Ce dernier, peut-être pas très enchanté aujourd’hui de se voir propulsé de roi du monde mystérieux à celui qui bricole tous les jours et surtout le dimanche, était un druide amateur de tours de passe-passe et très attaché à Dame Nature. Coquin qu’il était, il s’acoquina également avec la belle fée Viviane. Cette dernière, dont on peut supposer qu’elle possédait des qualités physiques qui dépassaient de loin ses capacités intellectuelles, ne trouva rien de mieux que d’enfermer son amoureux transi dans une prison magique. Une triste illustration de la jalousie : elle le voulait pour elle toute seule.
Aujourd’hui, on prétend que le pauvre est toujours coincé dans la forêt de Brocéliande, assuré malgré lui de ne jamais tomber amoureux d’une autre. C’est particulièrement triste quand on sait la propension des femmes modernes à se teindre les cheveux et à se faire gonfler la poitrine : il ne connaîtra donc pas les plaisirs et les joies de l’homme contemporain, aussi immortel soit-il.
Bien sûr, en ce dimanche automnal, sous votre armure, vous seriez tenté de défaire le sort pour libérer l’enchanteur quelque peu désenchanté et, au passage, lui expliquer votre façon de penser à la Viviane. Sauf que se rendre dans la forêt de Brocéliande, c’est être capable de faire feu de tout bois. Car de tous les chemins qui mènent au bosquet, il n’en faut suivre qu’un seul. Mais lequel ?!
Aujourd’hui encore, les spécialistes se tâtent, certains arguant que Brocéliande, "mais c’est par là , bien sûr, direction forêt de Paimpont en Ille-et-Vilaine !", tandis que d’autres rétorquent : "mais non, suivez plutôt par ici à Quintin !" Nous n’aurons pas l’audace de nous avancer sur le sujet ; après tout, vous aurez bien le temps de quelques balades dominicales pour choisir votre forêt.
En tout cas, il faudra vous rendre là -haut sur la colline (avec un petit bouquet d’églantines si vous voulez). En effet, d’aucuns disent que Brocéliande vient de "brec’h", terme celtique désignant donc… la colline, et que l’on retrouve à Brecheliant, Brècheliant, Bréchilien, Brécilien et bien d’autres encore. Brécilien qui d’ailleurs se situe en seigneurie de Paule, non loin de Carhaix, et qui désigne une motte en milieu humide. Or une motte n’est pas une colline.
Allons bon. Et que reste-t-il aux habitants de Paimpont qui bombaient le torse à chaque fin de banquet, se targuant de loger "près du fameux bois, mais si, vous savez, celui de Merlin !". Le problème voyez-vous, c’est qu’entre les légendes qui se sont superposées et les siècles passés depuis le Moyen Âge, Brocéliande s’est quelque peu… dispersée. Mais si ce n’est pas en forêt de Paimpont, est-ce à Quintin  ? Ou Merlin erre-t-il plus loin en Bretagne, voire même en Cornouaille ?
Autant dire que rien n’est moins sûr et à l’instar des chevaliers de la Table Ronde, ils sont quelques-uns à se battre à coups historiques de définitions de lieux… Et comme par magie, la forêt de Brocéliande se retrouve partout, pourvu que ce soit celtique, et finalement nulle part ailleurs que dans une légende moyenâgeuse remplie de barbus plastronnés et de fées plongeant dans des lacs…






















commentaires
Hummm... pas si sûr, lisez plutôt ces extraits de la page Wikipédia (fr.wikipedia.org/.../...) :
La forêt de Paimpont est la localisation possible la plus anciennement revendiquée et la plus reconnue pour Brocéliande depuis le milieu du XIXe siècle, mais pas la seule.
Les auteurs anciens étant muets sur la localisation de Brocéliande, il existe plusieurs hypothèses de valeurs inégales pour la situer.
Pour Wace, elle se situe en Bretagne armoricaine alors que pour Chrétien de Troyes elle semble se situer outre-Manche. L'une de ces hypothèses serait que Brocéliande n'a jamais existé. [...]
Aux XVIIIe et XIXe siècles, les auteurs romantiques défendent différentes localisations : l'abbé de La Rue évoque la forêt de Lorges près de Quintin9, Châteaubriand l'identifie à Becherel, […] Certains auteurs, dont le plus imaginatif semble être Blanchard de la Musse, retrouvent la charte des Usemens de Brecilien datée de 1467, et placent le Tombeau de Merlin et le val sans retour dans les environs de Montfort et de Paimpont11. Dès la fin du XVIIIe siècle, « l'identification entre la forêt de Paimpont et Brocéliande constitue comme une sorte de vérité historique »12 et en 1835, elle fait pratiquement l'unanimité.
Depuis les années 1980, des auteurs commencent à la mettre en doute, plaçant Brocéliande à Huelgoat, à Paule, dans la région de Dol voire en Normandie (ce qui, pour cette dernière hypothèse, est contraire aux textes les plus anciens).
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