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    À Nantes

    L’Atelier du Dahu, drôle de bête de l’autre culture

    Basile Coignard, un des 17 artistes-locataires de L’Atelier du Dahu Basile Coignard, un des 17 artistes-locataires de L’Atelier du Dahu

    On se souvient des concerts au fond de la piscine du Fouloir (Saint-Herblain), de ce qu’a été POL’n avant de s’institutionnaliser. On imagine ce que pourraient devenir les Ateliers Bitche (Nantes), peut-être expulsés. Sur le fertile terreau culturel nantais, les lieux alternatifs poussent en bordure. Dernier à sortir de terre malgré tout, L'Atelier du Dahu, au pied de la butte Sainte-Anne depuis un an et demi, à défaut d’être à flanc de montagne.

    "Pourquoi DOIS-tu faire une interview ? C'est un devoir ou une envie ou… Ta demande nous laisse perplexe !", voilà la réponse lunaire que peut recevoir l’imprudent qui souhaite faire un reportage sur un lieu culturel alternatif de Nantes – nous en tairons ici le nom. De quoi refroidir des ardeurs vite réchauffées par cette rengaine urbaine : "il y a ce nouvel endroit, le Dahu je crois". La carte de visite est succincte, une page Facebook aléatoirement mise à jour et une adresse : 26 Boulevard de Chantenay, dans l’ancienne commune ouvrière du même nom, "annexée" par Nantes en 1908.

    Ex "bar à hôtesses", ancien "squat"

    L’entrée s’effectue par la fenêtre (grande ouverte) plutôt que par la porte. C’est le début d’une plongée hors cadre dans un dédale de petites salles, d’escaliers, de cours et de couloirs. Les bruits de couloir, justement, colportent que le bâtiment fut un temps "bar à hôtesses" avant de vivoter en "squat un peu délabré". Après tout, nous sommes dans le Bas-Chantenay, une zone et friche industrielle de trois kilomètres le long de la Loire, à l’ombre de la butte Saint-Anne (le Haut-Chantenay).

    Les cris des règlements de compte du milieu du XXe siècle et les mots des rapports de police de la fin du XIXe siècle résonnent encore aujourd’hui : "[La zone] est habitée par des Bas-Bretons, pauvres et sales, logeant dans des réduits sans air, ni soleil, qui conservent dans leurs maisons des matières, des os, des vieux chiffons, ou qui y élèvent des lapins".

    Basile Coignard, un des 17 artistes-locataires de L’Atelier du Dahu, se nourrit du passé de ce "quartier à part, un peu à côté du centre-ville, qui a une identité hyper forte. Malheureusement, les prochains projets immobiliers façon île de Nantes [réaménagée depuis 2000, ndlr], c’est par ici qu'ils vont être réalisés". Ancien de l’École Pivaut de Nantes, ce trentenaire à la barbe drue nous fait nonchalamment le tour du propriétaire.

    Touche-à-tout et touche-à-rien

    Sous les combles tamisés, on photographie des bijoux artisanaux ou on revisite les techniques d’estampes japonaises, derrière un drap sombre. Dans une pièce à part, on tourne une séquence vidéo tandis que la porte de la cuisine au rez-de-chaussé donne sur… un groupe de rock en pleine répétition. D’immenses statues taillées dans la mousse prennent la pose dans la cour intérieure sur fond de murs badigeonnés de peinture.

    Délimiter des territoires artistiques n’a pas de sens. Chaque occupant peut s’épanouir en touche-à-tout ou en touche-à-rien. "Est-ce qu’il y a un rêve commun aux 17 personnes  ? Ou est-ce 17 rêves qui se mélangent ? Je crois qu’il y a un peu des deux, individuellement on peut faire germer ici tout ce dont on a envie", conte notre guide-peintre multi-casquettes, accoudé au bar d’une salle qu’il imagine transformer un jour en forêt éphémère, terre au sol et arbres jusqu’au plafond. "C’est un espace au potentiel énorme, censé être en métamorphose constante".

    Nous ne sommes point dans un squat à proprement parler. Le propriétaire des lieux n’est autre que Quentin Vigneau, directeur du Chantier de l'Esclain et figure aidante de la vie artistique chantenaisienne. "Vous faites ce que vous voulez" est son mantra, avec mise à disposition gracieuse de son matériel en sus (grues, chariots...etc). L’Atelier du Dahu a succédé en août 2014, aux Ateliers Morphos, qui avaient déjà pour but d’explorer "de nouvelles esthétiques artistiques" et "de participer activement à la vie du quartier de Chantenay".

    Bals populaires

    Désormais, de 50 à 100 personnes viennent ici de toute l’agglomération nantaise pour danser chaque premier et troisième mardi du mois lors des bals traditionnels (ou "bœufs trad"). Des fêtes courues, à la limite de l’illégalité : l’espace ne pouvant accueillir de public, chaque participant doit adhérer à l’association moyennant 20 centimes ou 50 euros et une inscription sur un grand cahier boursouflé. On compte ainsi pas loin de 1 300 adhérents à ce jour !

     

    Carte : le Nantes alternatif

     

    Ambivalents sont les rapports avec les autorités publiques. Le lieu Dahu n’a pas d’existence légale, mais des élus nantais sont venus sur place et ont apprécié la démarche générale. "Finalement, il n'y a pas énormément de lieux alternatifs sur Nantes, se désole Basile. Sans même parler d’underground [rires], juste des endroits reconnus par la Mairie mais qui vivent par eux-mêmes et sortent un peu des clous". Soit la recherche d’une voie médiane, entre POL’n, qui agrège 12 associations culturelles mais dont les murs sont mis à disposition depuis 13 ans par la Ville de Nantes et Les Ateliers Bitche, véritable squat artistique menacé d’expulsion.

    "C’est un peu une famille choisie qu’on s’est offert. Je le ressens avec le collectif, mais aussi dans ces soirées où les gens nous disent très souvent "on est comme à la maison". C’est un beau cadeau que d’entendre ça", s’enivre Léa Boutron, 27 ans, rentrée d’un voyage en Thaïlande pour abandonner ses études de psychologie et assouvir ses envies créatives du côté du boulevard de Chantenay. "J’enfile des perles, s’amuse-t-elle, le visage tacheté de peinture, mais j’ai envie de toucher à tout. Bientôt il y aura une fonderie dans la cour pour travailler le métal. C’est une grande école ici". L’école du (laisser-)faire.

     

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    Thibault Dumas
    Thibault Dumas

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    Commentaires  

     
    0 #1 CruelSummer 06-07-2016 16:25
    excellent !
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