La pollution au kilomètre

pelican marée noireNotre perception d’une catastrophe varie selon la distance qui nous en sépare. C’est ce que les journalistes appellent souvent la théorie du mort/kilomètre. En résumé, pour faire la Une d’un journal finistérien, il faut seulement un mort à Landerneau, mais au moins deux à Nantes, cinq à Paris, 60 morts à New York, 600 à Dakar, 6 000 à Bangkok…

Ces jours-ci, la même théorie s’applique à la pollution. La catastrophe écologique majeure du golfe du Mexique, provoquée par le naufrage de la plate-forme pétrolière BP, a fini de remonter aux Unes de nos journaux. Alors que - dérisoire comparaison - le désastre promet chaque jour d’être plus grave encore que ceux de l’Amoco Cadiz, du Prestige et de l’Erika… qui, eux, ont souillé nos côtes à nous, et donc longuement occupé nos médias.

Pourtant, ce sont 656 espèces animales qui sont menacées. Pourtant, le pétrole est en train de détruire des centaines de kilomètres de littoral et des zones marécageuses qu’on ne sait pas dépolluer. Mais le sort du lamantin, du pélican brun ou de la mangrove nous émeut sans doute moins que celui du courlis cendré et de l’avocette… Ce qui me rappelle un titre repéré il y a quelques années dans un journal de chez nous : 300 morts à Bangkok, un Breton. rescapé. Ça fait plaisir.

Philippe Le Boulanger - Journaliste et rédaction en chef
Philippe Le Boulanger - Journaliste et rédaction en chef

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