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    Chomlaik, ép. 5

    Cap-Vert, Jenifer Solidade : porter la musique traditionnelle vers son futur

    Jenifer Solidade Jenifer Solidade - © Marion Gommard-Jouan

    Jenifer Solidade chante la morna depuis l'enfance. Elle est aujourd'hui chanteuse professionnelle à Mindelo, sur l'île São Vicente de l'archipel du Cap-Vert. En 2011, elle est partie à Lisbonne, au Portugal, pour suivre des cours de technique vocale. Son premier album, Um Click, est sorti en 2015. (Cinquième épisode du feuilleton Chomlaik).

     

    Comment avez-vous débuté dans la musique ?

    J'ai toujours aimé chanter. La musique fait partie de ma famille. Mon cousin joue de la basse, ma tante chante lors de mariages traditionnels ou de baptêmes… et surtout, je me rappelle avoir passé beaucoup de temps avec mon père, à la maison, à écouter de la musique capverdienne. Il l'aimait tellement ! C'est cela qui m'a donné envie de chanter.

     

    Pourquoi la musique capverdienne est-elle importante ?

    Les traditions sont importantes. Ce sont les racines des Cap-Verdiens, et nous nous sentons bien lorsque nous entretenons les traditions, lorsque nous chantons. La morna fait partie de notre ADN. C'est un héritage de nos ancêtres. Les chansons, les compositions, les mélodies… tout cela doit être continué et valorisé. Ceci étant dit, je pense que la morna peut évoluer et qu'elle se marie bien avec d'autres influences musicales. Je peux ajouter des éléments d'autres répertoires dans mes chansons, mais on reconnaît toujours le style de la morna. Les traditions ne sont pas figées, et la musique doit évoluer.

     

    Comment envisagez-vous le futur de la morna ?

    La morna représente le Cap-Vert à l'étranger, et je crois qu'il ne disparaîtra jamais. Elle progressera sans doute, le style connaîtra des évolutions au fil des années… mais il ne perdra pas son essence. La morna est la vie quotidienne des Cap-Verdiens ; c'est l'amour, la famille, la saudade (un sentiment très présent dans la culture capverdienne). Elle existera donc toujours, pour pouvoir transmettre ces émotions.

     

    Avez-vous un message à faire passer ?

    Si vous ne connaissez pas encore la morna, je vous invite à en écouter sur le web. Il y a beaucoup de grands artistes capverdiens ! Écoutez Cesaria Evora, Tito Paris, Elida Almeida, etc. C'est un style qui représente le Cap-Vert, donc si vous voulez connaître ce pays, écoutez de la morna !

     

    Acheter le CD Um Click

     

    Texte original de Marion Gommard-Jouan sur www.chomlaik.com (traduit de l'anglais).

     

     

    La parade de Mendinga © Marion Gommard-Jouan

    Cliquer sur l'une des images pour l'afficher en grand.

     

     

    L'auteure

    Marion Gommard-Jouan, globe-trotteuse des arts vivants

    Marion Gommard-Jouan

    Marion n'a pas perdu de temps. Des études brillantes, une belle expérience professionnelle à l'étranger, un mariage d'amour, et maintenant un tour du monde comme voyage de noces… pas mal à seulement 26 ans. Après avoir grandi au Mans, la jeune femme aussi douce et souriante que déterminée a fait ses études à Nantes : une classe préparatoire, puis l'école prestigieuse Audencia, qu'elle a choisie pour son master spécialisé sur les organisations culturelles et son ouverture sur l'international. "Avant d'être diplômée, je suis partie au Cambodge. J’y ai été embauchée et en parallèle, j'ai suivi des cours du soir et ai terminé là-bas mon master en management des institutions culturelles."

    Elle occupe pendant près de quatre ans le poste de responsable communication pour Cambodian Living Arts et rencontre de nombreux artistes traditionnels. Leur vision de l'art l'interpelle et lui donne envie de la confronter à celle d'autres professionnels de l'art traditionnel à travers le monde. Un projet qui rejoint un autre rêve, planifié depuis des années avec son petit copain David Jouan, 29 ans aujourd'hui, amoureux de la Bretagne et marin aguerri : un tour du monde à la voile. Fin 2014, le couple fait un aller-retour vers la France pour se marier et Marion trouve une nouvelle mission, "six mois pour le festival Musiques Métisses à Angoulême". L'été dernier, ils achètent leur voilier, un monocoque en acier de 10 mètres.

    Après un voyage d'un mois et demi en Inde, Marion et David ont entamé leur tour du monde à la voile le 11 novembre dernier. À chaque escale, ils rencontrent des acteurs de l'art traditionnel, dénichés grâce à des associations locales, au réseau des Alliances françaises… et directement sur le terrain. Les interviews sont rassemblées sur un site, Chomlaik.com. "En khmer, chomlaik signifie étrange, bizarre. C'est un clin d’œil au Cambodge où est né le projet, et j'ai choisi ce nom parce qu’en faisant dialoguer ces artistes du monde, il ressort des similarités mais aussi parfois des différences étonnantes. On prend souvent l’autre, l’inconnu, l’étranger pour bizarre."

    En savoir plus : www.chomlaik.com / Marion Gommard-Jouan sur Linkedin

     

    Bonus : la danse magique de dauphins autour du voilier de Marion et David...

    Dolphins from Marion Gommard on Vimeo.

     

    Thibaut Angelvy

     

    Lire tous les épisodes du feuilleton Chomlaik

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