Libye : les graffitis de la liberté

Graffiti de la libération en Libye - photo : Jean-Philippe Magnen L'écho d'autres territoires résonne jusque chez nous, et heureusement. Comment ne pas être ému et passionné par l'immense vague de liberté poussée par le "Printemps arabe", par ces peuples qui se révoltent et s'émancipent, à l'envers de toutes les prévisions des géopoliticiens prudents ? La rage et l'enthousiasme du peuple plus forts que la terreur, c'est ce dont témoigne Jean-Philippe Magnen, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire, qui revient de Libye, avec des images étonnantes d'un peuple qui crie sa joie et sa colère sur les murs de villes dévastées.

 

Membre du bureau national d’Europe Écologie Les Verts en charge de l'international, l’élu nantais Jean-Philippe Magnen faisait partie d'une délégation de députés écologistes européens en Libye, du 21 au 24 septembre. Cette première délégation de parlementaires en mission officielle dans ce pays (Tripoli, Misratah, Yefren) voulait signifier la solidarité européenne avec les rebelles, comprendre un peu de ce qui s'est passé là-bas, et engager le dialogue dans une période qui reste largement instable, avec des acteurs dont on ne sait pas encore grand-chose.

 

"Il est clair que l’instauration de la démocratie, sur les décombres d’une dictature de 41 ans ayant détruit toute structure de contre-pouvoir, prendra du temps. Nous voulions affirmer aux nouvelles autorités libyennes notre volonté de soutenir la réconciliation comme la reconstruction, en privilégiant le respect des droits de l’Homme, notamment pour les femmes et les réfugiés", explique Jean-Philippe Magnen.

Et l'élu témoigne de l'extraordinaire ambiance locale, nerveuse et enthousiaste, des villes détruites, des armes partout présentes, brandies par les anciens comme par les jeunes, des femmes qui prennent la parole dans des manifestations spontanées…

Par les armes, par l'art

 

Jean-Philippe Magnen raconte aussi comment cette effervescence prend corps dans le quotidien : au-delà des armes, dans l'art. Les radios qui diffusent en boucle des raps revendicatifs, les murs qui crient la colère et la joie. "Tripoli, par exemple, est couverte de graffitis forts et étonnants, beaux souvent, insultant le dictateur, rendant hommage aux combattants, mais aussi exprimant l'espoir. Qu'en aussi peu de temps les artistes aient pris les murs de leurs villes comme exutoire de leur haine du dictateur, de leurs envies, des malheurs, mais aussi de la force du peuple libyen, avec beaucoup de talent, me semble significatif. Ces graffitis témoignent à la fois de la terrible répression qu'a vécue ce peuple et de l'irrépressible force révolutionnaire qui est aujourd'hui en marche, avec toutes ses complexités. À Yefren, par exemple, les rebelles ont investi une superbe Maison de la Liberté… qui est en même temps un musée de la guerre. De même, les graffitis de cette ville Amazigh témoignent à la fois de la lutte "nationale" contre Kadhafi et de la revendication identitaire de ce peuple berbère, qui devra trouver sa place dans la nouvelle Libye".

 

 

 

www.jeanphilippemagnen.fr

 

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Philippe Le Boulanger - Journaliste et rédaction en chef
Philippe Le Boulanger - Journaliste et rédaction en chef

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