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    L’océan nous presse

    cholet Énorme scoop qui a fait la Une de Presse Océan ce vendredi 2 mars et a éclaté sur les affiches publicitaires, au risque de terroriser les automobilistes bloqués dans les bouchons nantais : "Loire Atlantique, l’Océan avance". On a aussitôt observé la file de voitures pour regarder si les gens enfilaient déjà leurs gilets de sauvetage plutôt que le débardeur jaune obligatoire à porter en cas de panne : non, et heureusement, la panique à la perspective de mourir noyé sur le pont Anne-de-Bretagne n’avait pas encore pris, et c’était heureux.

    Peut-être les gens se sont–ils dit qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, puisque si Presse Océan fait sa Une avec la mer qui monte, forcément le lendemain, il en publiera une sur la marée descendante et que tout rentrera dans l’ordre.

    Voire… car les nouvelles sont tout de même angoissantes, du moins si l’on en croit le journal qui n’a pas peur de se mouiller en avançant des chiffres, même si ramant un peu sur son sujet : l’Océan devrait avancer de 5 mètres d’ici 2300 ! On comprend pourquoi il fallait avertir urgemment les populations. Ça nous donne tout de même du 1,7 cm par an, et force est de constater que la note du réchauffement climatique va être aussi salée que les flots déferlants : "La Presqu’île guérandaise serait isolée, il y aurait des îlots entre Le Croisic et Pornichet. La mer passerait de Mesquer à Saint-Nazaire". Plus liquéfiant : "La Brière serait sous les eaux". Des marais inondés, qui aurait pu imaginer un tel cauchemar ? Enfin : "La mer viendrait au pied du Sillon de Bretagne, jusqu’à Pontchâteau et Savenay. La région de Bourgneuf et Noirmoutier seraient submergées. L’estuaire de la Loire remonterait en amont de Nantes".

    Ça ne plaisante pas. Supposons que la mer accélère sa progression -même très légèrement- et les opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes devront changer leurs banderoles pour clamer "Non à la marina" !  Autre exemple : à la vitesse à laquelle progresse le dossier du CHU de l’île de Nantes, on va terminer avec un centre de thalasso ! La donne en matière d’investissement immobilier va être bouleversée. Gageons, puisque tout va si vite maintenant, que d’ores et déjà, des petits malins du côté de Blain ou Nozay passent des annonces pour des habitations pieds dans l’eau. Quant à l’opération bisannuelle Estuaire, il faudra hélas l’abandonner ou la repenser, notamment dans le cadre du nouveau programme touristique rebaptisé La croisière à Nantes s’amuse.

    D’après l’article, il semblerait que la menace vienne, comme toujours, de l’étranger : le Groenland, ce fourbe, fondrait comme robinet qui goutte. Encore une invasion viking : décidément, l’histoire bégaie et désormais voici qu’en sus elle postillonne.

     

    Des pans entiers du territoire vont donc se retrouver sous les eaux :

    -       Les côtes actuelles, évidemment, rallongeant cruellement, les courses en mer type La Solidaire du chocolat devra partir depuis Tours, augmenter ses coûts, et aura encore plus de mal à trouver de sponsors qu’actuellement.

    -       Une bonne partie de la Normandie ; avec des conséquences qui vont peut-être toutefois s’équilibrer, car si cela nous éloignera les Anglais en pelures et coups de soleil, cela nous attirera les Parisiens pataugeurs du week-end, et qui aurait envie de devenir Paris-plage ?

    Cela étant, on reproche à la presse d’être toujours pessimiste et de ne parler que des trains qui se noient en retard. Il est vrai aussi qu’on nous bassine toujours avec les histoires de niveaux de toutes sortes qui baissent tout le temps…  Ne faudrait-il pas plutôt cette fois essayer d’en tirer un motif de satisfaction, puisqu’ils montent ? Livrons quelques réflexions en vrac pour nous permettre de voir le bon côté des choses contre lesquelles on ne pourra rien, si j’en crois la double page du journal :

    -       Le futur centre commercial Atoll d’Angers (nosvillesrecherchesurbaines.wordpress.com) se retrouve avoir un nom aussi prémonitoire qu’adapté.

