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    Le longe-côte expliqué en ramant

    Une session de longe-côte Une session de longe-côte - © CC by 2.0 Vincent Bernamont

    Quadra, quinqua ou plus, vous étiez en train de vous plaindre de votre mal de dos, de vos jambes, de vos reins, de vos épaules et de divers endroits, morceaux ou organes mal drainés ou en voie de décomposition composant votre corps déliquescent, quand un ami vous explique que, comme lui, vous devriez faire du longe-côte, et que c’est en plus trop tendance. Grâce à notre fiche trendy words, ayez l’air d’être au courant de la vague du longe-côte.

    1- Le longe-côte, qu’est-ce ?

    C’est une pratique sportive de randonnée pédestre en mer inventée par l’entraîneur d’un club d’aviron de Dunkerque en 2005, Thomas Wallyn, qui ne devait pas se douter que quelques années plus tard ils seraient des milliers à piétiner à la queu leu leu dans les vagues. Le longe-côte consiste à marcher en mer avec de l’eau jusqu’au diaphragme, en combinaison, en s’aidant ou non de pagaie sur une distance pouvant compter jusqu’à 3 ou 4 kilomètres.

    Thomas Wallyn a conçu cette activité comme complément d’entraînement pour ses rameurs. Cette activité agréée en 2007 s’est répandue comme une traînée de sable sur les plages du Nord et de Manche (normal : ces gens là-haut veulent profiter de leur mer sans se peler – le longe-côte, du coup, y fait fureur), et désormais sur toute la côte atlantique. Aussitôt, car nous sommes en France nation de clochers, des écoles et des chapelles se sont créées, chacun revendiquant la pratique, voire déposant le nom à l’Institut national de la propriété industrielle en la nommant différemment : randonnée aquatique, marche aquatique côtière, randonnée pédestre aquatique, randonnée marine…

    En gros : vous êtes en groupe et en combinaison, et vous avancez en mer en vous prenant des paquets d’eau salée dans la tronche, de l’iode plein les poumons et, en sus, c’est sportif, drôle et convivial. La seule limite à ce loisir ouvert à tous ne réside finalement que dans le fait d’avoir un certain sens de la mesure : il faut en effet être plus grand que le niveau de la mer, ou à défaut choisir de pratiquer à marée vraiment très basse (mais pas trop, car il faut tout de même que la pagaie, si vous en utilisez une, touche l’eau).

    Un signe qui ne trompe pas quand quelque chose devient vraiment, mais vraiment, très tendance : vous avez au moins deux personnes de votre entourage qui avouent avoir fait du longe-côte, en ont les yeux qui brillent et le drainage lymphatique tonifié, alors que vous n’en aviez même pas entendu parler. Autres points prouvant que la pratique est en passe d’être à la mode : il y a déjà une "fédé" qui la reconnaît (celle de randonnée pédestre), 2 000 membres "longeurs" actifs, des moniteurs professionnels, déjà des stages de motivation pour cadres au ventre mou et blanc au bord du burn out, tout un business d’équipement, un projet olympique ou presque, des forums santé qui s’en extasient, des sentiers pédestres maritimes labellisés, et enfin des pratiquants qui vous regardent navrés par votre ignorance… Tout cela, déjà, alors que vous n’avez même pas eu le temps d’aller discrètement vous renseigner sur le web.

    2- Le longe-côte : ses vertus

    Le longe-côte, quoiqu’il puisse être pratiqué à compter de sept ans, est surtout un truc de pré-croulants ou de personnes parvenues au niveau juste inférieur à celui dit subclaquant. De fait, ce sport attire en gros les personnes âgées entre 45 et (probablement) 131 ans (âge de M. Joao Coelho de Souza, né en 1884, ancien planteur qui vit dans le village d'Acre, au Brésil, et attend en sucrant les fraises au rhum que son record de longévité soit validé par le Guiness Book). Il faut dire qu’à vingt ans, on se préoccupe peu de ses dorsales ou de sa circulation sanguine sur la plage pour plutôt essayer de pécho du partenaire pour, certes, des activités consommatrices de calories, mais de préférence sans combinaison toujours compliquée à ôter – à moins il est vrai d’avoir un tropisme coquin sur le bonnet de bain et les bottes néoprènes.

     

    On ne se lasse pas de chanter les vertus médicales du longe-côte, surtout si on s’y adonne en eau froide et en hiver, à la effrinckouckoise* : "Le longe-côte agit à la fois sur les systèmes musculaire, respiratoire, cardiaque et circulatoire, explique Claude Lalonnier (cité sur TopSAnté.fr). L’eau fraîche active la circulation du sang et favorise un meilleur retour veineux, action renforcée par le port de la combinaison serrée. En outre, dans une eau à 12 ou 13 °C, on brûle davantage de calories. Ces caractéristiques en font donc un allié contre la cellulite".

