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    Chomlaik, ép. 6

    Joël Jacota : promouvoir la Guadeloupe à travers sa culture

    Le carnaval de Guadeloupe Le carnaval de Guadeloupe - © Marion Gommard-Jouan

    Depuis 2008, Joël Jacota est président du Groupement pour la culture et le carnaval en région Pointoise (autour de la ville principale, Pointe-à-Pitre). Le collectif organise le carnaval de l’ile de Guadeloupe sur une période variant chaque année, entre janvier et mars. (Sixième épisode du feuilleton Chomlaik).

     

    Qu'est-ce que le carnaval de Pointe-à-Pitre ?

    Le carnaval est l'événement culturel majeur en Guadeloupe. Il a toujours existé depuis que nos ancêtres sont arrivés : à l'époque de l'esclavage, ils devaient se cacher pour le fêter. La période du carnaval est très importante dans notre communauté ; s'il n'existait pas, je pense que la Guadeloupe tomberait en morceaux. Après les fêtes de Noël et du Nouvel an, tout le monde a l'esprit tourné vers le carnaval. Sa durée varie selon les années ; il peut durer dix semaines, mais cette année il n'a malheureusement duré que cinq semaines, plus les cinq jours "gras". C'est une période très festive, que les gens préparent beaucoup et longtemps à l'avance. Qu'il dure longtemps ou pas, il y a toujours de nombreux visiteurs. Le carnaval joue un rôle important dans nos coutumes. Aujourd'hui, le carnaval existe aussi parce que le Groupement pour la culture et le carnaval en région Pointoise (GCCRP) s'efforce d'en faire un événement attractif qui peut générer des retombées économiques. La participation financière des institutions publiques est en baisse, donc nous essayons d'augmenter nos revenus. Et je pense que si nous parvenons à créer un "produit carnaval" attractif, nous aurons un carnaval encore plus merveilleux.

     

    Qui sont les carnavaliers ?

    Plusieurs cultures sont représentées lors du carnaval de la Guadeloupe qui réunit des Brésiliens, des Haïtiens, des Dominicains, des habitants de Saint-Domingue… et même des Bretons qui se sont regroupés pour y participer ! Et, bien sûr, il y a aussi des Guadeloupéens qui jouent de la musique traditionnelle. Des "musiques à peaux", par exemple, dans lesquelles les percussions sont fabriquées avec des peaux d'animaux, des musiques avec des cymbales, des sortes de grands fûts, que l'on trouve dans certains pays des Caraïbes, ou encore des groupes traditionnels qui jouent sur des caisses claires et des barils en plastique. La musique est une composante importante de notre carnaval.

    Cette variété étonne tout le monde dans les Caraïbes. Par exemple, lorsque nous nous rendons au carnaval de Sainte-Lucie, chaque année en juillet, les habitants sont surpris : ils voient les Guadeloupéens et les Martiniquais jouer leur propre musique, avec leurs propres instruments traditionnels, alors que leur musique est plus moderne, plus "synthétisée". Cette diversité rend notre carnaval unique au monde. Ce grand événement pose aussi question, car les gens se demandent comment un aussi petit territoire que la Guadeloupe peut avoir un aussi beau carnaval ! Cette année, nous avons dû gérer plus de 70 groupes le jour principal, entre midi et 22 h, et nous avons accueilli environ 150 000 spectateurs.

     

    Comment êtes-vous arrivé à la tête du carnaval de Pointe-à-Pitre ?

    Je suis passionné par le carnaval. Je l’ai dans la peau depuis tout petit ! Je veux que l'archipel de la Guadeloupe soit connu dans le monde pour son carnaval. Je veux que les visiteurs viennent entre le premier janvier et la mi-carême avec l'intention de découvrir cette manifestation culturelle. Je veux que les touristes viennent sur le port pour le carnaval, au lieu d'être surpris de se retrouver au milieu. Je souhaite travailler davantage avec des tour-opérateurs afin de créer des projets communs, et même autoriser les visiteurs à participer ! Ils pourraient voir en avance les costumes prévus pour le spectacle, choisir leur groupe, puis défiler avec les carnavaliers.

     

    Pourquoi est-ce important de préserver la culture du carnaval ?

    Tout simplement, c’est un pan du patrimoine de Guadeloupe. Il y a eu des personnes pour organiser le carnaval avant moi, et il y en aura d'autres après. Une personne a particulièrement marqué le carnaval de Pointe-à-Pitre : Louis Colomb. Il faisait partie de l'organisation du carnaval, et aujourd'hui il est président de l'Office du Carnaval de Guadeloupe. Il a publié de nombreuses études sur cette manifestation culturelle et, avec de nombreuses autres personnes, il entretient et préserve la mémoire du carnaval. C'est important pour moi que cette histoire et cet héritage soient transmis, et faire de notre île une "destination carnaval" y contribue.

     

    Est-ce que les artistes qui participent suivent un format traditionnel, ou est-ce qu'ils créent chaque année de nouveaux costumes et de nouvelles œuvres musicales ?

    Il n'y a pas de thème imposé pour le "dimanche gras", le jour le plus important du carnaval, et les groupes viennent avec leurs propres créations. Cette année, par exemple, un groupe a représenté un danger pour notre faune, le poisson-lion, et c'était magnifique. Les groupes travaillent dans leurs communautés, et ils créent un nouveau spectacle pour chaque manifestation. Du coup, les parades changent chaque année : ce que les artistes montraient il y a trente ans est assez différent de ce que l'on peut voir aujourd'hui, et ce sera aussi différent dans trente ans.

