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    La région est encore à l’horreur !

    La Zombie Walk du 1er octobre 2011 à Brest La Zombie Walk du 1er octobre 2011 à Brest - © Francis Mizio d'après Le Télégramme

    L’humour noir est, paraît-il, une volupté de fin gourmet. Elle est similaire, d’ailleurs, selon l’expression connue, à celle ressentie lorsqu’on se fait "traiter d’idiot par un imbécile". Lequel, en général, ne comprend pas l’humour noir ; CQFD. Ce précepte étant posé, et maintenant qu’il ne reste plus que les gens assis au premier rang, voici le sujet du jour : en quoi la région Ouest est-elle la plus épouvantable ? Il est temps d’établir un palmarès à l’heure où tous ces Parisiens invasifs rappliquent, attirés par la douceur de vivre ou prétendue telle ; car il ne faut pas se berner d’illusions : ici, madame, on est aussi bête et méchant qu’ailleurs.

    Prolégonèmes : jusqu’alors, après des décennies de survie à Paris, la lecture de la presse régionale était pour moi assimilée aux vacances. Je feuilletais Ouest France d’un doigt salé par l’air marin et la dégustation d’andouille de Guémené sur le marché que j’avais parcouru en claquettes dans mon short à motifs pétunia en me demandant combien j’allais prendre de chouchen à l’apéro, selon si je trouverais ou non des "routes à 4 grammes", comme on dit du côté de Concarneau. Je parcourais les pages avec cette distance condescendante et hautaine de l’anthropologue en déroute1, un peu effaré, un peu compatissant pour les correspondants de presse qui se tapent les barbeucs de l’assoc et les inaugurations de ronds-points. Et puis, revenu à un statut plus humain en ayant pris conscience que la vie parisienne n’était que vanité et salades en sachet à 10 euros, j’ai décidé de m’intégrer à Nantes ; idée totalement originale que je partage avec 5 000 personnes par an. Toutefois, la lecture compulsive de la "PQR" deux ans après mon immigration me laisse curieusement toujours cette impression de sable entre les orteils du touriste que je fus ; d’autant que je la lis désormais plus attentivement (en essayant de ne pas déprimer, comme je l’ai avoué lorsque je vous ai parlé du gang des pitchounettes), afin d’alimenter ce que vous êtes en train de lire au lieu d’accroître la productivité de notre pays, qui, dit-on, en aurait pourtant bien besoin.

    Pour avoir épluché la presse locale depuis six mois, et qui pourtant est moins raide que Le Parisien ou Aujourd’hui en France, je peux avouer deux choses :

    • en me refusant de traiter les faits divers les plus abominables selon je ne sais quel prétexte éthique qui m’embarrasse la moralité, je me complique singulièrement la vie, et voici que j’en ai des démangeaisons qui ne seront jamais reconnues comme maladie professionnelle.

    • Il y a tout de même un paquet d’affaires fascinantes qui mériteraient de se faire des ennemis en abusant de l’humour noir, et il est difficile de continuer à faire celui qui les ignore.

    Après avoir examiné ce problème vertueux depuis des mois, sachant "qu’on peut rire de tout,  mais pas avec tout le monde", selon Desproges, je me suis dit que la seule solution pour saluer le dynamisme du territoire en matière d’horreurs serait d’établir un palmarès, fort de mon expertise de lecteur compulsif de la presse régionale. Aussi, voici les awards que je décerne à l’Ouest, région qui adore s‘autocongratuler, et que j’autorise donc à les reproduire sur des plaquettes glacées :

    Catégorie hard-core

    1er prix : alcoolisme.

    La région me semble si bien placée que ses concurrentes paraissent prendre du retard. La créativité est à son comble avec des figures de style qui vont laisser les autres longtemps derrière : chutes d’étudiants des étages ou dans la Loire, accidents automobiles collectifs, remontées d’autoroutes à contresens, querelles de voisinages, de couples, entre amis, avec blessures ou crimes de sang et suicide ou non à la suite. Sur le gore, on me semble plutôt performants. Un peu faibles, certes, sur les velléités de lynchage de quidam par des habitants "aidés par un taux d’alcool plutôt élevé"2, puisque je n’ai hélas relevé qu’un seul cas en six mois. Pourtant, cette nouvelle discipline est intéressante du point de vue du "vivre ensemble" : les expéditions punitives créent du lien social entre les participants ; on pourra se souvenir avec nostalgie des faits et gestes entre soi lors des fêtes communales.

    2e prix : barbarie, massacres, cruauté, violences, crimes (dont crapuleux)

    Quelle région peut s’enorgueillir d’alimenter si régulièrement même les gazettes nationales ? Une fois encore, la créativité est à saluer avec parfois des sommets qui forcent le respect. Une consultation régulière de la presse régionale fait presque oublier comme il ferait bon vivre ici, loin des haches, tronçonneuses, couteaux effilés, fers à souder... On notera des efforts méritoires sur l’enfant martyr avec quelques actions d’éclat, mais les candidats sont encore peu nombreux. On manque de modèles plus marquants comme on peut en trouver chez quelques voisins européens. Sur la pédophilie, on n’est pas très bons, malgré des affaires jusque chez des familles illustres qui peinent franchement à rehausser la moyenne. La célébrité ne fait pas tout, il faudrait de la constance. Toutefois, l’arrivée de tous ces jeunes couples bientôt géniteurs qui s’installent en région Ouest offre tous les espoirs pour une qualification dans les années à venir. Côté disparitions, la ville de Bordeaux est bien mieux placée (dix jeunes en cinq mois), mais c’est une grande concurrente historique de Nantes, et elle nous plante les réalisations de la région. Le label ville verte (de trouille ?) en 2013 devrait nous aider à grignoter du score.

