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    Électro-pop et verdure : Moongaï à la Carrière de Fégréac

    La Carrière de Fégréac, écrin naturel pour l'art local. La Carrière de Fégréac, écrin naturel pour l'art local.

    Une soirée particulière, dans un lieu non moins particulier. Dans l'ancienne carrière de pierre devenue un lieu culturel de la petite commune de Fégréac, tout près de Redon, le duo nanto-nazairien Moongaï donnait un concert, accompagné pour l’occasion d’un pianiste et d’un ensemble à cordes. Compte-rendu d’une soirée passée entre musiques électroniques, expositions, cailloux et verdure.

    Mieux vaut être équipé d’un GPS pour se rendre à Fégréac. Et encore, d’un bon. Tapez "carrière de Fégréac" dans la barre de recherche, et vous trouverez tout sauf le lieu recherché. L’astuce, c’est de passer directement par le site officiel de la Carrière, où une Google Map situe exactement votre lieu d’arrivée qui, à regarder l’écran, a tout l’air d’un no man’s land… Point de street view ici, mais une adresse mystérieuse en guise de lieu de rendez-vous : 47.598340, -2.085990.

    Confirmation à mon arrivée sur place. C’est au milieu des champs que se trouve la carrière en question, qui n’est plus exploitée industriellement depuis 1939, mais est investie depuis tout juste 10 ans par une association culturelle des plus dynamiques. Serge Quilly, enseignant à la retraite, le regard doux et assuré, m’en dit plus sur le collectif, dont il est le coordinateur.

    "Vivre ensemble, et faire avec"

    Serge Quilly, enseignant à la retraite et coordinateur de la Carrière de Fégréac. "L’association La Carrière a été créée en 2005, sous l’impulsion de Christophe Rouxel, metteur en scène de la compagnie Icare de Saint-Nazaire, et de Gabriel Chauvel, paysagiste professeur à l’école supérieure du paysage de Versailles. À l’origine, ce lieu était quasiment impénétrable, avec une végétation inextricable. Mais il possédait une dimension assez magique. On sentait le potentiel… Depuis le début de l’aventure, 400 à 500 personnes venues de tout horizon ont travaillé sur le site pour le rendre praticable. Une des grandes caractéristiques de l’association, c’est sa grande mixité, aussi bien au niveau des origines socio-culturelles que des âges… Il y a un vrai mélange. Notre philosophie, ici, c’est vivre ensemble, et faire avec. Et le moteur qu’on s’est choisi pour ça, c’est l’artistique".

    Qui l’eut cru ? Depuis 2007, l’ancienne carrière de pierre, longtemps oubliée de tous, est devenue une adresse incontournable du théâtre en Loire-Atlantique. Christophe Rouxel y a dirigé plusieurs spectacles, dont trois inspirés du roman Gheel, du Suédois Per Odensten. Mais ce n’est pas tout. "Le lieu est visitable en accès libre, 24 h sur 24 et 365 jours sur 365", me précise Serge Quilly. "Au-delà du site en lui-même, tout en haut de la Carrière, un belvédère en châtaignier a été imaginé par l’artiste russe Nikolay Polissky, et construit avec l'aide de bénévoles de tout poil. On a aussi imaginé un petit musée, situé dans un ancien bâtiment, où l’on expose des objets qui ont servi dans nos spectacles passés...".

    Les étrangetés d’À deux doigts

    Oeuvre du couple de dessinateurs nantais À deux doigts.
    Oeuvre du couple de dessinateurs nantais À deux doigts.

    Oeuvre du photographe Singe (du collectif Chivteam)

    Eva Ménard du groupe de musique nanto-nazairien Moongaï.

