Actualités : inscription à la newsletter de Terri(s)toires

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    C'est vous qui le dites
    C'est vous qui le dites Puisqu'on vous le dit ! Cet espace vous est en effet réservé, sous réserve de prendre vous-mêmes la parole. Un point de vue à partager, un nouveau…


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…




  • Comment vont les fourmis ?

    -

    Écoutez l'émission de Jet FM sur l'économie sociale et solidaire (27 janvier 2017) :

     

    -

    Nos partenaires

    

    Chomlaik, ép. 12

    Colombie - Luis Carlos Salazar : self-made maker

    Luis Carlos Salazar Luis Carlos Salazar - © Marion Gommard-Jouan

    Luis Carlos vit à Pasto, dans le sud de la Colombie. En plus de mener son groupe de musique andine, Herencia – « héritage », au sens culturel – il est luthier. Il fabrique en particulier des instruments à vent et à cordes utilisés dans la musique traditionnelle des Andes. (Douzième épisode du feuilleton Chomlaik).

     

     

     

    Comment avez-vous commencé à jouer de la musique ?

    Principalement par curiosité ! Lorsque j’étais à l’université, j’assistais aux concerts de groupes d’autres régions. À cette époque, il y avait beaucoup de musique engagée et de chansons à texte. Il y avait un mouvement politique fort. On en entendait beaucoup parler dans les milieux étudiants. Alors mes amis et moi avons appris à jouer de la musique pour nous joindre à ce mouvement. Ce fut un processus empirique, car la musique andine est traditionnelle et basée sur l’expérience. Plus tard, des écoles furent créées, mais en général l’enseignement reste ancestral.

     

    Qu’est-ce que la musique représente pour vous ?

    La musique est devenue ma raison d’être. Je suis la personne que je suis à cause de la musique. Ma famille et mes amis sont également impliqués dans la musique ou dans l’art. Alors c’est un aspect central de ma vie.

     

    Pourquoi vient-on vous acheter vos instruments plutôt que des instruments industriels ?

    Je travaille pour des musiciens locaux. En particulier, plusieurs groupes ont besoin d’instruments de grande qualité. Par exemple, un musicien peut venir me voir et me dire, « j’ai besoin d’une quena [flûte traditionnelle des Andes] adaptée à ma taille ». Je fais les instruments sur-mesure. Ils sont donc de meilleure qualité et plus pratiques. C’est une belle manière de travailler, car je sais que mon client sera satisfait de l’instrument qu’il recevra.

    Concrètement, mes instruments sont avant tout de meilleure qualité que ceux fabriqués en série car j’apporte un grand soin à la sélection de la matière première. C’est ce que font tous les luthiers : pour un violon ou une guitare il faut choisir le meilleur bois possible pour lui donner un beau son. Si vous observez mes flûtes de bambou, vous ne trouverez aucune écharde, le toucher est régulier, la taille est standard, et ainsi elle a un bon son. Deuxièmement, mon travail de luthier est plus précis. J’accorde beaucoup d’importance à la finition.

     

    L'atelier de Luis Carlos Salazar

     

    Luis Carlos Salazar

     

    L'atelier de Luis Carlos Salazar

    Pourquoi est-il important de continuer à fabriquer des instruments traditionnels ?

    C’est essentiel pour que la tradition ne disparaisse pas. Les traditions sont mises en danger par le monde commercial. Maintenant on trouve des instruments en fibre de verre, ou en bois de très mauvaise qualité. Cela donne un son très différent. Nous devons garder le son de notre terre. Sinon, ce son deviendra standardisé et conformiste.

     

    Comment définissez-vous votre groupe Herencia ?

    Nous sommes plusieurs musiciens qui nous intéressons à la musique latino-américaine, alors nous nous sommes naturellement réunis dans ce groupe. Nous jouons une musique typique de cette région ainsi que d’autres territoires andins. Nous nous efforçons d’avoir un son aussi pur que possible, en évitant les outils modernes comme les instruments électroniques. Nous ne voulons pas faire de la « musique fusion », comme on dit maintenant, en mélangeant les rythmes locaux et étrangers. Nous sommes un groupe plutôt puriste, avec un son acoustique, et nous explorons autour de cette idée.

