D’abord, je lui dirai de s’asseoir à ma table, c’est le moins qu’on puisse faire quand on est aimable. Et là , quand il s’approchera pour écouter ce que j’ai à lui dire, eh ! ben là , il sera subjugué ! Anéanti ! J’ai pas dit fou de désir, remarquez, mais pas loin. Et vous savez pourquoi ? C’est à cause de mon parfum… Ouh la ! Pas de la senteur numérotée de cocotte, mais des effluves… d’échalote. De la tradi, pure Bretagne, de celle que j’aime me coller entre les dents pour me faire l’haleine façon mignon de porc… À l’échalote.
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Alors il paraît qu’aujourd’hui, la fille qui, le 14 février, se pointe parfumée comme j’aime, eh ! ben elle chope pas beaucoup. Rien. Zéro. Comme quoi les p’tits gars d’aujourd’hui n’ont pas beaucoup de goût. Mais ce qu’il ignore, le greluchon, c’est que l’échalote, c’est historique ! Oui monsieur, c’est de la plante sacrée, qu’ils disaient les Égyptiens. Tout de même. Et puis de fil en aiguille, de terre en terre, l’échalote a pris ses lettres de noblesse en Bretagne. Car c’est là que la production est la plus importante. Mais attention, y a des précisions à apporter ! Parce que là , j’ vous cause de la traditionnelle, pas de l’échalote à semis apportée par les Hollandais (oui, à semis et à moitié soumise, c’est pas faux).
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La traditionnelle, m’sieurs dames, c’est de l’échalote qui est plantée, récoltée à la main, c’est de l’amaryllidacée issue d’un bulbe, et surtout, l’échalote traditionnelle, ce n’est pas un ersatz d’oignon, un mélange des deux que l’on sème en la faisant passer pour de l’authentique. Et ça, la Cour européenne de justice, elle a eu du mal à capter, et en 2006, elle a accordé le nom d’échalote aux seules plantes à bulbe. Tout en acceptant que celles à semis soient vendues sous le nom… d’échalote.
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Or les blonds, les Hollandais, donc, ils nous en fourguent, de l’échalote de semis, et pour faire la différence, ben faut avoir l’œil sur le logo ; ça doit être marqué "Traditionnelle". Et puis vérifier si on voit bien la cicatrice du couteau, et puis faut goûter, ça n’a rien à voir. Bon. Pour me calmer et finir en beauté, parce que Valentin n’est pas loin, je reprendrai les paroles d’une chanson de Gérald Genty qui raconte une course hippique. Le cheval s’appelle Chalote. Alors pour l’encourager, vous imaginez bien qu’il n’y a qu’une chose à dire : Allez Chalote !



On ne peut pas l’ignorer, le 14 février, c’est la Saint-Valentin. Si c’est pas niaiseux, c’t' histoire… Et j’ dis pas ça parce que j’ai pas d’homme pour qui faire la belle ! Y en a bien qui voudraient, mais j’ai mes habitudes. Et me ficher des culottes rouges à froufrous tout en mitonnant un bœuf bourguignon et en susurrant des mots d’amour, très peu pour moi ! Alors pendant que les donzelles se mettront en quatre pour donner un peu de bonheur à pépère, eh ! ben moi, j’irai lui causer, à ce Valentin, et il se peut bien qu’il me trouve des avantages !


















