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    Festival Holyfest

    Le chemin de croix de la musique catho

    Deux bonnes sœurs au festival Holyfest Deux bonnes sœurs au festival Holyfest - © Simon Jousset

    Le Hellfest a son pieux alter ego. Le festival de musique chrétienne Holyfest s'est déroulé à Arradon, dans le Morbihan, les 30 juin et 1er juillet. Les jeunes organisateurs ont prévu de gros moyens pour donner l'occasion aux catholiques de l'Ouest de communier en musique, mais cette première n'a rencontré qu'un succès mitigé. Reportage.

    D'habitude, c'est le moment où la bière coule à flots, où l'on joue des coudes pour enfin réussir à les poser sur le comptoir. Où on lève le doigt, espérant accrocher le regard du bénévole, débordé. "Quatre pintes, s'il vous plaît". Histoire de se réhydrater avec les copains après en avoir pris plein les oreilles, en attendant que le bassiste accorde son instrument et que le festival reprenne de plus belle.

    Ce samedi soir à Arradon, dans le Morbihan, l'ambiance est tout autre. Pourtant, LZ7, groupe qui remplit les salles Outre-Manche, vient de mettre le feu. Et Glorious, attendu comme le messie ce soir, s’attelle aux derniers réglages. Malgré tout, à la buvette, seules trois personnes sirotent leur bière. Tous journalistes. Pas débordés, deux bénévoles discutent près de la tireuse : "Et toi, tu pries où ?".

    Modèle anglo-saxon

    Le festival Holyfest, premier du nom, qui s'est déroulé les 30 juin et 1er juillet, n'aura pas mobilisé les foules. Alors qu'étaient attendues 1 500 personnes, 650 ont répondu présent le samedi soir. Un peu décevant sans doute pour les organisateurs, lorsqu'on sait que le festival de Pâques de musique chrétienne, qui se déroulait à Chartres, réunissait 10 000 personnes en 2010. Pas ridicule non plus, tant il est difficile de lancer son propre festival.

    "Avec l'arrêt du festival de Chartres, il n'y avait plus de rassemblement autour de la musique catho dans l'Ouest, terre pourtant réputée pour ses festivals. Nous avons voulu reprendre le flambeau" explique, du haut de ses 19 ans, le Vannetais Baptiste Le Tenier, président de l'association Holyfest, créée il y a un an pour l'occasion. En février, accompagné par Quentin Hallay, il est même allé présenter le festival au Pape. "Nous voulons faire connaître la musique chrétienne, qui n'est pas répandue en France alors qu'elle cartonne aux États-Unis ou en Angleterre." Les radios françaises pratiqueraient-elles la censure ? "Assurément. Outre-Manche et Outre-Atlantique, on peut entendre de la musique chrétienne sur les ondes. Là-bas, ils n'ont pas peur de considérer ces groupes de musique comme des artistes à part entière. Je ne sais pas pourquoi ce n'est pas le cas en France."

    Communion entre "djeun's"

    Groupe LZ7 Les débuts de la musique chrétienne en France datent des années quatre-vingt-dix selon Baptiste Le Tenier. "Il y a quelques groupes amateurs qui jouent depuis longtemps dans leur paroisse. Aujourd'hui, les cathos sont moins nombreux, mais ils sont plus pêchus. Ils osent exprimer leur foi autour d'eux, en parler."

    La chanter aussi. Les trois frères Pouzin, membres du groupe de pop louange Glorious, entonnent ensemble : "Alléluia hé. Louons le Seigneur. Alléluia, acclamons Jésus. Allélu- alléluia- alléluia hé, Christ est ressuscité". Devant la scène, on lève les bras. On se prend par les épaules, on communie. Un peu en retrait, deux bonnes sœurs observent. Sans doute apprécient-elles davantage les douces mélodies prodiguées par les trois frères à la musique électro proposée un peu plus tôt par le groupe LZ7.

    Louise, 20 ans, Marie, 17 ans, et Jeanne, 21 ans, considèrent les concerts de Glorious comme de véritables moments de prière ; et n'auraient manqué ça pour rien au monde. Complètement fans du groupe lyonnais, elles l'assurent, elles seraient venues de l'autre bout de la France si elles n'avaient pas été morbihannaises. "On les regarde jouer tous les jeudis sur internet. Ils retransmettent leurs concerts depuis Lyon. On connaît tous les chants, c'est donc plus facile pour prier. " Toutes les trois croyantes et ferventes pratiquantes, elles sont venues à Holyfest avant tout pour voir Glorious, mais aussi pour se retrouver entre catholiques. "Dans notre paroisse, nous ne sommes que cinq jeunes à aller à la messe, sinon il n'y a que des cheveux blancs. Ici, on peut prier entre nous."

    Moyens de pro pour festival d'initiés

    Pourtant, des adultes sont là aussi, quelques-uns en retrait, mais la plupart se mêlent aux jeunes. Comme cet homme, casque de vélo vissé sur la tête, qui semble se surprendre lui-même à sauter en rythme. Derrière la petite foule amassée contre la scène, des enfants, parfois très jeunes, se courent après, arpentant dans tous les sens le champ, beaucoup trop grand pour l'occasion.

    "Nous avons voulu monter un festival de pro. On a prévu une grande scène, avec un écran géant, on a mis le paquet. On imagine toujours que l’Église n'a que des moyens pourris. On veut essayer ce soir de lui donner une image plus jeune", confie le président de l'association. Il aura fallu 50 000 euros pour réaliser l'événement. Le conseil général du Morbihan et le diocèse de Vannes ont apporté l'essentiel des subventions. Quant aux entrées du festival, fixées à 25 euros par personne, les organisateurs espéraient en vendre au moins 1 000 pour rentrer dans leurs frais.

    Difficile de savoir d'où viennent les festivaliers. Baptiste Le Tenier l'assure : certains sont venus de Strasbourg pour l'occasion. Et tant mieux si Holyfest a attiré quelques non-croyants. "On espère que certains, qui viennent peut-être par curiosité, apprécieront et auront une autre vision de la foi." Avant de lâcher quand même, sourire au coin des lèvres : "Mais bon, à mon avis, il n'y a que des croyants ce soir."

     

    http://holyfest.fr

    www.facebook.com/holyfest


     

     

    Simon Jousset

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