    Voilà pourquoi la journaliste du Monde Annie Khan se flattait dès le 22 août 2012 d’avoir perdu un kilo en reportage humide (on ne sait pas si depuis elle l’a repris. C’est fort possible, la profession est pourvoyeuse en déjeuners de travail où se trouvent il est vrai peu "d’alliés contre la cellulite"). Le longe-côte contre la peau d’orange ? C’est sans doute pourquoi les femmes en seraient des pratiquantes majoritaires. Toutefois, les hommes à petit bedon affirmé, épaules en forme de bouteille d’eau pétillante gazeuse naturelle, aux lombaires en vrac sur des fesses plates au-dessus de mollets de coq y trouveront aussi sans doute leur compte.

    3- Conseils pour la première fois

    • Les montagnards ou excursionnistes le savent : il y en a toujours un lors d’une randonnée qui ralentit l’avancée de tous pour chercher un buisson afin d’y satisfaire "un appel de la nature", comme l’on disait au XIXe siècle. Avec le longe-côte, cet inconvénient, hélas toujours nuisible à la dynamique du groupe, n’existe heureusement plus : pas de buisson, mais on est dans l’eau, et, avantage, ça brasse discrétos. Bon à savoir : si la personne à côté de vous tout en progressant dans les vagues interrompt soudain la conversation, affichant un regard fixe et concentré, sachez qu’il n’y a lieu de s’inquiéter, elle est simplement en train de bénéficier momentanément de "l’effet drainage". On recommandera toutefois aux personnes souvent drainées, par convention et souci du vivre-ensemble, de se positionner plutôt en fin de file des longeurs.

    • Toute personne trop enthousiaste, que ce soit pour des raisons de retour veineux exceptionnel ou d’iodisation respiratoire soudaine et intense, doit veiller à ne pas se laisser aller à trop agiter sa pagaie si elle en utilise une pour progresser plus facilement tout en travaillant ses dorsaux : son risque serait de se retrouver seule, entourée des corps flottants des autres longeurs assommés, alors que la discipline se veut conviviale et festive.

    • Il ne faut pas être trop pudique, ni trop frileux : un témoignage qui nous a été rapporté, évoquant comment il a fallu ôter une combinaison trempée, serrée et collante sur le bord d’une route de Vendée mi-décembre avant de reprendre sa voiture, mettait l’accent sur le fait que les effets roboratifs sur le moral acquis en mer peuvent être immédiatement perdus à terre, surtout si les automobilistes ralentissent, ricanent ou tentent de prendre des photos pour les publier sur les réseaux sociaux.

    • Le longe-côte ne peut pas se pratiquer dans toutes les conditions : on put ainsi voir il y a quelque temps sur le site web de l’association Sport Mer Santé de Saint-Malo qu'il est impraticable par "fort vent, grosses vagues et marée haute, coefficient 97". Le péril réside en effet moins dans la possibilité de faire naître des variantes (le longe rock'n'roll côte, le submarine longe-côte, le plonge-côte, etc.) toujours nuisibles à la clarté du sport et des règles, que dans l'éventualité de perdre au large et trop rapidement les nouveaux adeptes alors que leur nombre est en plein essor. Enfin, dernière restriction : en général, les longeurs ne longent pas les plages lors des mois de juillet et août. Juste, comme tout le monde, ils s’y allongent.

    4- Notre avis

    Un sport tentant, mais dommage qu’il soit réservé hors saison aux personnes qui sont proches de l’océan. Une stratégie volontariste de démocratisation du longe-côte sur l’ensemble du territoire national serait souhaitable, et ce, dans une perspective d’égalité d’accès. C’est évidemment encore et toujours une question de volonté politique : à croire que les institutions se reposent sur la perspective de la lente montée des océans pour agir. Et, comme toujours, ça patauge.

    * Wikipédia qui sait tout nous rappelle au passage que "la commune de Leffrinckoucke", près de Dunkerque, et qui possède une plage de trois kilomètres où sévit depuis ses débuts le longe-côte, "a été mentionnée dans la chanson De Leffrinckoucke à Coudekerque-Branche chantée par Raoul de Godewarsvelde". Si vous arrivez à placer cela dans une soirée en ville sans postillonner, je vous paie une mousse (belge).

     

    Pour aller plus loin, avec ou sans pagaie :

    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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    Commentaires  

     
    0 #1 Jean-Marie PEN 27-02-2016 10:47
    Bravo à l'auteur pour cet article ! Ça nous éloigne - fort heureusement - des sites générés par la pub, pour vanter avec moult pseudos justifications médicales ce qui est à la mode, euh... tendance, sorry "trendy". Sourire en lisant un papier sur des gens qui marchent dans la flotte (dans, et pas sur, je ne fais pas allusion à Jésus ici), c'est fort ! Félicitations :o)
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