    Ici, à Pasto, il commence à y avoir un certain engouement pour ce type de musique. Chaque année, vers juin, des concerts sont organisés et beaucoup de musiciens se retrouvent à ce moment. Des écoles ont été montées et cela a eu pour résultat la création de pas mal de nouveaux groupes. Il n’en a pas toujours été ainsi. Il y a eu une époque où quelques groupes ont connu un certain succès avec la musique andine, mais ça n’a pas duré longtemps car on a imposé la musique commerciale aux gens. Enfin, récemment, certaines personnes ont réalisé qu’il était important de sauvegarder leur héritage culturel, et ainsi la musique traditionnelle commence à redevenir populaire. Il y a aujourd’hui davantage d’événements organisés autour de la musique et la danse folkloriques.

     

    Comment envisagez-vous le futur de la musique traditionnelle autochtone ?

    À travers la musique, nous portons le message des indigènes, qui souligne la beauté de la nature et de l’importance de l’écologie. Il s’agit d’une nouvelle tendance : on commence à transmettre ce message aux enfants. Ainsi, nous plantons une petite graine en eux. Nous avons été invités à participer au carnaval pour présenter la musique andine. Et cela n’est que le début, ce mouvement va s’agrandir. J’espère que cette connaissance atteindra plus d’endroits, et Dieu merci cela commence déjà à s’étendre.

    J’ai l’impression que les gens commencent à être conscients de l’importance des traditions. Non seulement dans la musique et les arts, mais aussi dans leur mode de vie. Sauver ce qui vous appartient, sauver notre terre… Et la culture a certainement un rôle important à jouer dans ce processus.

     

    Avez-vous un message pour le monde ?

    Faites partie de ce mouvement pour sauver votre patrimoine ! Récupérez votre héritage culturel et mettez en lumière vos réussites ! Ne vous retournez pas et n’ayez pas peur. Je vous en prie, soutenez les hommes et les femmes qui s’efforcent de sauvegarder leur culture ; soutenez les artisans et les musiciens émergents, et pas seulement les artistes commerciaux.

     

    Texte original de Marion Gommard-Jouan sur www.chomlaik.com (traduit de l'anglais).

     

     

    L'auteure

    Marion Gommard-Jouan, globe-trotteuse des arts vivants

    Marion Gommard-Jouan

    Marion n'a pas perdu de temps. Des études brillantes, une belle expérience professionnelle à l'étranger, un mariage d'amour, et maintenant un tour du monde comme voyage de noces… pas mal à seulement 26 ans. Après avoir grandi au Mans, la jeune femme aussi douce et souriante que déterminée a fait ses études à Nantes : une classe préparatoire, puis l'école prestigieuse Audencia, qu'elle a choisie pour son master spécialisé sur les organisations culturelles et son ouverture sur l'international. "Avant d'être diplômée, je suis partie au Cambodge. J’y ai été embauchée et en parallèle, j'ai suivi des cours du soir et ai terminé là-bas mon master en management des institutions culturelles."

    Elle occupe pendant près de quatre ans le poste de responsable communication pour Cambodian Living Arts et rencontre de nombreux artistes traditionnels. Leur vision de l'art l'interpelle et lui donne envie de la confronter à celle d'autres professionnels de l'art traditionnel à travers le monde. Un projet qui rejoint un autre rêve, planifié depuis des années avec son petit copain David Jouan, 29 ans aujourd'hui, amoureux de la Bretagne et marin aguerri : un tour du monde à la voile. Fin 2014, le couple fait un aller-retour vers la France pour se marier et Marion trouve une nouvelle mission, "six mois pour le festival Musiques Métisses à Angoulême". L'été dernier, ils achètent leur voilier, un monocoque en acier de 10 mètres.

    Après un voyage d'un mois et demi en Inde, Marion et David ont entamé leur tour du monde à la voile le 11 novembre dernier. À chaque escale, ils rencontrent des acteurs de l'art traditionnel, dénichés grâce à des associations locales, au réseau des Alliances françaises… et directement sur le terrain. Les interviews sont rassemblées sur un site, Chomlaik.com. "En khmer, chomlaik signifie étrange, bizarre. C'est un clin d’œil au Cambodge où est né le projet, et j'ai choisi ce nom parce qu’en faisant dialoguer ces artistes du monde, il ressort des similarités mais aussi parfois des différences étonnantes. On prend souvent l’autre, l’inconnu, l’étranger pour bizarre."

    En savoir plus : www.chomlaik.com / Marion Gommard-Jouan sur Linkedin

     

    Bonus : la danse magique de dauphins autour du voilier de Marion et David...

    Dolphins from Marion Gommard on Vimeo.

     

    Thibaut Angelvy

     

    Lire tous les épisodes du feuilleton Chomlaik

    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...