Un rapport du gouvernement dont ces kangourous sont les administrés est tombé le 23 mai, et figure-toi qu'illico, le niveau des mers pourrait s'élever d'un mètre. Oui oui, un mètre ! Ce qui submergerait l'estuaire de la Loire, verrait tout le littoral breton rogné partout, et les étendues d'eaux intérieures s'étendre encore plus. On verrait l'île de Sein réduite à une peau de chagrin, et le chagrin géographique irait jusqu'à élargir le lit de la Vilaine, de l'Oust et de l'Elorn. Avec de tels lits, on n'ose pas penser à la taille des draps. Quant au "marais breton" qui mouille les rivages vendéens, il serait annexé comme domaine sillonnable en planche à voile. Il y a un site internet* qui visualise très bien ces simulations, prévoyant jusqu'à 60 m de niveau plus élevé.
Bon d'accord, d'après ces experts australiens, ce mètre de hausse aurait un petit délai avant de s'installer dans le paysage : un siècle. Et il faut préciser que cette marée permanente d'un mètre ne vaudrait, bien sûr, que pour ceux qui ont adopté le système métrique. Les autres se débrouillent avec les convertisseurs vendus sur le marché, et tant pis s'ils ont les arpions trempés le temps de faire l'opération. On les aura prévenus. Et toi, né Tartempion, tu dois veiller aux arpions, au moins par respect pour les rimes riches de poètes.
N'empêche. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais cette histoire de réchauffement climatique passe encore, les glaciers qui fondent comme nez jaune au soleil, d'accord, on a compris. La neige fondue, la glace déliquescente, tout ça part à vau-l'eau et finit dans les océans ; les poissons ont leur apport d'eau douce, c'est à la mode, les techniques douces, et pour eux, plus besoin d'aller acheter des packs au supermarché du coin, ce qui réjouit la maman des poissons, qui est bien gentille. Mais de là à voir le niveau des mers s'élever comme un seul homme, j'ai comme un doute. D'abord parce que j'avais cru comprendre que la mer n'était pas de niveau. C'est de l'eau courbe, tout ça, on le sait depuis Galilée. À moins que tu n'interviennes pour remettre la mer d'aplomb, décortiquée comme une peau d'orange, remise à plat, ambiance je ne veux voir qu'une vague. Et le clapot, dans le fond, on se calme. La houle, pareil.
Élevons le niveau. D'autant que ces scientifiques de l'autre hémisphère ne sont pas très précis. Responsable de la commission climat du gouvernement australien, le professeur Will Steffen hésite un peu à passer la mer du futur sous la toise : "Je pense que la hausse moyenne du niveau de la mer en 2100, comparé à 1990, sera de 50 centimètres à 1 mètre", écrit-il dans la préface du rapport, ajoutant : "Il faut tendre vers l’estimation haute d’un mètre. Et il y a des gens qui disent qu’il faut aller bien au-delà ".
Et c'est ainsi que les kangourous sautent du simple au double et au-delà , sans se mouiller les arpions.
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Cher Tartempion,


















