Le fric, c'est chic

Le fric, c'est chic - Terri(s)toiresJ'habite un bien. Un bien fait d'espaces et de volumes. Un bien lumineux, moderne et chaleureux.

J'habite un mieux. Un mieux plus grand, plus clair et plus chaud.

J'habite un chic. Un chic fait de moulures, de chêne, de marbre et de velours.

J'habite un coup de cœur. Un coup de cœur art déco aux lignes épurées, aux frises zigzagantes et aux jeux de spirales.

J'habite un sublime. Un sublime inimitable.

J'habite un cher. Le plus cher, inaccessible à tout autre terrien.

J'habite un rêve. Au 1, rue de ma caboche. Entre la place de la vanité et le kiosque aux idées folles. J'ai les anneaux de Saturne posés sur mon lit et de la mosaïque de Perse coule des robinets. J’ai de l'écume sur mes pieds quand le vent souffle dans l'escalier. J'ai de la brique à brac et du béton branché.

Mon grenier se fait la malle sous les ailes de mes poutrelles. J'ai des combles aménageables, du désespoir à l'impensable. Un cerisier sur mon canapé. C'est une petite cabane de plage le matin, un château de la Loire à midi, et les jardins de Madère le soir. La nuit, c'est un pavillon de banlieue éclairé par des panneaux publicitaires. Demain c'est la Saint-Glinglin. Je reçois des épaves magnifiques du quartier, des cloches puantes et sans toit. Nous mangerons des pâtes avec du pain et du beurre. Passez boire un verre avant que vos couloirs ne rétrécissent, avant que vos murs ne vous enferment et que vos parquets de Versailles ne se changent en patinoire à ploutocrates.

Zit - Chroniqueur
Zit - Chroniqueur

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