Bretons, donc. Soit. Ça part d’une bonne intention, parce que c’est vrai que la console Gwenn ha Du, c’est pas pour demain, et qu’il faut pas oublier qu’on sait s’amuser par chez nous. Mais moi, j’ vais vous dire, lancer des biscuits sur des planches en bois, j’ trouve que c’est gâcher. Oui madame, c’est enlever du bonheur de la bouche des p’tits gars de la marine, et c’est ben irrespectueux pour Le Villain. Comment, vous pigez pas ?! Eh ben je m’en vais vous expliquer.
Parce que le palet breton, car c’est bien de ça qu’on cause, ça se respecte. Depuis 1920, que ça existe. Presque un siècle que l’on se régale d’un biscuit en pâte brisée qui a 20 % de beurre demi-sel dedans et qui fait à peu près 1 centimètre d’épaisseur. Et ce, grâce au Villain ! Alexis Le Villain qu’il s’appelait, ce boulanger de Pont-Aven. L’était peut-être moche, mais il avait du goût.
Alors pour pas confondre ses palets et ceux de La Jaupitre, Le Villain leur a donné le petit nom de Traou Mad, que l’on traduira par bonnes choses. Au fil du temps, le palet est devenu la galette de Pont-Aven. Mais pour ceux qui ont une grande bouche, le palet, c’est le palet et pis c’est tout. Dame, ça vous fait de la chique grassouillette entre les dents, mais ça plaît.
Alors on peut pas confondre. Là où on lance le palet métallique sur la planche, on envoie le biscuit sur les hanches. Là où le jeu se joue en 12 points, pas sûr qu’on puisse en avaler aussi loin. Et s’il y a des variantes dans le jeu, la recette du palet du Villain n’a pas changé d’un iota ! On voit bien que non, on peut pas confondre. Mais ça n’empêche pas de jouer, au palet ou au train. Et de croquer. Le palet, pas le train.
Â





















