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Pecha Kucha Night

Les créateurs de la nuit

affiche de pecha kucha Le 8 novembre dernier, Nantes a connu la première fois. La première fois où le discours était exempt de mots superflus, de palabres pompeuses, ou le blabla de la forme ne nuisait pas au fond. C’est le collectif nantais Martinn qui a permis ce petit miracle, en offrant à une dizaine de créateurs en tout genre et à un public curieux une soirée où chacun a pu aller à l’essentiel. Et sans un seul baillement.

Si le concept de la Pecha Kucha Night a pris racine au Japon, il s’est rapidement étendu dans le monde entier. Mais son histoire nantaise est partie de Saint-Etienne où la designer Neige Roux a assisté à sa première soirée sans blabla. "Pecha Kucha, signifie le son de la conversation, en japonais. En 2003, un cabinet d’architecture tokyoïte a lancé ce concept pour limiter les discours des créateurs qu’ils rencontraient : l’idée est donc de ne laisser à chacun que 20 secondes et 20 images pour se présenter ! "
Neige Roux et Nathalie Boisson Neige Roux et Nathalie BoissonDepuis, le label a fait son chemin dans plus de 400 villes à travers la planète. Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, le Grand Ouest n’avait pas encore les faveurs de ces soirées d’un nouveau genre. Ni une ni deux, Martinn s’est dit "Pourquoi pas ? ". Martinn, ce n’est pas un prénom mal orthographié, mais le Mouvement d’anticipation et de recherche pour les typologies innovantes par Neige (Roux) et Nathalie (Boisson), deux Nantaises, designers produits, qui se sont réunies début 2011 sous forme d’un collectif avec l’idée de travailler ensemble.

Feu vert du soleil rouge

En mars, elles postulent donc en envoyant leur dossier au pays du soleil levant. Un dossier béton, car pour obtenir la labellisation, il faut être dans l’esprit Pecha Kucha. Aussi prennent-elles les décideurs nippons au pied de la lettre. "Bien sûr, il fallait montrer sa motivation", se souvient Nathalie Boisson. "Mais il fallait soigner la forme. On a donc présenté notre travail en vingt points, comme doivent le faire les créateurs postulants." La réponse doit être rapide, mais la catastrophe nucléaire de Fukushima fait aussi exploser les délais. En juillet, elles ont enfin leur réponse : positive.

Pour Neige et Nathalie, s’engage alors une véritable course contre la montre. Il leur faut trouver dix créateurs désireux de présenter leur travail lors d’une Pecha Kucha Night. Début septembre, l’appel à candidature prend les chemins de traverse et le réseau fonctionne : elles reçoivent une vingtaine de candidatures. "Notre sélection s’est faite par rapport à la démarche même du concept, c'est-à-dire que nous avons privilégié les propositions originales, étonnantes, en excluant les présentations classiques de type portfolio. Et parce que la soirée se déroule en partie sur écran avec des projections d’images, il était impératif que ces dernières soient de qualité : pas le temps de les retravailler ! "

The day of the Night

Saut à champagne Le mardi 8 novembre 2011, les Martinn enfilent leur plus belle robe pour accueillir les 200 personnes à la Pecha Kucha Night. Sur l’île de Nantes, à l’Insula café, on a mis les petits plats dans les grands : buffet, certes payant, mais plutôt bon, DJ roux et en mouvement… Dans le public, des amis, des créateurs, des curieux, des profs d’école de design, des filles lookées et des garçons rangés… À 20 h, tout ce petit monde se rend dans la salle où des chaises sont disposées face à l’écran. Petite introduction et remerciements par Martinn, les créateurs révisent leur fiche de présentation, certains, la lèvre tremblante.
Julie Bretaud, photographe, est la première sur l’estrade, micro en main. Sur l’écran, des photos qu’elle a prises sur le thème de la vieillesse. Dessous, une ligne de points blancs devient rouge au fur et à mesure que le temps s’écoule. Le propos suit le déroulé des images, s’arrête, hésite parfois. Et tout au long des présentations, c’est cette approche personnelle qui interpelle. Le public rit à l’évocation pleine d’humour de la plasticienne Armelle Pitot Belin sur ses coussins, sourit lorsqu’un autre oublie de coller le micro à sa bouche, obligeant à une totale attention. Il y a celui qui offre des silences car après tout, les images parlent d’elles-mêmes, et celui qui vient accompagné d’un  mannequin lui-même doté d’un tourne-disque. Il y a le maire de Turquant, fier de sa ville troglodyte, et Camille Wong, tout sourire avec Ecchymose, son nouveau magazine nantais.

