Esbjörn Svensson

Esbjörn Svensson, pianiste de jazz Il est mort le 14 juin 2008. Moi j'ai fait sa connaissance hier.

Il joue de la musique avec tout son corps, il pèse chaque note, chaque silence, chaque tension (1'32). Ses mains quittent la route empruntée un million de fois et le confort des phrases automatiques. Il suit son instinct, guidé par les autres, porté par leur énergie.

Ils ne sont pas totalement tranquilles, eux non plus, mais ils le poussent pour que ce solo soit le plus proche possible de l'idée qu'on se fait de lui. Un truc inaccessible, et si ça ne se passe pas trop mal, on a déjà l'impression d'avoir posé son cul dans le canapé des dieux quelques minutes. C'est vrai que c'est du jazz et que cette énergie est moins palpable au premier abord que celle d'Angus Young ; pourtant c'est la même formule chimique.

 

Le dernier mec qui m'a fait dresser les poils s'appelle Esbjörn Svensson ; Angus Young, c'est fait depuis longtemps. Il est né en Suède et on avait une chance sur neuf millions d'avoir un type qui joue comme ça, là-bas, presque un loto. Il est pianiste, il ferme les yeux, fronce les sourcils, se balance vers l'avant comme un autiste. Ses doigts sont précis, il ne lâche pas une note. Ce mec ne partage ni mon histoire, ni ma culture, il ne connaît même pas ma mère, et pourtant il m'a foutu les poils. Je suis sûr qu'il a joué pour moi ce soir-là. C'était le 6 juillet 2003.

 

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Zit - Chroniqueur
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