     

    3e prix : non décerné par manque de participants, puisque décédés lors des prix 1 et 2.

    Catégorie vie quotidienne

    Mention espoir en escroquerie, Alzheimer, disparitions, incendies volontaires et vandalisme, délinquance juvénile

    L’escroquerie en région Ouest ressortit, on peut le déplorer, au tout-venant. Hormis quelques Madoff locaux, on reste sur une gamme classique : l’arnaque de vieux, la spoliation d’handicapés… rien de bien exaltant. On sent une posture plutôt académique, pour ne pas dire un peu vieille France. On ne mettra pas un rond sur cette discipline tant que les challengers ne feront pas quelques efforts, notamment en matière de complexité, de durée dans le temps et d’ampleur des sommes. Sur l’incendie volontaire et le vandalisme, le jury ne se fera pas bluffer : quelques actions trop spectaculaires cachent mal un dilettantisme un peu navrant qui cède plus à la spontanéité qu’à la quête esthétique. On pourrait citer des régions de ce pays bien plus toniques, sinon teigneuses, qui défrichent à mort le terrain.

    Concernant l’Alzheimer, on constate que le frémissement se confirme avec un bon taux d’une ou deux personnes par trimestre, en goguette et pyjama pilou-pilou, dans le vignoble. Le développement naturel de cette pratique sera heureusement permis par le vieillissement annoncé de la population et les dégénérescences dues aux pesticides balancés depuis les années soixante-dix. Il y a sans doute un bassin d’emplois à créer dans les fonctions de pistage et de recherche. Toute chose a ses vertus.

    Mention spéciale en délinquance juvénile

    Si la région ne me paraît pas la plus riche en bandits gamins, en revanche, et c’est une bonne nouvelle, on constate un rajeunissement rafraîchissant de la délinquance, accompagné d’un sens du spectacle et d’une audace roborative  : la relève est là ! Carambolage, emboutissage de gendarmes groupés, fuite rocambolesque et fin tragique : l’imagination est au pouvoir, sinon flottant au final entre deux eaux. Par ailleurs, cultivant un art multiséculaire, ils sont quelques-uns à s’attaquer à des personnes âgées. Modernité et tradition : un mélange qui a toujours payé dès lors qu’on sait renouveler avec panache les techniques maîtrisées. À suivre.

    Catégorie : économie

    Mention peut mieux faire

    Les fermetures d’usines et autres entreprises se poursuivent avec grèves, tracts et mégaphones (quelques feux de pneus, quoique timides), mais hélas peu, sinon pas, de rapts de patrons. On assiste à une mollesse, pour ne pas parler d’indolence, sur laquelle il faudrait réfléchir. Peut-être les licenciements ne sont-ils pas assez violents ? Il est vrai que ce sont des dossiers où il faut être deux à se haïr, or les patrons voyous aiment leurs gens. En tout cas, c’est toujours ce qu’ils déclarent.

    On pourrait continuer ad libitum cet inventaire morbide qui aurait ravi un Jean Yanne au risque de laisser penser qu’on appellerait, en creux, à des choix politiques musclés que l’on est aux antipodes de souhaiter. Que nenni, il en va du monde depuis des siècles, et encore une fois, je n’invente rien : la presse regorge de ces faits. Heureusement, cet égrenage des horreurs locales est-il compensé par des myriades d’associations solidaires, de sauveurs de la biodiversité pour les plus modestes, ou de la planète pour ceux qui ont de la stature, d’artisans, d’artistes, d’humanitaires et de kermesses, de bénévoles, d’initiatives et de clubs de machins sinon de ceci sinon de cela qui posent tout sourire, immanquablement plein cadre, sans se douter que l’imprimeur, ce monstre fourbe, lui aussi, va les défigurer. Et c’est sans doute pourquoi la région s‘aime tout de même, est aimée et aime même qu’on l’aime, et même s’aime elle-même. on ne sait si c’est pourquoi elle voit intégralement rose.

    Tout cela pour dire quoi ? Hé bien ceci : Presse Océan du 9 juin 2012 s’est posé cette question : "Où sont les riches en Loire-Atlantique ?" Un dossier que j’ai dévoré avec passion3 et qui pointait du doigt quelques villes aux alentours de Nantes, sur ces êtres dont on n’entend jamais parler, sauf lors de la déclaration d’impôts, mais qui paient au fisc annuellement quasiment 70 siècles de valeur de cette chronique si elle était quotidienne. Sachant que les pauvres sont des gens pour qui, comme chantait l’extraordinaire Québécois Plume La Traverse, "… quand ça va trop mal, ça s'’tape sa photo dans l’ journal"4. En tout cas, on sait à travers la presse et ces awards, du coup, où ils se trouvent. C’est-à-dire partout.



      1 D’ailleurs, en passant, plutôt que de lire d’ineptes pavés de plage, commandez ce vieux truc: Un anthropologue en déroute

      2 Presse Océan du 9/06/2012. Ouest France, en revanche, rapporte l’histoire bien plus sobrement.

      3 Je me posais la question puisque, déjà, ils ne sont pas chez moi.

      4 les paroles : http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.146.htm



    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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