À la Pecha Kucha, on reviendra

Lendemain qui "brille"

Julien Breton Julien Breton aka Kaalam est l’artiste calligraphe dont la performance photographiée par David Gaillard a clôturé la soirée. Et la Pecha Kucha Night, il ne connaissait pas. "Ce sont d’anciens collègues qui m’en ont parlé. J’ai beaucoup aimé le projet, le principe démocratique et populaire. Comme je suis peu à Nantes, cette tribune pour se faire connaître du public nantais m’est apparue comme une réelle opportunité". Et Julien ne croyait pas si bien dire puisque après la Pecha Kucha Night, il a été sollicité par la maison de l’architecture pour une performance en janvier 2012.

La règle imposait dix créateurs, mais Martinn a triché. "Pour cette fois, au vu de la qualité des dossiers, nous sommes allés jusqu’à 12. Et le dernier intervenant a même pu faire une démonstration en direct de son travail…". Ça, c’est pas joli joli, même si le public a applaudi à tout rompre à un autre écart au règlement avec la performance de Julien Breton, lightgraff (réalisation de calligraphies lumineuses, le tout photographié par David Gallard) qui s’est ajoutée aux 20 secondes. Qu’on ne les y reprenne pas !
Parce que le format court imparti à chaque créateur ne lasse pas, parce que la diversité des profils et des domaines de travail crée une dynamique dans la soirée, parce que tout de même, on s’inscrit dans une démarche internationale ouverte à tous. À raison de quatre Pecha Kucha Night par an, organisées dans des lieux différents et à Nantes organisées par Martinn, pas besoin d’en dire plus.

Les créas de la Pecha Kucha

Julie Bretaud, photographe,  http://julie.bretaud.over-blog.com
Frédéric Malette, illustrateur, http://fredericmalette.com
Lionel Pouget, Samoa, www.samoa-nantes.fr
Armelle Pitot Belin, plasticienne, http://www.dannysteve.org
Fertile, Actions in situ, http://meusemisery.wordpress.com
Simon Mandin, mode, http://lessentielmonsieur.com
Jackie Goulet, maire de Turquant, http://www.turquant.fr/version/fr/tourisme_a-visiter.php
Camille Wong, magazine Ecchymose, https://www.facebook.com/pages/ecchymose-modepapier
Block, architectes, www.b-l-o-c-k.com/index.php
Bertrand Bracaval, plasticien, http://printcottage.pagesperso-orange.fr
Anna Le Reun, mode, costumière, www.createurs-de-mode.com/under-the-bridge
Julien Breton, lightgraff, http://kaalam.free.fr


La prochaine Pecha Kucha Night aura lieu en mars. L’appel à candidature se fera en janvier.
http://pecha-kucha.org/night/nantes
www.martinn.eu

Pascale Brosseau - Journaliste
Pascale Brosseau - Journaliste

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commentaires  

 
0 Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef - le 23 décembre 2011 à 08:51
Meuh non, on n'est jamais trop vieux, juste plus mature :-)
Très bonnes fêtes de fin d'année à vous aussi !
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0 Prof - le 23 décembre 2011 à 08:50
merci pour cette réactivité matutinale, et au temps pour moi pour les 20 sec, je dois être trop vieux... Noyeux Joël
:P
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0 Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef - le 23 décembre 2011 à 08:44
Bonjour Prof,
Merci pour vos remarques. La légende de la photo présentait effectivement une erreur : c'est corrigé. Merci de nous l'avoir signalée.
Concernant les chiffres du dernier paragraphe... Les soirées Pecha Kucha sont normalement toutes organisées sur le principe suivant : 10 intervenants disposent de 20 secondes chacun. A Nantes, 12 créateurs au lieu de 10 étaient présents et l'un d'entre eux a pu dépasser les 20 secondes imparties en réalisant une performance de light graff.
Est-ce plus clair pour vous ?
Cordialement.
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0 Prof - le 23 décembre 2011 à 07:24
bjr

Pourquoi la dame de la photo s'appelle Nathalie Breton et celle qui parle dans le texte Nathalie Boisson ?

Je ne comprends rien, dans le dernier paragraphe, au 10 créateurs, puis 12, puis 20 secondes. Désolé

et mereci
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