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F3C : scène 33, action ! - ép.5

La montée des marches

Cérémonie de cloture du festival des 3 continents à Nantes La 33e édition du festival des 3 continents s’est officiellement terminée lundi 28 novembre, avec la remise des très attendues montgolfières d’or et d’argent. Retour sur cette soirée de gala.

Martin, bénévole au Festival des 3 Continents et animateur d’un jour, donne le ton. "srael-Iran; Chine-Taïwan; Thaïlande-Philippines; Japon-Corée du Sud…” Habile, l’entrée en matière suggère les tensions géopolitiques actuelles, Martin s’en defend pourtant : "l s’agit simplement de la programmation de cette semaine, de ce que l’on appelle le pouls du monde cinématographique”. Et alors, on en est où ?

Chapeau à Girimunho

"Le prix jeune est attribué à… Girimunho ! " Déjà en route pour le Brésil, la productrice Sara Silveira, s’adresse au jury et au public par téléphone. Une réaction impayable, entrecoupée d’éclats de rires et de remerciements exaltés à la ville et à ses habitants. "C’est un honneur de recevoir le prix jeune quand on parle de deux vieilles dames. C’est incroyable." Même chose quelques minutes plus tard avec cette fois-ci la mention spéciale du jury. L’histoire de ces deux femmes octogénaires, heureuses malgré l’aridité et la pauvreté environnantes, a visiblement résonné dans les esprits. La quête du bonheur est un sujet universel  dans un monde qui malmène de plus en plus ses anciens. Girimunho est la bouffée de fraîcheur et d’espoir de ce 33e festival.

Applaudissements pour Policeman

"Le prix du public est attribué à… Policeman ! " Sous les projecteurs, le réalisateur franco-israélien Nadav Lapid monte sur scène, décontracté. "Merci beaucoup. Pour moi c’est le début d’une belle relation avec le public français". En faveur de la cause palestinienne, il profite de l’occasion pour en dire deux mots : "je viens d’un pays qui ignore ses frontières et refoule sa géographie", une remarque saluée par une salve d’applaudissements.

Acclamation pour People mountain, people sea

"La montgolfière d’argent est attribuée à… People mountain, people sea". Cai Shangjun, le réalisateur chinois, reçoit avec émotion sa récompense. Concis, il glisse quelques mots : "Je suis très fier. Merci beaucoup." Son film dresse un portrait cru de la campagne chinoise contemporaine, entre corruption, misère et brutalité. L’exploitation des ouvriers chinois dans les mines pose la question de "l’esclavage moderne", comme le souligne Jean-Marc Ayrault, à quelques semaines de l’ouverture du mémorial sur l’esclavage à Nantes.

Ovation pour Saudade

"Et la montgolfière d’or est attribuée à… Saudade". Cette année, le Japon aura décidément monopolisé l’attention. Entre l’hommage à la Nikkatsu et la récompense ultime attribuée à Katsuya Tomita, le pays du soleil levant peut se féliciter de son succès. Ému, le jeune réalisateur remercie Nantes, "une ville magnifique. Quand je suis arrivé, elle était plongée dans le brouillard, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un film." En privé, le cinéaste reconnaît qu’il « espérai[t] avoir un prix ». N’importe lequel. Son travail explore un pan de la société japonaise habituellement caché. « Au Japon, on ne fait pas de films sociaux, on ne traite pas les sujets lourds. Moi je voulais montrer la société telle qu’elle est : chaotique." Outre la question du racisme, Saudade explore la folie et la montée de l’extrême droite, une thématique particulièrement d’actualité en Europe. "Les Japonais ne sont pas suffisamment au courant de ce risque, les européens y sont plus sensibilisés. Mais je pense qu’un jour, on aura le même problème et se sera très important de tous en discuter".

Rideau sur Jafar Panahi

Avant de se séparer, les organisateurs ont tenu à présenter un film fort, symbole de leur engagement. Quelle meilleure illustration que Le Miroir de Jafar Panahi, réalisateur iranien condamné à 6 ans d’emprisonnement et 20 ans d’interdiction de tourner pour exercer son métier ? "En Iran, le cinéma fait peur. Pour la démocratie, il est de notre devoir de continuer à montrer les films", conclut Serge Toubiana, président du jury, avant de laisser la place au film, la parole muette de l’engagement de Jafar Panahi.

Julie Urvoy

Cet article nous est gracieusement fournie par Preview. La source d'origine est ici.

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