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Sans papiers, la fête est moins folle

affiche concert avec ou sans papiersCette année, pas de fête du Travail. Ou alors 52, si l'on regarde le verre à moitié vide ou à moitié plein. En effet, comme tout le monde l'avait déjà repéré l'an passé, le 1er mai 2011 tombe un dimanche. C'est chiant, parce que l'intérêt de la fête du Travail, c'est justement de ne pas travailler. Paradoxal, mais c'est comme ça. Sinon, ça serait la fête cinq jours sur sept (pour la majorité), et là ça serait le bordel. Et il faut pas : très dangereux. Comme disaient Font et Val, à une époque où ils étaient intéressants l'un et l'autre : "je suis pour la liberté, mais dans l'ordre."

D'un autre côté – par là –, c'est aussi la fête du Travail tous les jours de la semaine pour plus de 4 millions de personnes en France, qui n'en ont pas, du travail, et donc peuvent arroser ça chaque matin en se levant (de leur lit, pour ceux qui en ont encore, ou de leurs cartons, en attendant qu'une tente Quechua se libère). Comme quoi, les choses sont mal faites, avec d'un côté des gens qui bossent et qui n'en profitent qu'un jour par an, et une minorité, "somme toute", qui fait rien qu'à se la couler douce.

affiche Et puis, il y a les autres – des vrais tordus – qui ont du travail, mais qui n'ont pas le droit d'en avoir, sous prétexte qu'ils n'ont pas de papiers. Du coup, ils n'ont aucun droit, ce qui permet de les exploiter plus facilement, les obligeant même à vivre cachés. Vous conviendrez – enfin j'espère – qu'eux aussi ne sont pas franchement… à la fête. C'est pourquoi, la veille du 1er mai, l'Union syndicale de Loire-Atlantique organise "La Fête avec ou sans-papiers", dès 16 h, à La Carrière de Saint-Herblain. Au programme : animations, concerts (Sergent Garcia, Ma Valise, et plein d'autres...), théâtre, débats… Histoire d'étouffer, au moins le temps d'une journée (mais c'est déjà çà), les échos nauséabonds – car xénophobes, racistes, populistes, électoraux, sécuritaires… complétez à votre guise – qui font rien qu'à mugir dans nos campagnes.

Allez, pour mettre tout le monde d'accord, direction le lendemain à Clisson, pour assister au premier salon du travail au noir; qui a pourtant fait voir rouge aux tuniques bleues. L'organisateur, membre du célèbre Fonacon – front d'opposition à la nouvelle année – a en effet été entendu à la gendarmerie. Une garde-à-vue doublée d'une menace (abandonnée depuis) de trois ans de prison, de 45 000 € d'amende. Eh oui, face au black, l'Urssaf et l'inspection du Travail rient jaune. Et si tout ça n'était qu'un problème de vocabulaire : c'est vrai que "travail au noir" est plutôt connoté. Parlons plutôt de "réseaux", c'est dans l'air du temps. Alors pour travailler, acheter, manger, financer, bouger… si on remettait les compteurs à réseau ?

 

L'événement sur Facebook : www.facebook.com/event.php?eid=131689486900171

Réserver en ligne : www.acener.asso.fr/default.asp?mode=billetterie&crit1=202&id=7336

Olivier Retail - Journaliste et rédaction en chef
Olivier Retail - Journaliste et rédaction en chef

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