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    Chomlaik, ép. 13

    Mexique - Reyna Adriana : l'héritage du chant

    Reyna Adriana Reyna Adriana - © Marion Gommard-Jouan

    Reyna Adriana est une chanteuse de musique mexicaine. Elle aime particulièrement chanter la trova traditionnelle de la péninsule du Yucatan. (Treizième épisode du feuilleton Chomlaik).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cliquez sur une image pour l'agrandir

    Comment avez-vous commencé la musique ?

    J’aime la musique depuis que je suis enfant. Je me rappelle de mon père ; il allumait le lecteur cassettes, et nous chantions sur la musique. Plus tard, la musique m’est venue naturellement. Un jour, en 1996, j’ai participé à un concours de chansons mexicaines à la télé… et j’ai gagné ! À partir de ce moment tout s’est accéléré. Petit à petit, je suis devenue chanteuse professionnelle. Partant de l’ensemble de la musique mexicaine, mon intérêt s’est affiné vers la trova du Yucatan. La trova du Yucatan est un genre traditionnel de la péninsule. La ville de Merida en est le berceau. La musique est très importante par ici. Tous les jours, nous construisons la trova du Yucatan d’aujourd’hui.

     

    Comment se transmet cette musique traditionnelle aux nouvelles générations ?

    Naturellement, un père musicien de trova joue pour ses enfants. Si l’un de ses enfants aime ce style, il l’adopte alors et poursuit ses propres études musicales. Certains des musiciens avec qui je travaille continuent toujours à l’étudier, jusqu'à ce qu’ils arrivent finalement à rendre cette atmosphère très spécifique à la trova. Ce feeling est essentiel pour réussir à transmettre ce que les compositeurs du Yucatan souhaitaient communiquer. C’est cela la musique !

     

    Comment envisagez-vous le futur de cette musique ?

    Je ne pense pas qu’elle soit en danger. Les jeunes comme les adultes se retrouvent dans la trova. C’est un héritage que nous recevons de nos ancêtres. Alors les gens apprennent à l’écouter et ils se l’approprient. Je ne pense pas que la trova va trop changer. Jusqu’ici, elle est restée la même, et je pense que cela va continuer, du moins sur ce territoire.

     

    Pourquoi est-il important de continuer à jouer la musique traditionnelle ?

    Parce qu’elle fait partie de nous-mêmes. Il s’agit de nos racines et de nos coutumes. Si nous les changeons, nous perdons notre identité de Yucatecos [habitants de la péninsule du Yucatan].

     

    Que représente la musique pour vous ?

    C’est la meilleure chose au monde ! Parfois, vous pouvez avoir des hauts et des bas, mais la musique vous aide à rester au top. Pour moi, la musique traditionnelle du Yucatan est l’une des plus belles. Elle représente aussi ma ville ; elle est ce pourquoi ma région est spéciale.

     

    La culture du Yucatan semble en effet très marquée. Qu’est-ce qui la rend si spéciale ?

    Le patrimoine culturel du Yucatan englobe beaucoup de choses : la jarana [un instrument à cordes mexicain], le folklore, les nombreuses célébrations qui sont organisées dans les villages, la nourriture, mais aussi nos habits qui sont très spécifiques, et dont l’origine est très ancienne… Et beaucoup d’autres choses font que cette région, autour de Merida, est unique. Dans les petits villages, des fêtes sont souvent célébrées en l’honneur des saints patrons [chrétiens]. Ces fêtes ressemblent à celles que les anciens mayas faisaient. Les villageois font des offrandes et des processions. Ils reconnaissent les dieux mayas ; ils dansent pour eux et leur offrent de la nourriture. Cela a toujours existé dans les 106 communes de l’État du Yucatan. Chacune a sa propre fête traditionnelle à un moment donné de l’année. La trova trouve en partie son origine dans ces événements. En particulier, la trova permet de communiquer ce que ressent un Yucateco. Beaucoup de musiciens de trova sont devenus célèbres, comme Armando Manzanero ; il a fait connaître la trova dans le monde entier.  Aussi, la robe du Yucatan, que les chanteuses de trova portent en général, est très semblable à la robe indigène qui est toujours largement en usage dans les villages mayas.

     

    Avez-vous un message pour le monde ?

    Chaque pays et chaque ville a ses propres racines et coutumes. Il est très important de les préserver, mais aussi de les valoriser. N’échangez vos traditions pour rien au monde. Vous devez continuer à les protéger. Et, surtout, continuez à travailler dans ces domaines traditionnels. Ne les laissez pas disparaître et ne laissez pas d’autres pratiques les remplacer et anéantir ce qu’il y a de beau dans ce monde. Merci aussi pour votre intérêt pour la culture du Yucatan, c'est quelque chose que nous apprécions.

     

    Texte original de Marion Gommard-Jouan sur www.chomlaik.com (traduit de l'anglais).

     

     

    L'auteure

    Marion Gommard-Jouan, globe-trotteuse des arts vivants

    Marion Gommard-Jouan

    Marion n'a pas perdu de temps. Des études brillantes, une belle expérience professionnelle à l'étranger, un mariage d'amour, et maintenant un tour du monde comme voyage de noces… pas mal à seulement 26 ans. Après avoir grandi au Mans, la jeune femme aussi douce et souriante que déterminée a fait ses études à Nantes : une classe préparatoire, puis l'école prestigieuse Audencia, qu'elle a choisie pour son master spécialisé sur les organisations culturelles et son ouverture sur l'international. "Avant d'être diplômée, je suis partie au Cambodge. J’y ai été embauchée et en parallèle, j'ai suivi des cours du soir et ai terminé là-bas mon master en management des institutions culturelles."

    Elle occupe pendant près de quatre ans le poste de responsable communication pour Cambodian Living Arts et rencontre de nombreux artistes traditionnels. Leur vision de l'art l'interpelle et lui donne envie de la confronter à celle d'autres professionnels de l'art traditionnel à travers le monde. Un projet qui rejoint un autre rêve, planifié depuis des années avec son petit copain David Jouan, 29 ans aujourd'hui, amoureux de la Bretagne et marin aguerri : un tour du monde à la voile. Fin 2014, le couple fait un aller-retour vers la France pour se marier et Marion trouve une nouvelle mission, "six mois pour le festival Musiques Métisses à Angoulême". L'été dernier, ils achètent leur voilier, un monocoque en acier de 10 mètres.

    Après un voyage d'un mois et demi en Inde, Marion et David ont entamé leur tour du monde à la voile le 11 novembre dernier. À chaque escale, ils rencontrent des acteurs de l'art traditionnel, dénichés grâce à des associations locales, au réseau des Alliances françaises… et directement sur le terrain. Les interviews sont rassemblées sur un site, Chomlaik.com. "En khmer, chomlaik signifie étrange, bizarre. C'est un clin d’œil au Cambodge où est né le projet, et j'ai choisi ce nom parce qu’en faisant dialoguer ces artistes du monde, il ressort des similarités mais aussi parfois des différences étonnantes. On prend souvent l’autre, l’inconnu, l’étranger pour bizarre."

    En savoir plus : www.chomlaik.com / Marion Gommard-Jouan sur Linkedin

     

    Bonus : la danse magique de dauphins autour du voilier de Marion et David...

    Dolphins from Marion Gommard on Vimeo.

     

    Thibaut Angelvy

     

    Lire tous les épisodes du feuilleton Chomlaik

     

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