Actualités :

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    C'est vous qui le dites
    C'est vous qui le dites Puisqu'on vous le dit ! Cet espace vous est en effet réservé, sous réserve de prendre vous-mêmes la parole. Un point de vue à partager, un nouveau…


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…




  • Nos partenaires

    

    Alan Stivell

    La Bretagne en fusions

    Alan Stivell en concert Alan Stivell en concert

    Emerald, un nouvel album pour Alan Stivell, anniversaire de son premier opus chanté (40 ans, déjà), mais « album des années 2010 », comme il l’affirme avec quelque raison. Nous reviendrons plus longuement sur cette nouvelle production. Mais déjà en 2006, à l’occasion de la sortie de son CD Explore, nous évoquions son talent à abattre les frontières entre les genres, à faire voyager l’univers artistique breton/celtique au-delà de la Bretagne.

     

    On aimerait être sûr qu’il n'y a pas de malentendu entre le grand public et Alan Stivell. Trop souvent, et même en Bretagne, la renommée de cet artiste en mouvement perpétuel est résumée au renouveau de la musique bretonne des années 1970. Si Alan Stivell a alors joué un rôle déterminant, son influence et son parcours artistique dépassent de beaucoup ces années héroïques. Hier leader de la vague "folk", il est aujourd’hui un des maîtres internationaux de la "world music"… même si ces étiquettes ne veulent pas dire grand chose.

    Il faut heureusement souligner que son intégrité impeccable et la qualité de ses productions lui valent une ribambelle impressionnante de disques d’or et récompenses prestigieuses (prix Charles-Cros, nomination aux Grammy Awards, Indie Award, disque de l'année Melody Maker…), ainsi qu’une reconnaissance « populaire » grandissante. Dans un récent sondage, Alan Stivell figure même parmi les personnalités bretonnes les plus appréciées. Un hommage que l’intéressé accueille avec modestie : “ Je suis très reconnaissant au public qui m’a accompagné ou au plus jeune public qui me soutient, d’autant plus qu’il ne doit pas être évident de me suivre dans mes pérégrinations. J’aime partager avec les gens mes émotions et ce que m’apporte, notamment, le toucher et le son de mes harpes. Je suis ému que des gens apprécient des notes et des mots qui sont pourtant peu de choses”.

    Musiques et paroles actuelles

    Alan Stivell - album EmeraldAu printemps 2006, la sortie d’Explore, nouveau CD d’Alan Stivell, a fait impression. Le précédent album Au-delà des mots, en 2002, était entièrement instrumental. Cette fois, la voix revient au premier plan. Comme un besoin de dire… “La destruction des Tours jumelles de New York, en particulier, m’avait vraiment laissé sans voix ! L’envie de chanter, d’écrire des mots, a été très grande quelques années plus tard : parler de ce qui me touche, dans l’instant - les musiques sont des improvisations, les textes sont écrits peu avant le studio -, de près ou de plus loin”.

    En breton, français ou anglais, les thèmes sont contemporains - l’embrasement des banlieues en novembre (Miz tu), l’amour () et l’amour d’une mère (Là-bas, là-bas) ou encore l'immigration (They) -, balancent avec gracilité du traditionnel jusqu’au rap et au rock, mêlant les harpes bien sûr - avec certaines sonorités encore jamais entendues - au uilleann-pipe, à la guitare électrique et aux percussions africaines, et surtout baignent dans une tonalité électro étonnante (boucles rythmiques, samples…). Même si ce n’est pas la première fois qu’Alan Stivell touche à ces sonorités.

    Comme les peintres, j’utilise toutes les couleurs disponibles, et, comme certains peintres, j’utilise la plupart des formes ou styles existants. Tout ça, bien sûr, à des degrés divers, en fonction de mes envies, mes feelings, la cohérence du propos. J’ai été attiré depuis toujours par les nouveaux moyens d’expression, dont les instruments électriques, l’électronique, l’informatique musicale. On peut suivre ce parcours tout au long de mes albums. La « fée électricité » est présente depuis Reflets en 1970. L’influence électro commence vraiment à s’installer en 1991 dans The Mist of Avalon, et s’affirme dans Brian Boru et les albums suivants. Ce qui est nouveau, dans Explore, c’est le parti-pris de l’utiliser dans tous les titres, sauf deux instrumentaux (Into, Explore). Une certaine unité de style, une insistance, une envie, un besoin aussi de marquer davantage ce qui est mon propos depuis toujours : j’appartiens aux musiques actuelles et non aux musiques traditionnelles, même si elles ont été importantes dans mon éducation”.

    Des chemins non usés par les pas

    Au fil des ans, et dans “Explore” en particulier, Alan Stivell réussit à se faire en même temps, et en toute sérénité, “défenseur acharné de ce qui fait l’identité de la musique bretonne et celtique” et premier de “ceux qui cherchent à apporter des couleurs nouvelles à la création musicale”.  Une dynamique de fusion, dont il a souvent dit qu’elle correspond au caractère de la scène celtique, ouverte presque naturellement sur les autres cultures du monde… Une dynamique qu’il porte sur des routes qu’il choisit, qu’il “explore” en pleine liberté. “J’ai toujours ressenti comme le premier impératif de n’être pas dépendant de modes imposées à gros moyens, ni de conservatismes dans lesquels des générations précédentes chercheraient à nous enfermer. En un mot la liberté est le bien le plus précieux de la personne. Mais ma liberté, c’est aussi de pouvoir jouir, de pouvoir créer à ma façon, à partir de tout ce qui est ma disposition, aussi bien l’héritage culturel - d’autant plus s’il a été passé sous silence - que les sons nouveaux. J’ai donc toujours utilisé les nouveaux moyens d’expression, mais sans plagier personne, encore moins en suivant des recettes. Je suis un homme libre qui a toujours cherché des chemins non balisés ou usés par les pas, marqué par la Bretagne - le pays qui m’entoure-, marqué par le monde - qui m’entoure aussi-.”

     

    Le site officiel d’Alan Stivell : www.alan-stivell.com

     

    (L’Art à l’Ouest, 2006)

    Philippe Le Boulanger - Journaliste et rédaction en chef
    Philippe Le Boulanger - Journaliste et rédaction en chef

    Voir tous ses articles
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...