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De l'art et du tricot

Les devenirs d'Olga Boldyreff Peinture, sculpture, dessin, performance, photographie, radio, vidéo, écriture... Olga Boldyreff est une artiste polymorphe, une touche-à-tout qui explore l'art sous toutes ses formes - y compris le tricot ! - depuis plus de trente ans. "Une seule vie n'était pas suffisante, alors j'ai essayé d'en avoir plusieurs. J'ai donc toujours bougé et voyagé, notamment en Russie dont ma famille est originaire". Ses œuvres, métisses et surprenantes, sont de nouveau visibles à Nantes, cet été, au Château des ducs de Bretagne et dans l'orangerie du Jardin des plantes.

L'artiste Olga Boldyreff a trimbalé ses pelotes aux quatre coins de l'Europe, de la Russie, dont sa famille sa famille a dû s'exiler, au Pays de Galle où elle a été invitée, en passant par sa ville d'adoption, Nantes, où elle expose encore cet été. Inlassablement, elle a tissé dans les bus, les trains, sur les places publiques. Les fils noués par l'errance se sont ensuite transformés en sculptures géantes, en performances furtives, en wall drawing éphémères. "Les techniques comme le tricot sont généralement méprisées, sauf par des artistes de l'Arte Povera tels qu'Alighiero e Boetti ou de l'antiforme comme Robert Morris. J'ai toujours été indisciplinée et je voulais déstabiliser, remettre en question la pensée dominante, utiliser des techniques anonymes et accessibles à tous. Gilles Deleuze se demandait comment sortir de la philosophie par la philosophie. De même, j'ai voulu sortir de l'art par l'art, en utilisant des matériaux populaires". (cf. audio ci-dessous)

Le tricotin lui permet ainsi de tracer des lignes mobiles fixées sur des murs ou des tableaux qui peuvent être empaquetés entre deux expositions. Il implique aussi un autre rapport au temps et à l'espace. "J'ai mis plusieurs années à faire certaines œuvres. J'aime le temps lent, l'anachronisme, et je ne crois pas à l'évolution de l'art dans le temps : il suffit d'observer la modernité des dessins préhistoriques". L'artiste nomade n'a ainsi eu de cesse d'interroger le rapport au temps et à l'espace, les frontières entre beaux-arts et arts populaires, mais aussi les questions d'identité et de territoire. L'inspiration d'Olga puise en effet sa source dans sa double culture, celle d'une enfant d'exilés russes. "Ils avaient tout perdu : leur maison, leur famille et leur langue. Nous étions pauvres matériellement, mais riches intellectuellement". De ce côté, Olga a en effet de qui tenir : son oncle fut l'un des précurseurs de la photo en Russie, son père était ingénieur, sa mère chimiste et pianiste. Son grand-père, un cosaque, figure d'ailleurs en photo dans l'exposition Nantais venus d'ailleurs avec trois courts métrages de l'artiste.

Influences métisses

photo d'Olga Boldyreff Brune, douce et bouillonnante, Olga atteint désormais la cinquantaine, mais se souvient comme hier de son premier voyage en Russie, à 17 ans. "Cela a été un déclic, j'ai renoué avec ma famille et les liens ne se sont plus jamais déliés. Quand on a des parents immigrés, on tombe facilement dans le communautarisme ou dans l'oubli de ses origines. L'identité devient complexe, mais cela permet une distance et une belle liberté de pensée". Ces influences métisses et l'histoire familiale transparaissent dans le travail d'Olga, fascinée par les icônes orthodoxes et les poètes russes. Ses œuvres sont ainsi conçues pour pouvoir être évacuées à la sauvette et trimbalées facilement en cas de problème avec les autorités. "J'ai puisé à la fois dans le rationalisme français et dans l'âme slave empreinte de spiritualité". L'artiste continue d'ailleurs à naviguer à partir de son port d'attache, Nantes. "J'y ai étudié les beaux-arts et c'est une ville qui me convient. Elle ne me retient pas et l'eau incite naturellement au voyage. Mais mon seul territoire, c'est celui que j'ai construit, c'est l'art. Je peins tous les jours, parfois même la nuit. C'est ce qui me nourrit, c'est mon bonheur, ma famille".

Hommage à John Cage, clin d’œil à Marcel Duchamp, références à l'avant-garde russe... l'artiste enlace des influences multiples ; avec une seule ligne directrice : "Je n'ai jamais fait de concession : ce qui m'intéresse avant tout, c'est l'art. Je l'ai décidé dès l'enfance et j'ai tenu parole".

Olga commente ses œuvres...

Faux Monochrome (en tissu)                                                           Les Insaisissables (sculpture en crochet) -

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Adaptation (la malle) -                                                                     Les indéfinissables (wall drawing en crochet) -

                                          

 

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les Indéfinissables d'Olga Boldyreff

 

Ceci n'est pas -

Ceci n'est pas, tableau d'Olga Boldyreff

 

 

Exposition Pissat (littéralement écrire ou peindre, en russe) du 18 août au 12 septembre au Jardin des plantes, salle de l'orangerie.

L’exposition Pissat mélange des peintures de fruits et de légumes et des poèmes russes d’Alexandre Pouchkine, Anna Akhmatova, Ossip Mandelstam… Rencontre avec l’artiste vendredi 19 août à 11 h et samedi 10 septembre à 15 h

 

Nantais Venus d'ailleurs, au Château des ducs de Bretagne, jusqu'au 6 novembre 2011. Projection du film d'Olga D’un fleuve à l’autre les paroles du silence.

 

olgaboldyreff.blogspot.com

Alexandra Jore - Journaliste
Alexandra Jore - Journaliste

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