    Le GCCRP organise plusieurs compétitions chaque année afin d'encourager les groupes participants à faire les plus beaux costumes et les plus belles parades. Il y a une vraie motivation pour le grand prix, car nous invitons le groupe gagnant , une cinquantaine de personnes, au carnaval de Sainte-Lucie pendant une semaine. Les vainqueurs des compétitions de musique et de parade remportent aussi 3 000 €. Si nous avions un budget suffisant, nous pourrions inviter chaque groupe lauréat dans un carnaval caribéen différent ! Cela contribue à mettre du piment dans la sauce carnaval !

    Nous recherchons donc de nouveaux financements et intensifions notre communication avec la presse pour mettre notre patrimoine en avant.. Et lorsque le carnaval sera assez connu, peut-être que d'autres artistes, des designer par exemple, viendront pour travailler avec les participants locaux et contribuer à l'élaboration des parades. Pour le moment, tous les groupes s'occupent eux-mêmes de chaque détail de leur spectacle. Nous nous assurons qu'ils ne prennent pas d'idées à l'extérieur. Tout doit découler d'un concept made in Guadeloupe, et tout doit être fabriqué ici !

     

    Comment envisagez-vous le futur du carnaval ?

    Toujours rester guadeloupéen, tout en incluant les groupes présentant des cultures extérieures – comme par exemple le groupe Brésil Créole qui participe aujourd’hui.

    Nous voulons aussi observer ce qui fonctionne dans d'autres carnavals, comment les autres s'organisent, et continuer d'améliorer notre événement. Et je suis persuadé que d'autres organisateurs de carnavals regardent notre manière de travailler pour intégrer de bonnes pratiques dans leur organisation ! Nous avons par exemple lancé un système visant à ce que les groupes arrivent et quittent des endroits spécifiques à des moments précis. J'encourage d'autres communes organisatrices à faire la même chose, car souvent on voit les groupes venir et partir quand ils veulent… et lorsqu'on voit des costumes magnifiques dans une parade qui commence au crépuscule, c'est frustrant !

     

    Avez-vous un message à faire passer ?

    Nous sommes un peu éloignés de l'Europe, mais chaque jour il y a un avion qui décolle pour Pointe-à-Pitre. Donc j'ai envie de dire "Venez chez nous !". C'est une île magnifique. Les gens parlent beaucoup de la violence, mais la violence existe partout, pas seulement en Guadeloupe. Certains médias américains recommandent désormais la Guadeloupe comme une attraction, et je pense que les médias de métropole et du reste de l'Europe pourraient faire la même chose. Venez passer une semaine aux Antilles, et vous verrez ! Surtout si vous venez en janvier, en février ou début mars : vous serez heureux !

     

    Texte original de Marion Gommard-Jouan sur www.chomlaik.com (traduit de l'anglais).

     

     

    Un carnaval dans la campagne guadeloupéenne © Marion Gommard-Jouan

    Cliquer sur l'une des images pour l'afficher en grand.

     

     

     

     

    L'auteure

    Marion Gommard-Jouan, globe-trotteuse des arts vivants

    Marion Gommard-Jouan

    Marion n'a pas perdu de temps. Des études brillantes, une belle expérience professionnelle à l'étranger, un mariage d'amour, et maintenant un tour du monde comme voyage de noces… pas mal à seulement 26 ans. Après avoir grandi au Mans, la jeune femme aussi douce et souriante que déterminée a fait ses études à Nantes : une classe préparatoire, puis l'école prestigieuse Audencia, qu'elle a choisie pour son master spécialisé sur les organisations culturelles et son ouverture sur l'international. "Avant d'être diplômée, je suis partie au Cambodge. J’y ai été embauchée et en parallèle, j'ai suivi des cours du soir et ai terminé là-bas mon master en management des institutions culturelles."

    Elle occupe pendant près de quatre ans le poste de responsable communication pour Cambodian Living Arts et rencontre de nombreux artistes traditionnels. Leur vision de l'art l'interpelle et lui donne envie de la confronter à celle d'autres professionnels de l'art traditionnel à travers le monde. Un projet qui rejoint un autre rêve, planifié depuis des années avec son petit copain David Jouan, 29 ans aujourd'hui, amoureux de la Bretagne et marin aguerri : un tour du monde à la voile. Fin 2014, le couple fait un aller-retour vers la France pour se marier et Marion trouve une nouvelle mission, "six mois pour le festival Musiques Métisses à Angoulême". L'été dernier, ils achètent leur voilier, un monocoque en acier de 10 mètres.

    Après un voyage d'un mois et demi en Inde, Marion et David ont entamé leur tour du monde à la voile le 11 novembre dernier. À chaque escale, ils rencontrent des acteurs de l'art traditionnel, dénichés grâce à des associations locales, au réseau des Alliances françaises… et directement sur le terrain. Les interviews sont rassemblées sur un site, Chomlaik.com. "En khmer, chomlaik signifie étrange, bizarre. C'est un clin d’œil au Cambodge où est né le projet, et j'ai choisi ce nom parce qu’en faisant dialoguer ces artistes du monde, il ressort des similarités mais aussi parfois des différences étonnantes. On prend souvent l’autre, l’inconnu, l’étranger pour bizarre."

    En savoir plus : www.chomlaik.com / Marion Gommard-Jouan sur Linkedin

     

    Bonus : la danse magique de dauphins autour du voilier de Marion et David...

    Dolphins from Marion Gommard on Vimeo.

     

    Thibaut Angelvy

     

    Lire tous les épisodes du feuilleton Chomlaik

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