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    À Rennes

    Le théâtre de l’opprimé ou l’art de la révolte

    Premier tableau d’un théâtre-image au pôle associatif de la Marbaudais. Premier tableau d’un théâtre-image au pôle associatif de la Marbaudais.

    Augusto Boal était un artiste engagé. Dès les années soixante, le metteur en scène brésilien prit le parti des opprimés : les paysans expropriés, les ouvriers exploités, les Noirs exclus, les femmes asservies. Lui – l’artiste, le Blanc, l’homme, le citadin – leur apportait ses vérités, ses solutions… jusqu’à ce que des rencontres lui fassent comprendre qu’il ne pouvait pas parler en leur nom. Il comprit que si le théâtre était une "arme de libération", le peuple devait pouvoir s’en emparer. Ainsi est né le théâtre de l’opprimé, au cœur de l’Amérique du Sud des décennies 1960 et 1970 ; il est aujourd’hui pratiqué un peu partout. Reportage à Rennes.

    Trois personnages surplombent la scène. En contrebas, deux femmes : l’une fait face au premier groupe ; l’autre est au milieu, attachée à l’un des membres du trio par une écharpe. Tandis que l’image reste figée, un homme, en retrait, prend la parole. Il nous demande d’observer les postures, les expressions, nous conseille de tourner autour de la scène pour bien comprendre ce qui se joue devant nos yeux.

    Sans parole, ce sont les corps qui parlent. Les doigts tendus, les sourcils froncés, les paumes des mains tournées vers le ciel, l’orientation des corps sont autant d’indices pour décrypter la situation. Les intentions du groupe des trois sont limpides : ils dominent, se montrent menaçants, ils veulent intimider les deux autres personnages. Ceux-ci ne font pas corps pour autant. L’un semble attendre quelque chose de l’autre, qui ne peut le lui donner. Ce dernier est impuissant, tenu qu’il est par les trois autres.

    Le tableau représente une oppression ordinaire : une femme est prise en étau entre un usager, entre ses propres valeurs et les injonctions d’une institution dont elle dépend. C’est l’amorce d’un théâtre-image. D’autres images suivront, proposées et jouées par des personnes extérieures à la scène : on verra le personnage central se mettre face au trio, le personnage central se débarrasser de l’écharpe, le personnage central appeler un soutien. Le but est de tester des solutions pour répondre à une oppression et en voir les conséquences1.

    "Une arme de libération"

    Depuis un an et demi, quelques personnes se retrouvent dans cet atelier, au pôle associatif de la Marbaudais, à Rennes, pour discuter, mettre en récit et jouer des événements qu’ils vivent au quotidien. Pour la plupart, ils sont animateurs, formateurs ou éducateurs. "Ce ne sont pas que des professionnels, mais des gens qui ont une pratique dite du travail social," précise Damien2, qui tenait le rôle de l’animateur lors de la séance. "Le point de départ de ce groupe est d’avoir un minimum de pratique du théâtre de l’opprimé." Eux qui utilisaient jusqu’alors cette forme théâtrale de manière isolée peuvent désormais partager leur expérience, expérimenter, s’entraîner collectivement. Ce "laboratoire" a un deuxième objectif : "Nous aimerions aller vers une phase de création [à partir de] nos propres problématiques sociales, nos propres oppressions"

    Le Théâtre de l’opprimé sous toutes ses formes

    Théâtre-image : Selon la définition d’Augusto Boal, le spectateur est ici "sculpteur", tandis que les comédiens sont "statues". À partir d’une thématique de départ, une image réelle est sculptée. Le spectateur-sculpteur interviendra ensuite sur les statues pour sculpter l’image idéale. Dans un troisième temps, il proposera une image de transition, montrant comment passer d’une situation à l’autre.

    Théâtre invisible : Il s’agit d’une pièce de théâtre, dotée d’une base écrite, sur un sujet à même de faire réagir. Elle est jouée dans un espace public (rue, restaurant, métro, etc.), devant des spectateurs qui ne savent pas qu’ils assistent à une pièce de théâtre. Ils vont donc réagir comme ils agiraient si la situation était réelle.

