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    Festival nantais en sursis

    Hip "hope" session

    Hip Opsession - battle de break-dance Hip Opsession - battle de break-dance

    À Nantes, septième vague d'Hip Opsession du 17 février au 6 mars. Et pour l'édition 2011, le festival hip-hop se prolonge même jusqu'à Saint-Nazaire. Bien implanté sur son territoire et reconnu au niveau international, Hip Opsession est néanmoins en sursis. Faute de moyens suffisants, le festival ne survit que grâce à la motivation de ses organisateurs, regroupés autour de l'association Pick Up Production. Nicolas Reverdito, directeur, exprime ses inquiétudes sans langue de bois.

     

    Hip Opsession s'est fait un nom et fête son septième anniversaire. On pourrait croire que le festival est parvenu à sa vitesse de croisière, mais paradoxalement, il n'a jamais été aussi menacé. Comment est-ce possible ?

    "Le festival fait venir du monde de loin, même de l’international, mais mettre les moyens en face est plus compliqué. En cause : la crise, la fin des contrats aidés… Sur les quatre salariés de Pick Up, deux bénéficient par exemple d’emplois-tremplins qui se termineront en 2012. Quand on a commencé, on était jeunes et fougueux, prêts à bosser pour pas grand-chose. Mais cela fait maintenant sept ans qu'on se bat pour la reconnaissance du hip-hop, et on a l'impression que rien n'a bougé : il n'y a pas d'argent pour ce mouvement !

    Sept ans d'engagements

    Break-dance, graffitis, rap, beatmaking... Lors des trois semaines du festival Hip Opsession, créé par Nicolas Reverdito de Pick Up Production, en 2005, toutes les disciplines du mouvement hip-hop sont mises à l'honneur. À travers des concerts, des battles et des spectacles, mais aussi des projections cinématographiques, des expositions, des débats et des conférences, des stages d'initiation... En tout, ce sont six organisateurs, une quarantaine de bénévoles et plus de 350 artistes de 19 pays à travers le monde qui participent à l'événement ! La moitié du budget provient d'aides et de subventions, l'autre moitié est issue de l'autofinancement. Ouvert à tous les styles et tous les publics, le festival nantais se démarque par une programmation pointue et des valeurs solidement ancrées : promotion des artistes locaux, proximité, pédagogie, accessibilité, solidarité...

    O.K., nous sommes soutenus par des collectivités, mais les institutions publiques ne veulent pas s'engager de manière conséquente et multiplient les petites subventions. La survie est toujours plus compliquée chaque année. En 2011, le bilan ne s'annonce pas brillant, et tout ce que nous espérons, c'est de pouvoir passer l'année sans licenciement économique. Du coup, on a du mal à se projeter..."

     

    Pourtant, le festival a su s’imposer comme une référence, et cela, sans jamais trahir sa "cause". Qu’est-ce qui vous a toujours motivés ?

    "Notre volonté est de privilégier la diversité, mais tout en essayant d'être pointus. Notre objectif, c'est de faire venir les meilleurs et de créer un événement à taille humaine. Si on voulait faire du fric, on partirait du Lieu Unique pour une salle plus grande, comme le dernier battle de Montpellier, qui s'est déroulé dans une salle de 14 000 places. Tu ne vois rien, le premier rang est à 15 mètres des danseurs… On préfère créer une relation de proximité entre les artistes et le public. Si je voulais, je n'inviterais pas de crews coréens ou américains pour ne prendre que des Européens, ça coûterait moitié moins cher et personne ne s'en rendrait compte ! Mais c'est pour ça que le festival est reconnu comme un événement de premier ordre au niveau européen. De même, nous sollicitons cinq jurés plutôt que trois pour que la décision du jury soit plus respectée, mais ça fait deux billets d'avion en plus. Et pour tout ça, nous avons besoin de subventions ! Ce n'est pas possible sans être aidés davantage, ou alors il faudrait vendre la place à 50 € au lieu de 15 € comme maintenant..."

     

    Le recours aux partenaires privés et à davantage de publicité est-il une solution ?

