Il mérite une postérité certaine : ce ne sont pas moins de 62 boudins depuis 2010, qui sont tombés sous ses coups de cutter ou de pelle avant qu’il ne soit interpellé à Vannes par la police*. Pas dégonflé, il a avoué n’avoir pour seul plaisir que de les "regarder se vider". Une tonalité étrange pour un drôle de forfait et un drôle de mobile, pourrait-on dire sans craindre de créer de la confusion pour qui nous lirait hâtivement sur smartphone. Serait-ce une version king size de ce tic compulsif qui consiste à crever des bulles de papier d’emballage ? D’où lui est venu ce trouble ? Une ingestion de bivalves peu frais ? Quel abcès voulait-il crever ? Cet homme voulait sans doute nous dire quelque chose en dégonflant des baudruches. On s’interroge.
Quoi qu’il en soit, cette haine de la chose plastique n’est pas sans rappeler l’incendiaire de voitures "méhari" en 74-75. Un inconnu qui avait lourdement sévi, laissant derrière lui plusieurs dizaines de bouses verdâtres fondues puis durcies, qui en avaient du coup perdu leur capacité automobile... Des symptômes d’époque de bouleversement qui ne seraient pas à prendre à la légère.
Car s’agit-il d’une anecdote d’un déséquilibré ou d’une tendance lourde ? Sans vouloir inquiéter, nous pencherons pour la seconde hypothèse. Il est à craindre que de nouveaux assassinats de ballons, matelas, bouées et autres machins flottants soient à déplorer... La région Bretagne, poumon français, gonfle, et fait appel d’air auprès des candidats à l’immigration issus d’autres régions. Le souffle violent de cette modernité tourbillonnante peut être traumatisant pour les natifs attachés aux piscines naturelles et granitiques du massif armoricain, tout comme aux ligériennes barges de bois. Enfin la spéculation immobilière liée au développement régional exponentiel et sa bulle menaçant à tout moment de crever peuvent susciter quelques traumas anxiogènes. Dès lors, la phobie peut apparaître (www.psychoweb.fr/news/insolite/575-listes-de-phobies-reelles-.-ou-pas.html) – et dans le cas précis de Vannes, gageons que l’individu essayait de combattre son trouble. Aussi, nous inciterons donc les pouvoirs publics à lancer une enquête sanitaire pour prévenir tout cas futur de tumidopiscinulaphobie. Nos piscines sont menacées, et au-delà , la région et ses habitants. C’est désormais à l’Ētat de se mouiller en plongeant enfin dans ce dossier d’intérêt public dont les vagues pourraient atteindre jusqu’aux pédiluves de l’Ētat. Il serait temps d’agir et cesser de patauger.
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* Ouest France, 4 octobre 11.
Photo de Une : Vannes. Heureusement que personne ne portait de bouée, car dans cette foule insouciante, errait l’éventreur (d’après une image de Martin Selway –C.C. Flickr)






















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