    Théâtre-forum : C’est la forme la plus connue du théâtre de l’opprimé. Il s’agit de partir d’une problématique politique ou sociale vécue pour créer un spectacle de 10 à 15 minutes, intégrant la solution au problème posé, solution qui témoigne d’une certaine vision du monde. La scène est jouée une première fois dans son intégralité. Elle sera ensuite rejouée avec la possibilité pour le spectateur de prendre la place du protagoniste (celui qui répond à l’oppression) à n’importe quel moment. S’instaure alors une lutte entre les acteurs et le spectateur-acteur. Les premiers vont s’adapter à l’intervention du second tout en cherchant à aboutir à la même issue que dans le spectacle initial. Le spectateur-acteur tente quant à lui de transformer la situation.

    Mais aussi : Dans Théâtre de l’opprimé, Augusto Boal décrit d’autres variantes : théâtre-journal, théâtre-roman-photo, riposte à la répression, théâtre-mythe, théâtre-jugement, rituels et masques.

    Le théâtre de l’opprimé a été inventé et théorisé à partir des années soixante par le metteur en scène brésilien Augusto Boal, décédé en 2009. Ce dernier envisageait son art comme une arme : "Les classes dominantes essaient de façon permanente de confisquer le théâtre et de l’utiliser comme un instrument de domination (…), mais le théâtre peut aussi être une arme de libération."3 Il met au point plusieurs techniques, telles que le théâtre-image, le théâtre-forum ou le théâtre invisible (lire encadré). Toutes ont en commun d’abolir la frontière entre les comédiens et les spectateurs pour mettre en débat une problématique sociale.

    Sortir du discours pour agir

    Marie-Anne a découvert le théâtre-forum en 1999. "J’étais militante dans une association homosexuelle de Rennes : Femmes entre elles. Nous avions décidé, dans le cadre des initiatives pour promouvoir le droit des personnes LGBT, de mener une action différente d’une conférence, d’une vidéo ou d’un énième débat qui s’adressent le plus souvent aux personnes déjà convaincues. Du coup, nous nous sommes dit que ce serait bien de faire un projet théâtral. C’est comme cela que nous avons découvert le théâtre de l’opprimé."

    Le projet rassemble alors des membres de différentes associations LGBT, qui s’organisent d’abord en réseau avant de créer l’association Pourquoi pas ? Théâtre-forum contre l’homophobie. Ils se forment auprès de Jean-François Martel, de l’association lilloise T’OP, et montent un spectacle qui tournera pendant huit ans. Depuis, Pourquoi pas ? a laissé la place à Actor, Association et compagnie du théâtre de l’opprimé de Rennes, dont le champ d’intervention est plus large.

    "C’est un parcours de vie, que l’on a traversé avec cette expérience de théâtre. Nous sommes arrivés avec nos histoires, nous les avons mises en travail et nous en avons fait des spectacles. À un moment donné, nous avons décidé de sortir de cela pour travailler avec les gens, les former. Nous nous appuyons sur leurs histoires et nous les aidons à vivre ce que nous avons vécu comme processus, c’est-à-dire un processus émancipatoire. En partant du ressenti d’une injustice ou d’une oppression, nous devenons réellement des actrices et acteurs du changement par le biais du théâtre."

    Le changement était au cœur des préoccupations d’Augusto Boal, qui disait ainsi : "Ce théâtre n’est peut-être pas révolutionnaire, mais, rassurez-vous, c’est une répétition de la révolution." La scène permet à ceux qui la foulent de sortir du discours pour agir, mettre en œuvre les solutions qu’ils imaginent, choisir les mots, les gestes qu’ils utiliseraient si l’oppression se répétait. "Peu importe que l’action soit fictive : l’important, c’est qu’elle est action."

    "Ça part vraiment des tripes"

    Image réelle : le personnage central est pris en étau entre l’institution et l’usager. C’est l’opprimé.

    Image réelle : le personnage central est pris en étau entre l’institution et l’usager. C’est l’opprimé.

     

    Image réelle : le personnage central est pris en étau entre l’institution et l’usager. C’est l’opprimé.

    Proposition 1 : l’opprimé s’oppose à l’institution.

     

    Image réelle : le personnage central est pris en étau entre l’institution et l’usager. C’est l’opprimé.

    Proposition 2 : l’opprimé s’est défait de l’écharpe qui le liait à l’institution. En réaction, l’un des trois oppresseurs est descendu de sa position dominante.


    Image réelle : le personnage central est pris en étau entre l’institution et l’usager. C’est l’opprimé.

    Proposition 3 : l’opprimé fait appel à une tierce personne pour le soutenir.

