J’en ai conclu que le monde tournait pas rond et qu’à force d’inventer des idioties, y a toute une génération qui, déjà qu’elle croyait que le poisson c’était un truc carré, va penser maintenant que la vache, c’est une grosse boîte métallique où on met des pièces pour avoir du lait. Le jeune, il avait pas besoin de ça pour être perturbé, mais là tout de même, c’est pis que tout !
Dans un deuxième temps, une fois engagée sur la route de Vannes, j’ai pensé au producteur qui a eu l’idée de mettre sa traite en vitrine. Tout de même, ça doit être un gars qui n’en veut, un gars qui reste pas les deux pieds dans le même sabot (de laitière). Jean-Michel Anger, parce que c’est lui, est producteur de lait depuis plus de 20 ans. C’est qu’il connaît son métier, le bougre. Associé au GAEC de la Chalandière, il voulait créer du lien avec le consommateur. Alors il a mis une machine. Vu comme ça, c’est un peu bizarre, parce que moi, le lien avec un distributeur, c’est un coup de pied quand il veut pas me donner mes Smarties alors que j’ai mis le bon nombre de pièces. Sûr que je f’rais pas ça avec une personne en chair et en os. Dame, on a de l’éducation par chez nous.
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Donc je disais, le gars Anger, il met son distributeur de lait cru, une belle machine italienne décorée façon vache avec une vitrine réfrigérée. Parce que tiens, tant qu’à faire, il te colle des desserts lactés. Du riz au lait, des flans, des crèmes. Et voilà t'y pas que les gens s’arrêtent, trouvent que c’est bon, savent d’où vient le lait, de la machine de la Chalandière, et quand même, ils peuvent y aller à n’importe quelle heure de la journée, oui, à 20 heures s’ils veulent ; si c’est pas de la liberté (sauf qu’ils n’y vont pas à 20 heures, c’est l’heure des infos, et avec ce qui se passe dans le monde, le concombre tueur qui tue personne, le fourrage qui manque… on n’a pas envie de quitter le poste).
Du coup, j’ai réfléchi à son système, au gars Jean-Michel. Et je dis chapeau. Parce que c’est un gars dynamique qui se contente pas de ficher du lait dans la boîte, mais qui fait des animations à côté, des dégustations, par exemple. Et pis qui c’est qui connaît encore le bon goût du lait frais, hein ? C’est quand même un moyen sans intermédiaire et sans pasteurisation. Et c’est même un sacré filon dans la veine du bio et du « j’ suis proche de la source ». D’ailleurs, à Landerneau, z’avez vu les chalets distributeurs Lait du Matin ? Ben oui, entre le poisson carré et la vache à pièces, on va peut-être réussir à manger des bonnes choses…
La vache métallique de Jean-Michel Anger, elle est là  : www.lait-saveurs.fr





















