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    Le grand Lucien Petit-Breton

    Petit mais costaud (La gomina est vendue séparément). Petit mais costaud (La gomina est vendue séparément).

    En ces heures du Tour de France, il convient de rappeler les hauts faits de Lucien Georges Mazan, alias Lucien Petit-Breton, vainqueur du Tour de France en 1907 et 1908. À cette époque, seuls les vélos étaient chargés.

    Lucien Mazan est né le 18 octobre 1882 à Plessé (ville au nord de la Loire-inférieure, devenue Atlantique). Son artisan de père malheureux de réputation et en commerce, à la suite d'une veste magistrale aux élections législatives (il n'aura donc jamais eu l'occasion de la retourner), s'exile, penaud, en 1882, à Buenos Aires avec son épouse, avant d'y rapatrier bébé Lucien, et son frère aîné, Paul, deux ans plus tard.

    L'atavisme se serait-il traduit de façon curieuse chez les Mazan ? Lucien, qu'on a dit à juste titre très bon coureur et fort en jambes, est le fils d'un homme tonique qui a causé, malgré la chaleur du climat argentin et la rudesse de sa condition d'immigré, cinq enfants de plus à sa femme. Et puis : d'où lui serait venu ce goût du pignon ? On peut supputer : Lucien, passionné dès sa plus tendre enfance par les courses cyclistes est fils d'un... horloger ! Toutefois ce serait aller vite en hypothèses hardies : les gènes du vélo ne se détectent pas plus facilement que les substances qu'ingèrent les coureurs d'aujourd'hui. Gageons plutôt que c'est le fait de devoir travailler dès l'âge de 14 ans comme groom au Jockey Club (un grand hôtel de Buenos Aires) qui a donné à Lucien son tropisme pour la monte et la selle, sinon l'envie de filer toujours plus loin devant le peloton pour échapper à sa condition. D'autant que les chevaux n'ont pas de guidon.

    S'étant tôt acheté une bicyclette, il se met à courir comme un dératé sous le pseudonyme de "Breton" en référence à ses origines, et pour cacher ce vice sportif à son père qui est décidément honteux de tout. Très vite, Lucien devient champion d'Argentine sur piste, puis (peut-être parce qu'il n'a pas pu freiner à temps dans le virage), champion d'Argentine sur route.

    Lucien Mazan débarque en 1902 à Paris peu avant l'inauguration du nouveau vélodrome Buffalo de Neuilly-sur-Seine. Il change son pseudonyme de "Breton" en "Petit-Breton", à cause de la présence d'un coureur déjà nommé Breton. Un choix, mine de rien, pertinent, puisque s'il s'était fait nommer "Grand Breton", il aurait été très mal vu qu'il chevauche la petite reine, et sans doute sa carrière eût-elle été avortée. D'ailleurs aujourd'hui, tous les grands cyclistes le savent. Ne confient-ils pas tous gravement aux journalistes lors des arrivées d'étapes que "cela a tenu à peu de choses" ? Devenu professionnel, Petit-Breton rafle le Bol d'Or en 1904, est cinquième du Tour de France en 1905, et bat, le 24 août de la même année, le record de l'heure en couvrant 41,110 km au vélodrome Buffalo1. S'ensuivent ses victoires lors des Paris - Tours en 1906 et Milan - San Remo en 1907, et surtout ses deux Tour de France (1907 et 1908), devenant le premier à décrocher ces deux exploits consécutivement. Il se marie en 1908 à Vallet, capitale du muscadet, et affirme qu'il raccroche. La lune de miel passée et les jambes sans doute retrouvées, il renquille toutefois pour le Tour de France en 1913, mais ne termine pas la Grande Boucle à la suite d'une chute.

    Son vélo, un "Peugeot-Lion-Volber" pesait 12,5 kg2. Ceux d'aujourd'hui sont limités à un poids minimal réglementaire de 6,8 kg. La Pédale Chantenaysienne (ne vous méprenez pas : c'est un site web) écrit fort justement à ce propos3 : "Un palmarès d’il y a 100 ans ne peut s’interpréter qu’en le ramenant au contexte de l’époque, tant les courses sont différentes. Comment comparer le Tour de France actuel avec des étapes courtes, souvent très nerveuses, couru sur de belles routes avec des vélos de 7 kilos, avec le Tour de l’époque et ses vélos pesant le double pour de longues étapes, sur des routes pas toujours goudronnées, parfois seulement empierrées, en montagne particulièrement. Si le tour 1903 se dispute en 6 étapes d’environ 400 km chacune, les années suivantes, les étapes deviennent plus nombreuses, mais plus courtes. Lors du premier tour victorieux de Petit-Breton, les distances quotidiennes sont tout de même les suivantes : 272, 398, 259, 309, 311, 345, 345, 303, 299, 269, 391, 321, 415, et 262 km (109 partants, 33 arrivants, moyenne générale du vainqueur 28,470 km/h)." Petit-Breton est donc de ces forces de la nature qui ont construit la mythologie bicycliste. Du costaud qui résiste au pire. Ceux d'aujourd'hui ne valent pas mieux que Les Cracks, film d'Alex Joffe, avec Bourvil et Robert Hirsch.

     

     

    Ironie du sort, le cycliste Lucien Petit-Breton meurt au front en 1917 dans un accident automobile. Une sortie brutale de piste cyclable. D'ailleurs, on y pense : "Brutal", serait le nom qu'aurait donné le champion Léon Georget au vin rouge qui lui fit gagner 9 fois le Bol d'Or entre 1903 et 1919, à l'époque de Petit-Breton4. Lucien en usa-t-il "à l'insu de [son] plein gré" comme Richard Virenque qui s'est fait gauler en 1998 pour absorption ou injection de tas de trucs et de machins ? Virenque, vous savez, de l'équipe Festina... Festina : encore un horloger. La montre, ça doit vraiment inciter à courir contre.

     

    PS : Et pour rester dans le vélo, savourons de nouveau ce remarquable Walking Indurain (1997), de Fred Poulet :


    fred poulet walking indurain par mocky214

     

    1 La fiche de Lucien Petit-Breton sur L'Equipe

    2 Vélos Vintage

    3 La Pédale Chantenaysienne

    4 Si l'on en croit l'excellent dossier sur "Les lanternes rouges" paru dans La Revue Dessinée de cet été.

    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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