Vous allez m’ dire, le veau, il pédale pas. C’est pas faux, il pédale pas, mais il eut pédalé !!! Car il fut un temps où le cycliste déterminé, il usait tellement du braquet qu’il avait le fessier en feu. Paraît que de nos jours, les gars ont le même problème, mais c’est pas l’ sujet. Donc, pour éviter les bijoux rougeoyants et le croupion dans son jus, le cycliste, il se collait une escalope de veau dans la culotte. Faut dire que c’était largement plus confortable que les selles de vélo. Parce que le veau, c’est doux. Et c’est doux parce que c’est un bébé. Six mois de vie et direct à l’abattoir.
Après, on retrouve la p’tite bête à l’étalage entre deux brins de persil. Et faut pas croire, si sa chair est blanche, c’est qu’il est carencé en fer. Dame, téter que du lait, ça vous donne le teint pâle. Et ça fragilise. Pour être en forme, le mignon devra croquer du brin d’herbe et comme ça, sa chair sera plus rosée. Et si on veut se consoler en se disant que pépère, il aura passé du temps avec sa mère, eh ben on se fourvoie. L’appellation « sous la mère » souligne souvent que le veau reste à l’étable à siroter du lait. De sa mère ou pas, d’ailleurs.
On dira ce qu’on voudra, mais manger un bébé, jamais d’ la vie ! Et s’il savait, le p’tiot, qu’il aurait pu finir, non pas dans la culotte d’un zouave, mais dans celle d’un cycliste vêtu de nylon jaune et bleu, il l’aurait pleurée, sa mère, voire sa race.
Illustration : Raoul





















