Prenons exemple de celles qui revendiquent en leur chaste sein… un saint : Saint-Herblain, Saint-Sébastien-sur-Loire, Saint-Jean-de-Boiseau, Sainte-Luce-sur-Loire, Saint-Léger-les-Vignes… Dans l’ordre, nous avons donc affaire à un moine, Hermeland devenu Herblain. Puis, à un Sébastien à qui se voua la paroisse d’Aigne, ce qui, soit dit en passant, transforma ladite paroisse en Saint-Sébastien-d’Aigne jusqu’en 1789 où elle le perdit, son d’Aigne. Quant à Jean de Bouguenais, c’est un an plus tard, en 1790, qu’il devint de Boiseau. De Luce à qui se dévoua l’église alors sur la paroisse de Chefsail, on retiendra qu’orthographiée avec un "i" et donc devenue Lucie, la voici promue patronne des aveugles, électriciens et tout ce qui se rapporte aux yeux (qu’elle avait fort beaux, dit-on). Enfin, la liste s’achève avec un évêque dont les reliques à Poitiers ne doivent pas peser bien lourd.
Ainsi, dans la perspective de 2030, nous pourrions dire bien des choses, en somme… de façon agressive : "Faut-il tant de saints en République que cela ne paraisse abusif ?" ; amicale : "Ne seriez-vous un tantinet clérical ?" ; descriptive : "Sont-ce des lieux de pèlerinage ? De si pieux villages ? Des bourgs bien sages ? Que dis-je, du bon Dieu, est-ce la coursive ?". curieuse : "Tous ces saints, serait-ce donc un besoin impérieux contre le Malin ?" ; gracieuse : "Aimez-vous à ce point les communes ligériennes qu’il vous plaît de les rendre dévotieuses et leur éviter ainsi de paraître béotiennes ?" ; truculente : "Est-ce que, lorsque vous y habitez, à dos d’éléphant vous vous y flagellez ?"
Longue serait la tirade si on s’y laissait aller, mais le temps passe et il faut proposer. Avec ou sans long nez, pourvu qu’il soit creux pour tomber dans le mille, nous pourrions donc remplacer Saint-Herblain par Téton-Urbain, parce qu’il faut bien être joueur et, tout en se gardant de salacité, faire honneur à la phonétique qui peut transformer un religieux en citadine mamelle.
Saint-Sébastien-sur-Loire pourrait retrouver ses fastes du temps où les pèlerins s’y pressaient en modifiant juste l’objectif de ces pénitents ; ainsi, une gay pride et quelques joyeux homos donneraient à la ville le nom d’Archer-sur-Cupidon, voyez ainsi l’hommage au martyr transpercé et à l’amour diversifié !
Plus naturel encore s’il était possible, Saint-Jean-de-Boiseau deviendrait Bouguenais-Zoo dans une phonétique qui relierait les époques de son histoire tout en saluant l’aspect verdoyant et animalier des lieux (les veaux, les vaches et quelques cochons, entre autres).
Pour Sainte-Luce-sur-Loire, et en hommage à la lumineuse patronne, Lumière-sur-Mer, cela sonnerait élégant, lumineux et humide (si, si l’on y réfléchit bien, au bout de la Loire, il y a la mer ; c’est important pour les millions de touristes attirés tels des lapins se jetant dans les phares des voitures).
Quant à Saint-Léger-les-Vignes, oublions Poitiers et les restes putréfiés d’un évêque pour souligner le plus doux, à savoir les vignes. Pompette-sur-Grains, cela sonne bien avec ce petit côté festif de fin de banquet…
Alors en attendant 2030, il ne fait point de doute qu’entre éléphant et géants, de vignes en bord de Loire, Nantais et autres Ligériens d’imagination sont débordants !
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