Tout bien comme il faut

Terri(s)toires - Marcel

Marcel, il a fait tout bien comme il faut toute sa vie.

En 1954, il était peintre en bâtiment à Chartres. Le 1er novembre, ça a chié dans les Aurès, en Algérie. On lui a dit : “T'aimes bien la peinture, Marcel ? Eh ben, tu vas refaire le portrait aux fellaghas !” Bon… En 1960, c'était les premiers essais nucléaires atmosphériques. On lui a donné des responsabilités : “Tu te mets là et tu bouges pas Marcel”. Bon…

De retour à Chartres, il a été embauché pour projeter des flocages amiantés dans les parkings des immeubles. Il a joué du pistolet jusqu'à son licenciement en 1979. La cinquantaine approchant, Lucette, sa femme, lui demanda de lever le pied pour sa santé. Il l'écouta et fut embauché comme déménageur à Saint-Georges-sur-Eure. D'un commun accord avec Lucette, il arrêta de travailler après la chute d'une gazinière dans les escaliers, qui lui perfora le foie et lui brisa les côtes.

Depuis, il jardine et il vend ses calendriers de la Fnaca. Mardi prochain, c'est le repas de la Fnaca au Puy du Fou. Ça énerve Lucette quand Marcel finit les assiettes des autres. La dernière fois, ils sont sortis de table à 17 h 30 ! C'était le mieux. Marcel a acheté un nouveau costume pour l'occasion. Cette fois, il l'a pris trop grand pour le garder jusqu'au bout.

 

 

 

Zit - Chroniqueur
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