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    Mon vieux

    Mon vieux Mon vieux - © Terri(s)toires

    J'aime bien le dimanche. Le dimanche, je me lâche. J'écoute de la musique et je pleure, je regarde un film et je pleure, je chante les textes de Jean-Roger Caussimon, et rebelote. Quand c'est triste, c'est triste, mais quand c'est beau, ça me fout les larmes. En bon mâle, mon père pleurait aussi.

    Je me souviens de ce matin où on a pleuré sur 20 ans, de Léo Ferré, au p'tit dej, on n'a pas tenu jusqu'à la deuxième tartine. Mon père pleurait parce que c'était beau, moi je pleurais parce que mon père pleurait. C'est dingue tout ce qui me ramène à lui. L'odeur du pain, un poème de Prévert, la gouaille de Jean Yanne, Cat Anderson dans l'orchestre de Duke Ellington, des graines de fenouil sur une dorade royale, la petite table lourde et moche que j'ai gardée, le mail d'une vieille connaissance que je n'ai pas vue depuis mille ans et qui me ressort des photos de mon enfance, comme ça. Elle a dû faire le ménage. À cette époque, mon père était plus jeune que moi. Au début, c'est normal d'y penser souvent, et puis les années passent et c'est pareil...

    J'ai vu un psy. Un psy super, j'avais un tas de trucs qui n'allaient pas, je ne savais pas qu'il pouvait y avoir autant de problèmes dans une seule personne. On a commencé par le traumatisme du petit suisse, puis celui du chien gris, l'épisode de l'enfermement dans la cave, Jérôme qui a voulu me péter la gueule du CM2 à ma sortie du lycée. C'était un cérébral, Jérôme, il résolvait tout à coups de tête. L'étranglement, la chute de cheval, Cécile, et tout ça en moi, au fond du bide. Ça va mieux, c'est vrai, mais je pense toujours autant à lui. Il ne me quitte pas, il est là dans mon quotidien, dans mon visage qui vieillit, dans ma voix.

    Hier, nous avons parlé de ma mort avec ma fille. Je ne sais pas si c'est mes cheveux blancs ou ma sale gueule en ce moment parce que je ne dors pas, mais elle y pense : "Papa, l'accent vers l'arrière c'est è ou é ? Tu sais, Angel, c'est le frère de François, eh ben je crois que les parents d'Angel, ils préfèrent Angel parce que Angel ça veut dire ange alors que François, ça veut dire François. En tout cas, quand tu seras mort, je donnerai tes pulls aux pauvres parce qu'ils s'en moquent de la mode. Au fait, j'ai réfléchi, je ne serai pas vétérinaire plus tard : je serai dictateur, c'est mieux."

    Mon fils m'en parle aussi parfois, mais il est plutôt contre l'idée, il trouve que la mort a un côté trop… définitif.

    Quand on sort les photos, ils me demandent de leur parler de papi. Je raconte sans trop d'objectivité, j'enjolive un peu une histoire qu'on m'a déjà livrée par bouts, une histoire sans doute romancée. Tout ça est ensuite passé à la moulinette d'imaginations fertiles, et voilà comment un père normal devient un papi extraordinaire. "Dans son vieux pardessus râpé, il n'aimait pas aller bosser. Il préférait aller pêcher, mon vieux. Y a bien des clients qui l'app'laient, mais il préférait bouquiner, mon vieux…"

    Zit - Chroniqueur
    Zit - Chroniqueur

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