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    Le silence des arbres

    Le silence des arbres - une chronique de Zit Elle a perdu son mari. C'était un adulte de taille printanière avec un survêtement rouge et des lunettes de pluie. Tous deux s'étaient arrêtés quelques instants à l'ombre d'un catalpa pour écouter l'histoire émouvante d'un conteur kilométrique. Le soir tombant brutalement, ils l'évitèrent de justesse et se remirent en marche. Lorsqu'elle réalisa que son mari ne la suivait plus, elle rebroussa chemin jusqu'à la petite place des conteurs. Elle n'y trouva que le catalpa qui s'était refermé, enroulant dans ses feuilles les chats maigres de la nuit. "Encore un", se dit-elle.

    Ce n'était pas la première fois qu'elle perdait un mari. Le premier, trop distrait, tomba dans l'oubli, le second fut emporté par la maladie et ne revint jamais, le troisième ne l'épousa pas.

     

    Elle en commanda un nouveau par correspondance dès le lendemain. Quelques lettres bien tournées suffirent pour qu'il se livre corps et âme avec le cadeau d'usage : une bague en orme massif. C'était un mari moelleux et attentionné, de forme ronde et à la voix tropicale. Il ne disait jamais un mot plus haut que l'autre, ce qui donnait des phrases parfaitement linéaires et très faciles à ranger. Il était aimant, professeur de chant magnétique à la bobine joyeuse. Elle l'appelait "Par", son prénom, il l'appelait "Mon épine" car il l'avait dans la peau.

    Par trouva rapidement sa place dans le cœur de Mon épine entre l'atrium gauche et la valve mitrale, mais il devait se méfier du "Général", la bête de madame, un labrador de formation militaire ayant servi dans l'unité d'infanterie d'une compagnie de chiens du même nom. Leur relation changea radicalement le jour ou Par l'écrasa.

     

    Les jours filaient sans relâche la laine des tricots du temps, Par consacrait toute son énergie à attendre un coup de fil urgent qui arriva au bout de quelques années. Mon épine faisait le pied de grue dans une onglerie animalière située à l'angle de la rue TZ et XY sécantes en O.

     

    À chaque nouvelle tempête, ils s'allongeaient sur le sable humide et glacé de la plage et rapportaient une bronchite en forme de cœur ou une pneumonie chatoyante qu'ils vernissaient pour qu'elle ne perde jamais son éclat. Au moment des brouillards, ils allaient dans les marais poivrants ramasser de petits champignons fantômes, aromate subtile relevant merveilleusement la vandoise rostrée. Pendant les jours vacants, ils ne sortaient que pour tondre quand la saison était trop haute.

    À la fin de l'hiver, ils s'asseyaient sous un amandier, guettant l'arrivée de la première fleur, et Par chantait : "J'avais l' plus bel amandier du quartier et pour la bouche gourmande des filles du monde entier, j' faisais pousser des amandes, le beau, le joli métier." Mon épine était sous le charme, ce qui relevait du prodige étant déjà sous l'amandier.

    Le silence des arbres - une chronique de Zit Ils auraient sans doute fini leurs vieilles nuits ensemble s'ils n'avaient été victimes d'un adorable malentendu. Un soir, Par rentra plus tôt que d'habitude et elle n'aimait pas ça. Mon épine était dans la salle de bain où ça sentait bon les fleurs sauvages. Par allait poser son manteau et se servir un ratafia comme chaque mardi 27 quand il entendit: "Pars, surtout ne te retourne pas. Pars, fais ce que tu dois faire sans moi…" Par partit sans se douter un instant que Mon épine ne faisait que reprendre les paroles d'une chanson forte que lui chantait sa maman pour la réveiller.

    Inconsolable, Mon épine n'eut ni la faiblesse ni l'envie de recommander un mari, elle se retira dans le Connecticut puis dans le Mutisme où elle vécut de petits boulots et passa le plus clair de son temps au bord de la mer avec les muettes.

    Par se demanda longtemps ce qui s'était passé et, incapable de vivre seul, se résigna à se livrer à nouveau. Il fit une carrière remarquée de commissaire alpin réputé pour ses bonnes pistes.

    Il pensa à elle toute sa vie. Elle non plus.

    Zit - Chroniqueur
    Zit - Chroniqueur

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