    L’opprimé, tel qu’il est pensé ici, n’est pas une victime isolée et sans défense, bien au contraire. "L’opprimé a conscience qu’il est dans une situation qui ne lui correspond pas et qu’il aimerait transformer," explique Solène, animatrice et formatrice au sein d’Anime et tisse, une association d’éducation populaire rennaise. "En plus, il va prendre conscience qu’il n’est pas tout seul et qu’il peut agir." La dimension collective est importante, elle signifie que "l’oppression est liée à un système ou une institution," sur lesquels il est possible d’intervenir.

    Dans le cadre d’Anime et Tisse, Solène coanime avec Stéphanie un atelier théâtre, auquel participent entre sept et huit femmes dans le but de monter une pièce. "Je découvre le théâtre de l’opprimé que je ne connaissais pas. Je suis séduite par le fait que ce soit une création en lien avec nos expériences personnelles," explique Dania, l’une d’entre elles. "C’est très fort parce que c’est du vécu, ça part vraiment des tripes de chacune." Elle se souvient d’une histoire qu’elle a racontée lors d’une de leurs rencontres, une histoire douloureuse qu’elle pensait digérée. Et pourtant, elle a pleuré.

    Comme elle, toutes se sont livrées, se sont racontées. De leurs témoignages, rejaillissent des points communs. "Nous nous approprions les histoires de chacune pour ressortir ce qui va faire le plus miroir," précise Mireille. Il y a ces personnages, si caricaturaux qu’il "ne faut pas changer grand-chose, voire rien, pour les mettre dans une pièce de théâtre," s’amuse Stéphanie. "Ils sont là, magnifiques, et on les connaît !" sourit Solène. Et puis il y a ce sujet commun à toutes leurs histoires : "Ce qui nous a interpellées, pour des raisons qui peuvent être très différentes, c’est le regard de l’autre. La dureté, la cruauté qu’il peut y avoir dans le regard de l’autre," relève Isabelle.

    L’idéal Boal et la réalité de terrain

    Leurs différentes expériences alimentent l’histoire collective qu’elles construisent sur ces bribes de vie. Là, commence le théâtre, avec la mise en récit, la mise en image ; et puis le jeu. Elles sont venues dans cet atelier pour ça : "Une idée qui me plaît bien, souligne Dania, c’est la voix du peuple. Nous qui ne sommes rien, qui ne sommes pas issues d’une classe qui donne des accès sans avoir les compétences, nous pouvons nous exprimer, nous pouvons avoir du talent créatif."

    Depuis quelques mois, elles ont débuté l’écriture de petites scènes. La forme que prendra le spectacle n’a en revanche pas encore été arrêtée. "Dans l’idéal, juge Solène, il faut faire venir le public sur scène pour amener à transformer la situation proposée. C’est l’idéal Boal. Après, il y a la réalité du terrain, [où il ne s’agit pas de] se mettre en danger." Le forum nécessite en effet l’improvisation du "spect’acteur", qui modifie l’action dramatique, mais surtout celle des comédiens, qui doivent répondre à cette nouvelle situation. "Il y aura de toute façon mise en débat, reprend-elle. Boal était un expérimentateur, nous expérimentons aussi."

    "Où sont les flics ?"

    Formateur au sein du Kerfad, association qui entend lutter contre "les discriminations, les injustices et les habitudes", Damien utilise quant à lui certaines techniques du théâtre de l’opprimé sans aller jusqu’à la création. Elles lui permettent notamment de travailler une situation problématique en repassant par les faits, ce qui implique de "ralentir la pensée" pour mettre en scène la réalité. "La grosse part du travail est avant le spectacle, elle est avec les gens avec qui on crée la scène. Des fois, il n’y a pas besoin d’aller jusqu’au spectacle pour trouver des alternatives." Ce travail est d’autant plus important que, dans notre société, les oppressions ne sont pas toujours identifiées. "Je fais un atelier avec des étudiants. Pendant une heure, ils galèrent à trouver une colère ou une oppression, ils disent ne pas en avoir. Ce qui est totalement faux, parce que je les entends râler très souvent. L’une des raisons pour lesquelles on ne voit plus les oppressions, c’est qu’on s’y habitue."

