils mobiles avant de vous conduire dans votre chambre.". Et même pas de parloir pour récupérer un téléphone que votre visiteuse ressort de... Enfin, on ne veut pas savoir d'où. À noter que si vous n'avez pas apporté vos appareils pour qu'on ne vous les chipe pas, vous n'êtes logiquement déjà plus venu pour digitaldétoxer : demandez alors une réduction (car si on comprend bien l'idée, le vol de portable se paie néanmoins). Ou faites plutôt des cahiers d’exercices.

      • Des séjours aux USA : http://digitaldetoxholidays.com et pour les plus brâvaches sur "Intrepid Travel", carrément.

     

    C'est l'aventure, on vous dit.

    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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