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    L'étranger

    Les ruines gréco-romaines d'Apamée, en Syrie Les ruines gréco-romaines d'Apamée, en Syrie - © Zit

    Il est là, devant moi, immobile ; je fais comme si je ne l'avais pas vu, mais il me fixe avec ses petits yeux noirs et suit mes moindres gestes. Au début, j'ai cru qu'il volait, mais c'est juste qu'il se déplace avec grâce et légèreté. Chacun sa cité, chacun sa verticalité ; comme moi, il passe son temps dans les étages entre le ciel et la Terre.

    Il a décidé de descendre, je pense qu'il se croyait seul. À cet instant, je comprends que je suis entré chez lui, dans son espace vital. C'est la première fois que je me sens différent, étranger. Car il faut bien avouer que nous ne nous ressemblons pas. Je ne perçois aucune menace, je n'ai pas peur. Il est méfiant, mais ne me rejette pas. Pourquoi le ferait-il, d'ailleurs ? Parce que nous sommes différents ? Je le sens bien trop évolué pour ça. Il me présente un gland ou une noisette, je ne vois pas bien, je lui réponds que c'est gentil, mais que je n'ai pas faim ; je lui propose une cigarette qu'il feint de ne pas voir.
    En quelques mouvements vifs et précis, il prend un peu de hauteur et se trouve maintenant au niveau de mes yeux. Il fronce le nez, se gratte nerveusement, s'étire, et se met à manger sans me perdre du regard.

    C'est idiot, j'ai envie de le prendre dans mes bras, de le serrer contre moi, mais il ne comprendrait pas. La dernière fois que j'ai eu envie de serrer quelqu'un ou quelque chose dans mes bras, c'était un énorme chêne pour capter son énergie. Il paraît que des gens enlacent des arbres régulièrement alors que personne n'étreint la cheminée d'une centrale nucléaire, pourtant productrice d'énergie aussi.

    Il a l'air gentil, inoffensif, ce qui le distingue fondamentalement de Bachar el-Assad et le rend d'autant plus sympathique.Je me surprends à le trouver beau. Je crois qu'il ne possède rien si ce n'est ce repas auquel il porte une attention toute particulière. Il laisse tomber les restes négligemment par terre ; je pense au sort de la cité de Palmyre, aux ruines gréco-romaines d'Apamée, en Syrie, aux Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan, aux fresques de la vallée d'Ilhara en Turquie, ou encore aux manuscrits de Tombouctou.

    Il recule, monte encore d'un étage, je comprends que je suis à la limite de la distance minimum qui nous sépare. Il faut du temps, juste un peu de temps.
    Je sens sa jeunesse, sa vitalité, sa fraîcheur. D'ailleurs, depuis qu'il est là, ça sent bon et ce n'est pas ce que se disent les Indiens Akuntsu d'Amazonie brésilienne en regardant tomber les arbres.
    Ça doit bien faire deux heures que nous sommes ensemble, sans un mot ; je ne sais pas lequel a accepté l'autre, en fait je crois que la question ne s'est jamais posée. Je regarde son énorme et magnifique queue qui ne le rend ni con ni prétentieux. Décidément, on a beaucoup à apprendre des écureuils.

    Zit - Chroniqueur
    Zit - Chroniqueur

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