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    C'est vous qui le dites ! #22

    Demain : nos vies en souscription ?

    C'est vous qui le dites ! C'est vous qui le dites !

    À la suite de la lecture cet été d’un article sur l’engouement exceptionnel que les Français auraient actuellement pour le financement participatif ("crowdfunding", une douzaine de sites en France au moins y sont consacrés, certains très spécialisés), je me suis lancé sur un coup de tête et j’ai soumis à souscription mon prochain roman burlesque et satirique. Cela consiste en une forme de pré-vente de l’ouvrage avant sa réalisation, agrémentée de bonus (tel un recueil papier de mes chroniques humoristiques "métiers inconnus" parues dans Terri(s)toires).

    L’idée me trottait dans la tête depuis deux ans. À l’heure où j’écris, je ne sais pas si je parviendrai à atteindre mon objectif (il me reste deux jours pour y parvenir... la page est ici : http://fr.ulule.com/roman-humoristique), mais déjà l’expérience, en m’y plongeant, m’aura beaucoup appris :

    • D’abord que tous les métiers créatifs (de la musique à la littérature, du cinéma au documentaire, du graphisme au stylisme en passant par les arts plastiques, etc.) ont de plus en plus recours à ce mode de financement à cause de l’impact du numérique (soit une déflation de la valeur du travail auprès de ceux qui étaient précédemment les commanditaires, éditeurs, producteurs, etc.) et des nouvelles pratiques personnelles et collectives conséquentes à internet (tout le monde devient "concurrent" des professionnels ; tout le monde se médiatise et joue d’égal à égal dans la mesure des talents et savoir-faire).

    • Ensuite que le recours à la souscription touche tout le monde. Si on ne se limite même qu’à l’Ouest, c’est tout le territoire qui est parsemé, entre les projets (récurrents) de crêperie, on trouvera par exemple ces jours-ci un projet de conserverie artisanale à Lorient, une enrobeuse à chocolat, un camion à pizza, des livres, des documentaires, Terra Eco (un magazine basé à Nantes qu’il faudrait sauver), voire la, formidable pourtant, "Très petite librairie" de Clisson qui, comme bien de ses semblables, souffre des nouvelles pratiques culturelles. Et on passera sur, par exemple, les projets très personnels de voyages, même pas artistiques ou journalistiques, qui parviennent à se faire financer. Par ailleurs, il ne se passe pas une semaine sans que Ouest France n’évoque pléthore de projets humanitaires, caritatifs, associatifs (festivals, lutte contre ceci ou cela), ou patrimoniaux (châteaux en perdition…), habituellement soutenus par le contribuable, espérant aboutir grâce au financement participatif (ces derniers types de projet à ambition de bien public ayant d’ailleurs largement la faveur des internautes). La liste à la Prévert serait interminable. Le financement participatif est aujourd’hui devenu un bric-à-brac d’espoirs qui n’attend que d’être exploré par ces nouveaux chineurs que sont les internautes souscripteurs.

    • Parce que les bonnes idées se partagent…

      … et parce que nous croyons qu'il faut toujours favoriser le partage des idées, Terri(s)toires ouvre ses pages aux prises de parole des acteurs des territoires. Notre rubrique "C'est vous qui le dites !" est une chronique où nous souhaitons accueillir les points de vue les plus divers, ceux de simples particuliers et ceux d'experts patentés, parlant en leur nom propre ou pour le compte d'une organisation, d'une association ou d'un groupe… pour en tout cas provoquer le débat.

      Parmi les thématiques que nous privilégions, il y a celles qui intéressent la communauté des "Terri(s)toriens" : les initiatives sociétales de tous ordres, les modes de vie, et la culture dans son sens le plus large. Nous choisissons cependant de ne pas limiter les sujets potentiels, car c'est bien la nouveauté ou l'originalité des analyses, des opinions et des points de vue qui nous intéresse… et qui intéressera les lecteurs de Terri(s)toires.

      La rédaction se réserve le droit d'agréer les propositions qui lui seront faites. Pour proposer un texte, il suffit de nous contacter sur redaction@terristoires.info.

      Enfin, dernier constat, je découvre que parmi mes souscripteurs – car je ne peux parler que de mon exemple en ayant accès aux "profils" de mes soutiens – j’ai vu apparaître des personnes inconnues qui semblent en effet répartir une partie de leur épargne sur des projets qui n’ont pourtant rien à voir entre eux. Il apparaît qu’il y a une pratique solidaire, désintéressée, généreuse (certains ne veulent même pas de contreparties et restent dans le pur don) qui s’est spontanément instaurée dans ce pays depuis ces dernières années.

    Que se passe-t-il ? On ne se plaindra certainement pas que ces formes d’économies collective et alternative et ces solidarités soient en progression (d’ailleurs les sites de crowdfunding augmentent, se complexifient, il y a sans doute un marché énorme en train de se développer) et que, contrairement à ce qu’on pourrait dire, "les gens" ne sont pas indifférents "aux gens". Toutefois, vu l’ampleur, cela laisse rêveur : il apparaît en effet de façon générale, à lire les explications des demandeurs d’aide sur leurs pages, que les banques ne prêtent pas, que les éditeurs et producteurs fortunés ne paient plus, que les fonds publics ne suffisent plus… Tout semble être en train de passer à la souscription.

    Formidable que cela marche actuellement, mais espérons que le fait que "tout le monde soutienne tout le monde qui demande du soutien" (j’ai découvert ces trois derniers mois au moins cinq demandeurs de souscription que je connaissais à titre personnel, et ce, dans des domaines très variés) ne va pas nous mener à une déflation, non plus de la rémunération du travail de création ou d’entreprise comme on le constate depuis une décennie, mais de la valeur même de la notion de projet. La capacité du système à tout récupérer (ex : voir comment le covoiturage est devenu une affaire de gros sous ; et comment il est devenu incongru désormais de faire de l’auto-stop) étant ce qu’elle est… je frémis que nos salaires ou nos opérations chirurgicales banales, sinon l’éducation de nos enfants, ne dépendent un jour plus que de souscriptions et de la générosité publique, désintéressée, ou attirée par un "bonus". Car ce serait vraiment la crise, et pas que de rire.

     

     

    Francis Mizio - Journaliste
    Francis Mizio - Journaliste

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