La commission, c'est pour mon cousin Roger. Il est un peu inquiet à c't' heure, faut te dire. Tu sais qu'il baragouine toujours un peu à l'ancienne. Il jaspine en bas-mainiot et raconte plein d'histoires de terroir, de la campagne d'avant la naissance de Terri(s)toires. Roger, il est de Nuillé-sur-Vicoin, en Mayenne. Il a passé sa vie à vendre des sacs d'engrais aux paysans. Il n'écrit pas de lettre, il parle.
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C'est pour ça que je prends le relais. Roger m'a parlé du groupe facebook "Pour que le bas-mainiot (patois mayennais) devienne langue officielle". Pour l'instant, ils ne sont que 109 membres, mais ça l'inquiète, le Roger. Il voudrait que tu insistes auprès des députés pour qu'ils refusent d'en faire le parler officiel. En tout cas, à Nuillé-sur-Vicoin, tout comme à Peuton, Simplé, Denazé, Athée, Livré et Touche-Baron. C'est-à -dire partout où il a encore des copains qui survivent à 80 et quelques années d'élevage au cidre. Ils sont tous aux 400 coups, très paniqués à l'idée que le bas-mainiot soit vraiment promu langue officielle. Parce que ça peut arriver, une nuit, comme ça, à l'assemblée, ousque les députés sont juste une poignée, les autres ayant oublié de venir.
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Imagine un peu la déclaration d'impôts dans le département de la Mayenne. Langue officielle : bas-mainiot. En matière d'impôts, tout ce que dira Roger, ça serait un "I' n'y a d' si vilain pot qui n'' trouve son couverque !". C'est que vois-tu, en bas-mainiot comme en gallo, y a pas de mot pour niche fiscale ou assiette de cotisations. On pourrait bien demander au chien de mettre le couvert, mais pas sûr que ça serve à grand-chose. Pasque dans ces cas-là , euh là , "beurdereau, la cabane, a tombe su' l' chien". Et contre une avalanche de niches à chiens, pas sûr que le préfet trouve comment activer le plan Orsec approprié.



Mon cher Tartempion,


















