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    C'est du pain bio, ce n’est pas l’hostie !

    Vous avez changé d’alimentation parce que vous aviez la conviction que c’était mieux pour la planète. Vous vouliez faire votre modeste part et vous pensiez que c’était plutôt bien comme démarche. Puis vous vous êtes rendu compte, sans trop comprendre pourquoi, que vous suscitez les sarcasmes de vos amis. Vos parents quant à eux s’inquiètent : leur enfant semble être en voie de radicalisation. Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul. Témoignage.

    J’ai adopté une alimentation bio. Petit à petit, j’ai vu apparaître dans ma cuisine toutes sortes d’algues, de yaourts végétaux, de légumineuses et de légumes à l’existence jusqu’ici insoupçonnée. J’ai découvert que les crèmes végétales faisaient un très bon liant pour les sauces et qu’il existait des pâtes à base de lentilles. Sur mes étagères, les bocaux de céréales en vrac ont remplacé les emballages plastiques. Et dans mon frigo…

    Dans mon frigo – âme carnivore sensible s’abstenir – l’étage autrefois dévolu à la viande a muté ! Avec un peu de chance, on y verra un paquet de lardons, comme un héritage du passé. Mais on y verra surtout six œufs et deux steaks de soja aux fines herbes. Oui, j’ai réduit drastiquement ma consommation de viande. Je l’ai fait parce que la facture à payer par la planète pour mon régime carnivore était trop lourde. Mais, soyons honnêtes, je l’ai surtout fait parce que j’avais le vertige en voyant mon ticket de caisse chaque semaine. Alors aujourd’hui, la viande, c’est de temps en temps, pour le plaisir.

    Un jour, j’ai reçu une amie, nous l’appellerons Jeanne1. Nous discutions dans la cuisine quand Jeanne a vu cette tablette de chocolat affublée du logo AB. Elle a réprimé un petit sourire en coin et a lancé d’un air innocent :

    - Tu manges bio ?

    - Oui.

    Elle bouillait intérieurement, voulait s’esclaffer : manger bio, quelle idée saugrenue ! Elle se retint et dit simplement : "Moi, je n’y crois pas à la bio".

    Cette fois, c'est moi qui bouillais. Y croire ou pas, quelle drôle d'idée ! Je mange du pain bio, pas l’hostie ! Consommer bio n’est pas une religion. D'ailleurs, chez mes amis, je mange ce qu'on me sert, et je vais dans des restaurants non bio. Et chez moi, il m’arrive de cuisiner les légumes issus du potager de mes parents, qui n'ont pas le moindre agrément. Mais ce sont mes parents. Pour le reste, dans un pays qui ne parvient pas à réduire sa consommation de pesticides, j’ai la faiblesse de m’en remettre à un logo, parce que je suis bien incapable de vérifier par moi-même comment sont produits mes poireaux. Bien sûr, les cahiers des charges peuvent toujours être améliorés ; bien sûr, il peut y avoir des tricheurs ; bien sûr, les entreprises bio peuvent être le théâtre de luttes sociales. Mais on a aussi vu des industriels pas bio du tout faire passer un cheval pour un bœuf.

    Malgré cet argumentaire, je n’ai pas convaincu mon amie : "Hum…Moi, je préfère les produits locaux".

    Produits bio ou locaux, il faudrait donc choisir ? Je rassure Jeanne : je sais lire les étiquettes, poser des questions et je peux aussi choisir des produits locaux. À ce propos, qu'est-ce qu'un produit local, exactement ? Nous reprenons la tablette de chocolat AB. C'est du chocolat noir, 71 % de cacao, fabriqué à Langon, dans le Loir-et-Cher. En France métropolitaine, donc. Mais, quand bien même serait-il fabriqué devant nos yeux, au marché des Lices, à Rennes, nous aurions du mal à en parler comme d'un produit local. C'est avant tout du cacao, dont nous aimerions bien, soit dit en passant, connaître la provenance. Puis nous pensons à un poulet. Il n'est pas bio ni Label rouge, mais il est élevé en Ille-et-Vilaine. À Langon2, par exemple3. Un poulet local… nourri avec du soja brésilien et du blé ukrainien.

    1 Non, ce n'était pas Sylvie Brunel, dont la tribune parue sur le site du Monde aurait plu à cette amie (accès abonné).

    2 Il y a des Langon partout !

    3 Toute ressemblance avec un agriculteur de Langon serait purement fortuite.

    Jean-Sébastien Moizan - Journaliste
    Jean-Sébastien Moizan - Journaliste

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