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    Les enfants pauvres enfin chassés du littoral

    Carte postale issue du site www.retro-colo.fr Carte postale issue du site www.retro-colo.fr

    "Les colos disparaissent du bord de mer", titrait Ouest-France du 29 mars sur une belle enquête de Nadine Boursier. Faits et chiffres à l’appui, l’article égrène "une triste litanie". Ah, la fallacieuse nostalgie que voilà ! Réjouissons-nous au contraire de ne plus subir les enfants pauvres sur les côtes, car depuis la fin du 19e siècle, cette aberration n’avait que trop duré. [Attention : si vous en doutiez, ce texte est bien au second degré !]

    Une dizaine de centres "Jeunesse en plein air" fermés ou en grande difficulté en Loire-Atlantique, une baisse du nombre de colonies de vacances qui s’accélère dans l’Ouest depuis 2005 ; la prédiction que d’ici quelques années, il n’y aura plus un seul établissement ouvert : on va enfin être débarrassés de la présence inesthétique des progénitures de prolétaires sur les rivages. Nul besoin de vous faire un dessin ; nous sommes entre gens qui se comprennent : qui, sincèrement, pouvait souffrir depuis sa terrasse ces groupes d’enfants aux vêtements bariolés et aux chants insupportables, abêtis par des moniteurs quasi marginaux ? Qui pouvait sans ressentir de la gêne croiser ce spectacle d’épaules frêles, de poitrines caves, de gamins dénutris et peu aérés le restant de l’année ? N’étaient-ce pas des visions propres à refroidir le touriste alors que l’industrie hôtelière est en quête de clientèle ?

    Heureusement, les temps ont changé : la priorité est désormais placée sous les impératifs de la compétitivité économique. Il s’agit plus que jamais de prôner une éducation efficace et adaptée à tous ces enfants qui auront dans quelques années le monde à tenir (en tout cas pour les moins stupides qui sortiront du lot, s’ils y parviennent). On conviendra que ce n’était pas en leur apprenant à faire des pâtés de sable et à s’asperger d’eau de mer dans un périmètre de bouées (qui empiétait sur l’espace du vrai vacancier qui paye son séjour à taux plein et mérite tout de même des égards et de l’espace) qu’on leur transmettait les connaissances utiles à notre monde exigeant en compétences.

    Les colonies de vacances ont été créées en Suisse en 1876 par Hermann Walter Bion, un pasteur sans doute illuminé, hygiéniste, et affligé de troubles affectifs et de délire mystico-humanitariste, ou on ne sait quel trouble sociopsychologique : comment pouvait-il imaginer un instant que les enfants de pauvres avaient envie de camper dans des prés alors qu’ils avaient bien mieux à faire pour mettre du beurre dans les épinards à la maison ? La réalité du XXIe siècle va enfin nous ramener à un pragmatisme roboratif : la fermeture des centres de vacances (prétendument pour des questions de coûts d’entretien, de mise aux normes, de changements dans les pratiques estivales, de chute des revenus des familles modestes, etc.) va rétablir les choses. Avec une vraie volonté politique, l’étape suivante serait d’enfin rétablir le travail des enfants (à des tarifs moindre qu’un stagiaire, évidemment) pour réussir cette nouvelle configuration économique. Alors ne venons pas geindre sur ces fichues vacances dont on ne saurait plus quoi faire sans "colos".

    La colonie de vacances était par ailleurs une gangrène sociale insidieuse :

    • Le collectivisme, pour ne pas dire le socialo-communisme, de son mode de vie communautariste préparait les esprits à l’agitation sociale subversive et syndicale séditieuse. On aura connu moins nocif pour le dynamisme de la nation.

    • Le faible coût des séjours était un encouragement à la paresse. Les vacances ne doivent-elles pas être méritées ? L’esprit d’entreprise, l’âpreté au travail sont les seules voies qui méritent récompense. Permettre à une feignasse de cité de se baigner comme n’importe quel individu qui aura, lui, trimé toute l’année, est, on en conviendra, d’une injustice sociale des plus criantes. Voire, les jeunes esprits avaient tôt fait de penser qu’ils avaient droit à des vacances comme tout le monde. Avec de tels raisonnements, on ne s’étonnera pas de voir ce pays assisté et en déclin. Combien de fois faudra-t-il expliquer ainsi que l’expression congés payés grâce à l’évolution de notre société signifie désormais congés payés… par soi-même ?

    • Pour les plus âgés, la colonie de vacances rimait avec le temps des premiers amours. À l’heure où on essaie -enfin !- d’économiser sur les aides sociales, avons-nous besoin de troupeaux d’adolescentes enceintes à la rentrée des classes qui viendront faire la queue à la CAF ? Soyons raisonnables…

    La colonie de vacances n’est plus adaptée à notre monde :

    • Les jeunes d’aujourd’hui ne s’intéressent pas à la nature, et autres activités de plein air parmi les moustiques toujours prompts à transmettre des pandémies. Quand on pense que pour le prix d’un smartphone on les envoyait passer un séjour assommant, on se pince. Aujourd’hui, scotchés sur Facebook et Twitter, internet et leurs consoles de jeu, ne sont-ils pas plus heureux ? On n’a plus à les nourrir ni les transporter. Le gain en bilan carbone par gosse est considérable. Ils restent dans leur chambre : nul besoin de former des moniteurs pour les garder, d’assurances à souscrire, de toute une logistique coûteuse... Tout ce bénéfice en creux alors dégagé peut être réinjecté dans l’économie qui a besoin de cet argent frais bien plus qu’un moutard simulant l’emphysème devant un médecin scolaire fonctionnaire et indolent. Au moins, lorsque les marchés respireront, c’est la société entière qui s’en ressentira.

    • Seule la propriété privée permet l’entretien des paysages, car les propriétaires sont impliqués dans l’entretien de leur propre patrimoine, à la différence des collectivités –ah ! l’argent gratuit issu de la poche du contribuable ou de l’entrepreneur assommé par cette hérésie de Comité d’entreprise créé à la Libération !- qui laisse toujours tout se dégrader. Il est donc temps d’accélérer la vente de tous ces logements de "colos" parfois situés outrageusement sur la plage même ou dans des endroits de rêve au bénéfice de mioches incapables d’en apprécier la beauté. Motivés, de courageux investisseurs comprendront l’enjeu de la préservation à mener et nul doute que beaucoup se dévoueront pour racheter terrains et bâtiments afin de préserver patriotiquement, avec leurs propres deniers, les côtes de notre beau pays.

    Oui, souhaitons que la disparition des colonies de vacances, ce reliquat figé d’un autre âge à l’idéologie populiste et tiers-mondiste de l’intérieur, acte enfin le passage vers une autre conception de l’enfance. L’enfance, cet âge qui ne devrait, rappelons-le, n’être qu’une préparation à un salariat tonique, mobile, et flexible. Exit les enfants de l’apathie !

    [Attention : si vous en doutiez, ce texte est bien au second degré !]

     


    Carte postale issue du site www.retro-colo.fr

    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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