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La moule de bouchot

les moules - la cuisine d'YvonneDes moules, y en a de toutes sortes. Et j’ vais pas vous faire la liste, sûr que vous avez bien des idées tout seuls. Mais comme on est là pour causer cuisine, je vais m’arrêter à la moule de bouchot dont aucun parallèle n’est à faire avec celle du boucher. À quelques lettres près, vous pensez, on serait pas du tout sur le même sujet.

D’autant que j’ai jamais entendu parler d’un coupeur d’escalope qui vendrait aussi du mollusque bivalve. Bref. Le bouchot, pour mémoire, c’est pas de la finition en liège qui peut péter, c’est du support d’élevage. C’est un pieu planté dans le sable sur lequel on enroule des cordes où sont collés les naissains de moules.

La moule qui est peut-être bivalve, mais qui n’en reste pas moins un mollusque, elle n’y voit que du feu et grandit gentiment sans penser une demi-seconde à son funeste destin. Pourtant, y a pas longtemps, la moule de bouchot de la baie du Mont Saint-Michel, elle aurait pu imaginer que les choses allaient tourner meilleur pour elle. Car voilà t’y pas que d’AOC (Appellation d’origine contrôlée), elle est passée AOP (Appellation d’origine protégée), et ce, le 30 juin dernier, à la Commission européenne. Tout de même.

 

"Protégée", qu’elle s’est dit, c’est bon, je vais pouvoir rester sur mon bouchot. Bon, faut pas trop en demander, à une moule. En revanche, le comité de défense de la moule de bouchot lui, il est plus exigeant. Et il est bien content, car la moule AOP, c’est la preuve que la moule a vécu, a été transformée dans un périmètre géographique bien défini. Bref, on nous certifie que c’est bien du local, et comme dans la baie, les p’tits gars savent y faire avec les moules, on peut être rassuré sur la qualité (de la bête, pas du gars).

 

Donc, à partir du 1er août, date du début de la saison de la moule, on va pouvoir se saisir d’une Mytilus edulis, ouvrir sa coquille lisse et luisante, s’émerveiller de sa chair grasse au bel orange flamboyant, sentir le goût sucré telle une friandise, et se la gober. Sans oublier, parce qu’on est reconnaissant, de jeter un regard attendri sur le Mont Saint-Michel, là, au loin.

Yvonne - Chroniqueuse
Yvonne - Chroniqueuse

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