    Hip Opsession - Nicolas Reverdito "Pas vraiment. Beaucoup d'événements acceptent n'importe quoi : Adidas te donne dix joggings et cinq paires de chaussures et t'es content ! Dans notre logique de reconnaissance et de professionnalisation, nous refusons ce genre de partenariats. Éthiquement, nous ne sommes pas prêts à tout accepter : les annonceurs doivent payer convenablement et ne pas avoir un droit de regard sur notre ligne artistique. Des milliers de vidéos du battle de break-dance se retrouvent sur le web, les retombées pourraient être énormes pour un annonceur, et on demande donc 20 000 € pour sigler la piste de danse. On n'a jamais réussi à vendre cet espace."

     

    Festival engagé, Hip Opsession mène par exemple une politique volontariste en direction du public malentendant. Ce type d'actions peut-il être menacé ?

    "Ça fait quatre ans que Laetitia Tual et Karine Bascougnano, de l’association T.A.C, traduisent le battle ou des conférences, et présentent le festival en vidéo (voir ci-dessous). Il y a même un bus rempli de personnes malentendantes qui vient spécialement de Paris pour le battle ! Laetitia est très volontaire, mais je lui dis de ne plus venir, car nous ne sommes pas subventionnés pour, et je pense que nous devrions arrêter ce genre d'actions pour que l'on se rende compte de leur importance ! On a demandé des aides qu'on n'a pas eues, mais on a fait quand même : on a peut-être trop fonctionné en passionnés."

     

    Et vous parvenez à conserver la passion malgré les difficultés ?

    "On garde le moral, car on est fiers de l'événement, mais on le vit en mode carpe diem ! Personnellement, mon objectif est de pérenniser Pick-Up et, un jour, de partir avec un remplaçant, mais ce qui est sûr, c'est que ça ne sera pas dans dix ans !"

     

    Une nouvelle dimension

    Hip Opsession 7 - affiche Chaque année, le festival innove, mais cette année, les organisateurs ont fait fort. Première nouveauté du cru 2011 : Hip Opsession sort de son territoire nantais pour jouer les prolongations à Saint-Nazaire. L'association West team va en effet y organiser les qualifications France pour un "méga battle" de break-dance dont la finale se déroulera en Russie. À Nantes, les battles se diversifient aussi avec l'apparition des catégories féminine et junior qui renforceront un peu plus le côté "famille" de l'événement.

    Par ailleurs, les acteurs locaux seront encore plus présents, notamment parce que le TNT va accueillir plusieurs petits spectacles de danse et que le festival a intégré à sa programmation des événements locaux tels que les "funky saturday" de Deejah Pharoah.

    Mais les deux grandes nouveautés sont l'organisation d'un salon hip-hop dans les locaux de Pol'n (samedi 5 mars) pour "fédérer et favoriser les rencontres", dixit Nicolas Reverdito, et l'installation d'une exposition à l'Atelier, dans le quartier de Talensac. "Il s'agit d'un vrai lieu d'expo d'art. Un espace superbe, très classe. Avant, les expositions avaient lieu à Pol'n (siège de Pick Up, ndlr) ou à Cosmopolis qui est positionné sur l'axe interculturel. Le fait que l'Atelier reçoive une exposition hip-hop est une vraie reconnaissance de la valeur artistique du mouvement." Basée sur l'univers du train, cher aux graffeurs, humoristiquement intitulée "La vie déraille", l'exposition mêle graffitis, photos, vidéos et pochoirs... et devrait mériter le détour.

     

    Festival Hip Opsession, du 17 février au 6 mars à Nantes et Saint-Nazaire.

    Plus d'infos, programme et réservation sur www.hipopsession.com

     

    Hip Opsession 3 - affiche

    Hip Opsession 4 - affiche

    Hip Opsession 5 - affiche
    Hip Opsession 6 - affiche Hip Opsession 7 - affiche Hip Opsession 7 - affiche de l'exposition

     

    Le programme d'Hip Opsession 7 présenté en langage des signes par Laetitia Tual :

     

    Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef
    Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef

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