Guitar heroes

phillippe menard Quand j’ai commencé la guitare, au siècle dernier, je pouvais difficilement rêver de devenir un guitar hero. Pourtant, mes modèles ne manquaient pas : Jimi Hendrix, Angus Young, Joe Perry, Eddie Van Halen, Hugues Aufray… En fait, c’est le modèle d’instrument qui le faisait pas : il trônait depuis des années au-dessus du lit de mes parents, arborant fièrement le joli nom de “Souvenir d’Espagne” pyrogravé sur sa table. (Si j’avais su que Jimi avait commencé avec un simple balai…).

Du coup, je rêvais directement de mes idoles. C’est ainsi qu’une nuit d’été, sur le remblai des Sables, j’ai rencontré Éric Clapton, Blackie en bandoulière, reliée à un Cube 40, chaussures de bowling aux pieds (?!)… Et personne parmi la foule pour l’écouter ! Du coup, on s’est assis tous les deux le dos à la plage et il a décidé de me montrer deux trois gimmicks qui feraient de moi un dieu, après lui, sur terre. Et c’est là que je me suis réveillé. Bilan, j’en suis à peu près au même stade aujourd’hui. Et ce, malgré mes autres rencontres : avec les Blues Brothers (mais là, j’étais sur la banquette arrière de la Dodge 74 et il fallait que je leur explique le chemin) ou plus récemment avec Neil Young (qui voulait que je parte en tournée avec lui, mais finalement on est resté à boire des bières au bar).

Pendant ce temps-là, Philippe Ménard, lui, rêvait de jouer avec l’un de ses maîtres : Rory Gallagher. C’est pas le talent qui l’en empêchait (non, de ce côté-là, ça va. C’est énervant même), ni les occasions : “Je l’ai rencontré deux fois après des concerts. Mais il était trop bourré pour causer. Plus tard, j’ai été en relation avec son frère qui gérait ses tournées. J’ai visité son studio à Londres – et si j’avais pas eu un train à prendre, je pouvais même rencontrer Robert Plant qui venait répéter ! (Ah, c’est chiant, hein ?). Y avait plus qu’à trouver une date qui colle avec un de ses passages dans l’Ouest.” Sauf que le foie de l’Irlandais a lâché trop tôt… Rock in peace.

Alors, dimanche soir, lors des Rendez-vous de l’Erdre, Philippe va réveiller les fantômes. Dès 19h, sur la scène blues, le one-man band retrouvera le plaisir de jouer à trois pour un exceptionnel Tribute to Rory Gallagher : à la demande du festival, il va en effet rendre hommage à son guitar hero, avec, à ses côtés, Gerry McAvoy, bassiste qui a accompagné la légende de 1970 à sa mort en 1995, et Peter Kempe, batteur hollandais des Juke Joints, dont le Bluesfestival à Kwadendamme (946 habitants) invoque régulièrement l’esprit du “guitariste du peuple”.

Quant à moi, je serai dans le public, à essayer, comme d’ hab’, de piquer quelques plans de gratte. En vain… Comme d’ hab’ également.

 

PS : une prochaine fois, je vous parlerai de mes rêves avec des actrices. Vous verrez, c’est complètement différent.

 

www.philippemenard.com

www.rendezvouserdre.com

Olivier Retail - Journaliste et rédaction en chef
Olivier Retail - Journaliste et rédaction en chef

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