    -       Le futur Carrousel des Mondes Marins sur l’île de Nantes et le pôle aquatique de Locminé seront mieux placés en situation.

    -       On va pouvoir déplacer les chantiers de Saint-Nazaire sur l’esplanade inoccupée de ceux de Nantes, et redonner le sourire à bien des anciens de la navale. La barge Le Nantilus sera quant à elle repoussée d’autant, et mouillée dans le futur port international marchand de Cholet, ex-industrie du mouchoir qui n’aura donc plus seulement les yeux pour pleurer.

    -       Le "projet urbain 2015" qui doit insuffler de façon un peu compliquée sept nouveaux aspects successifs1 à la ville de Rennes tombera à l’eau, à cause de la montée de celle-ci. Il sera regroupé en un seul, plus simple, celui de "Rennes, ville enfin abordable".

    -       Les espèces invasives comme la jussie rampante, la renouée du Japon, l’écrevisse de Louisiane seront neutralisées par l’eau salée, tandis que le frelon asiatique et l’ibis sacré iront s’ébattre plus loin dans les terres, vers Orléans ; ville qui ne manquera sans doute pas, par glissement des côtes vers l’est, de demander à être rattachée à la Bretagne.

    La liste des conséquences serait longue… Je voudrais simplement conclure par une remarque, pointant un fait curieux  : pourquoi, alors qu’il disposait d’informations de première bourre sur la montée des eaux, le journal Presse Océan a-t-il choisi de déménager sa rédaction nantaise vers le nord-ouest de la ville ; direction d’où peut désormais arriver la marée ? On ne nous dit sans doute pas tout dans cette affaire : soit c’est de la bravade journalistique, soit la rue Deshoulières sera épargnée… et alors ces gens veulent se la couler douce en bord de plage, bureaux vue sur les flots bleus, la grève à deux pas -et vas-y donc encore une caste professionnelle qui sait bien nager ! Mais ne versons pas dans le mauvais esprit… Après tout, ce n’est peut-être qu’une histoire de tropisme : ce journal si bien nommé Presse Océan, qui adore faire des vagues à partir de clapotis, n’est-il pas aussi connu pour sa propension à plonger, sinon à couler ?

     

    1 1- Rennes, ville centre d’une métropole régionale, 2- ville d’accueil, 3 ville dynamique, 4- ville mobile, 5- ville conviviale, 6– écoville, 7- ville en mutation wikipedia.org/wiki/Rennes

     

    Légende de la photo de Une : En 2300, la ville de Cholet pourra enfin choisir le nom de Cholet-Bains. Tiltshift, d’après une photo Wikimedia commons.

    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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    Commentaires  

     
    +1 #2 Hervé 16-03-2012 23:16
    Bonjour,
    Comme souvent en matière d'océanographie, il convient d'être prudent et circonspect. Néanmoins, plusieurs études menées séparément par des chercheurs réputés tendent à accréditer la thèse avancée par les journalistes. Ainsi, le professeur Tatara (Porteuse & C. Neveux), ornithologue faisant autorité, indique dans un article récent, je cite : [...] l'espace septentrional médian de nidification des flamicus rosisus tend à progresser vers l'ouest au-delà du 4° long.O. [...] Le flamicus rosisus (ou familièrement flamand rose) est de fait une espèce dont la réapparition sur nos côtes est pour le moins surprenante ! Cette observation est bien évidemment à prendre avec précautions (il y a eu des précédents d'erreurs de mesure dans les équipes du professeur Tatara), pourtant vous avouerez qu'elle interpelle !
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    0 #1 chantepie 16-03-2012 17:43
    mince alors je vais m'acheter un masque et un tuba, j'habite en Brière!!
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