    Augusto Boal a inventé le théâtre de l’opprimé en Amérique du Sud, dans des sociétés très pauvres et corsetées par des régimes dictatoriaux. Alors qu’il avait été confronté à des violences explicites, brutales, il découvre en arrivant en Europe au milieu des années soixante-dix une autre réalité : la solitude, l’incapacité à communiquer, le suicide. "En Amérique latine, c’est surtout de faim qu’on meurt ; en Europe, c’est plutôt d’overdose. Mais sous quelque forme que ce soit, c’est toujours de mort qu’il s’agit." Lui qui admettait rechercher mécaniquement "où sont les flics ?", va fonder une hypothèse : ils sont dans la tête. "Il s’agissait d’essayer de découvrir comment ces "flics" ont pénétré dans nos têtes et d’inventer les moyens de les en faire sortir." De cette réflexion va naître un nouveau pan du théâtre de l’opprimé : Les flics dans la tête, aussi appelé L’arc-en-ciel du désir.

    "Ces techniques démultiplient les problèmes. Elles les personnifient dans des personnages, des groupes qui vont se parler, interagir ensemble pour aider à se sortir les problèmes de la tête", explique Hervé. Lui puise dans les outils mis au point par Augusto Boal, que ce soit Les flics dans la tête ou les Jeux pour acteurs et non acteurs4, dans le cadre d’ateliers qui mettent en relation le corps et les émotions. Il entend "s’amuser avec des choses qui nous bloquent, des émotions (peur, jalousie, colère) qui nous dérangent, qui nous empêchent d’agir." Il utilise pour cela plusieurs techniques, telles que la danse ou le mime, qu’il a pratiquées par le passé. Les méthodes Boal, il s’y est formé récemment auprès de la compagnie parisienne Naje. "Ce qui m’intéressait, c’était d’enrichir mes exercices. Le théâtre de l’opprimé est tombé à pic, comme une forme qui permettait à la fois de transformer des choses à l’intérieur et qui permettait une transformation sociale, parce que pour moi les deux sont liés."

    1 Ce théâtre-image est joué devant l’auteur de ces lignes, une personne invitée et les autres membres du groupe, non-impliqués dans la scène initiale. Tous pourront ensuite proposer leurs solutions.

    2 Damien ainsi que Marie-Anne, Solène et Hervé, qui interviennent dans cet article, sont quelques-uns des membres du groupe de théâtre de l’opprimé qui se réunit au pôle associatif de la Marbaudais.

    3 Les citations d’Augusto Boal sont extraites de deux de ses livres : Théâtre de l’opprimé (Éd. La Découverte/Poche) et Méthode Boal de théâtre et de thérapie l’arc-en-ciel du désir (Éd. Ramsay).

    4 Jeux pour acteurs et non-acteurs, pratique du théâtre de l’opprimé, Augusto Boal, Éd. La Découverte/Poche.

     

    Alter ego, le théâtre forum sans l’oppression

    Une jeune fille voilée est assise sur un banc en train d’attendre le bus. Elle se fait agresser par deux garçons à cause de son voile. Elle ne répond pas à leurs insultes et finit par s’en aller. Les deux garçons s’assoient alors sur le banc.

    La scène (fictive) se déroule au collège du Landry, à Rennes. Elle a été préparée par un groupe d’élèves de la 5eC avec Benjamin, de l’association Alter ego. Après avoir été jouée une première fois, elle est mise en débat. Les spectateurs peuvent intervenir et remplacer les comédiens pour proposer une alternative. Certains remplacent la jeune fille, d’autres introduisent un nouveau personnage qui va la défendre. Puis, l’un des agresseurs est remplacé.

    Benjamin, animateur de l’association Alter ego.

    Benjamin, animateur de l’association Alter ego.

    Cette dernière option aurait été impossible en théâtre de l’opprimé, où il s’agit de travailler sur une oppression concrète, vécue. Dans cette optique, remplacer l’agresseur n’a pas de sens, puisqu’au lieu de trouver une solution au problème, on change une donnée de ce problème.

    Mais dans le cas présent, il s’agit de théâtre-forum institutionnel. On ne parle pas d’opprimé et d’oppresseur mais de protagoniste ou d’antagoniste. "Nous ne sommes pas là pour nous défendre face à quelqu’un, face à un oppresseur, mais pour comprendre ce qui se joue dans nos relations et comment les améliorer, explique Benjamin. On peut donc remplacer n’importe qui." Alter ego y ajoute une dimension coopérative. Après le spectacle, s’instaure une réflexion sur les besoins et les sentiments des différents personnages. Pour cela, il est important d’avoir plusieurs parties prenantes parmi les participants selon la problématique : parents et enfants, professeurs et élèves, élus et habitants.

    Jean-Sébastien Moizan - Journaliste
    Jean-Sébastien Moizan - Journaliste

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