    Eva Ménard du groupe de musique nanto-nazairien Moongaï

    Emballé par la présentation de Serge Quilly, j’entame un petit tour du propriétaire pour prendre la mesure de l’ampleur des lieux. Un petit chemin, traversant la végétation environnante, entoure idéalement la carrière. C’est ici que sont semées, le temps d’une soirée, les œuvres du couple de dessinateurs nantais À deux doigts. Entre deux arbres, on croise une femme à mamelles entourée de deux louveteaux (comme un écho inversé au fameux bronze La Louve romaine, allaitant les fondateurs de Rome, Romulus et Rémus), une langue qui semble sortir de terre, prête à avaler une petite pilule qui fait rire… et un homme squelette partageant une danse morbide avec une femme à la poitrine offerte.

    Après cette bien nommée Exposition d'étrangetés en forêt, direction l’incontournable belvédère, qui accueille également une exposition. Celle du photographe Singe (du collectif Chivteam), constituée autant de paysages urbains et exotiques que de portraits aux couleurs discrètes, qu’un visiteur distrait prendra pour du noir et blanc. Parmi ces photos, deux visages familiers : une rousse au regard mélancolique et un brun ténébreux. Ce sont les membres de Moongaï, que je retrouve quelques minutes plus tard sur scène…

    La cosmofamille Moongaï en grande forme

    Eva Ménard et Grégoire Vaillant, ces noms ne vous disent pas forcément quelque chose, et pourtant… Les deux acolytes qui forment le duo nanto-nazairien Moongaï sont loin d’être des inconnus, du moins outre-Manche, voire outre-Atlantique. Leur premier album, Cosmofamille, a fait l’objet d’articles remarqués dans le Guardian et dans l'hebdomadaire américain des professionnels de la musique, le Billboard. L’an dernier, ils se sont vu confier la direction artistique d'une symphonie pop autour du centenaire de la Première Guerre mondiale, jouée à guichet fermé dans la grande serre du parc de Liverpool en compagnie d'artistes russes et anglais.

    Bref, pas les derniers des tocards, ces Moongaï. Et le concert dans l’incroyable cadre qui s’offre à moi (une scène entourée de végétation et de bâtisses en bois faisant office de loges) ne fait que le confirmer. Eva et Grégoire présentent ce soir en avant-première une partie des morceaux de leur deuxième album à paraître, et sont entourés pour l’occasion du pianiste anglais Jon Hering et du quatuor à cordes Øpéra. Une mouture qui sied parfaitement aux compositions electro-pop de Moongaï, leur apportant même une dimension inédite. On sait depuis Björk et son intemporel Homogenic (1997) que l’alliage électro / ensemble de cordes / voix féminine est ce qu’il y a de plus précieux. Les Nanto-nazairiens nous le rappellent, y ajoutant une touche quasi-athlétique.

    Notre Titanic ne coulera pas

    Aucun doute, Eva Ménard se donne à fond sur scène, gesticulant dans tous les sens dans sa robe noire d’où se détachent cette crinière fauve et ce visage immanquablement expressif. Le highlight de la soirée, pourtant, ne viendra pas de sa détermination artistique évidente, mais des hasards de la météo. Peu à peu, la nuit tombe, bientôt suivie d’une courte mais intense averse. La diva électro continue son morceau, comme si de rien n’était, puis quitte la scène sous une standing ovation.

    Quelques minutes plus tard, c’est le quatuor Øpéra qui réinvestit seul la scène, alors que tombent toujours des cordes (de pluie...). Les techniciens leur dressent un parapluie de fortune (un parasol, en fait !), et les quatre musiciens entonnent le sublimissime second mouvement de La jeune fille et la mort, de Schubert. À cet instant, je ne peux m’empêcher de penser à l’orchestre du Titanic qui, comme pour défier les forces de la nature a, selon la légende, joué jusqu’au dernier souffle. Retour à la réalité : ce soir, tout va bien. L’été reprend vite ses droits, et la Carrière de Fégréac le calme qui semble l’habiter depuis toujours... jusqu'au prochain concert qui fera vibrer ce surprenant lieu de culture !

     

    En savoir plus :

    www.lacarrierefegreac.org

    http://moongai.com

    Matthieu Chauveau - Journaliste
    Matthieu Chauveau - Journaliste

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