Licenciements abusifs

Du rap - rage verbale

Clip Le rap souffre de clichés : la banlieue, la violence, l'homophobie… Si la polémique soulevée par les propos de Lefa, chanteur de Sexion d'Assaut ne contribue pas à améliorer l'image du mouvement, il ne faut pas pour autant oublier les représentants d'un rap conscient qui défendent de vraies causes. Dernier exemple en date, le morceau La machine des Angevins de "Nouvel R".

La chanson dénonce les licenciements abusifs à travers un exemple, celui des ouvriers d'une usine Moulinex de Basse-Normandie. Regroupés au sein d'une association qui se réunit tous les jeudis pour garder le contact et échanger des informations sur les perspectives de réinsertion, ils ont accepté de figurer dans le clip. Filmée en noir et blanc par Les films du réel, la vidéo fait froid dans le dos. Pleine d'humanité, elle illustre la détresse des nombreuses victimes de plans sociaux…

Le clip débute par une simple phrase, terrible : "En septembre 2001, Moulinex a licencié 3 250 personnes…" Et le chanteur d'enchaîner, d'un flow posé, mais empreint de colère :

 

"La machine s’est arrêtée, c’était la dernière fois.

J’enlève mes gants, mes chaussures de sécurité.

Une dernière fois.

Je l’ai appris par courrier. Bien sûr on s’en doutait,

Que la boîte tournait plus, qu’elle vendait plus, qu’elle s’endettait,

Mais il restait un espoir, infime et naïf.

Maintenant c’est à ma famille que je dois l’annoncer ce soir.

J’ file, les blocages de jour et de nuit n’ont rien pu faire,

Le monde appartient toujours à une poignée d’actionnaires.

Je pointe, ne me retourne pas, rentre à la maison.

Pas fini de payer, trop noir est l’horizon.

Il me reste dix ans de délais, quelle hypothèse à part l’hypothèque ?

L’ambiance est grave, ce soir, même les enfants se taisent.

Il va falloir se serrer les coudes tout comme la ceinture, fils,

Oublie le scoot, la façade se passera de peinture.

Je m’empêche de pleurer devant mes proches.

Dieu, faites que je reste fort devant cette nouvelle épreuve.

Écoute le silence de mon licenciement,

Vide immense, trente années dans ce bâtiment de ciment.

La machine s’est arrêtée, c’était la dernière fois.

J’enlève mes gants, mes chaussures de sécurité.

Une dernière fois."

 

Un couplet plus loin, le clip s'achève sur un bien triste constat : "En 2010, seuls 812 d'entre eux ont retrouvé un emploi."

 

Ça fout la rage.

 

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La vidéo nous a été transmise par l'Opcal, Organisation de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel ligériens, www.opcal.fr.

Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef
Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef

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