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    Du blues-rock de Téquila à celui du One-man band…

    Philippe & Brigitte Ménard : live affair

    Philippe Ménard, one-man band Philippe Ménard, one-man band

    "I woke up this morning, my baby was gone

    I've been so bad, I'm all alone

    I ain't got nobody stayin' home with me

    My baby she's gone, I'm in misery…"

     

    Philippe Ménard a beau chanter le blues, il peut difficilement s'emparer de celui de B.B. King.  Car sa "baby" est toujours à côté de lui, ombre du guitariste nantais qui depuis 20 ans monte seul sur scène en pleine lumière. Et de Téquila au one-man band, l'objectif est resté le même : jouer, jouer, jouer… Pour une vie passée sur la route, à deux, ever and ever.

    Elle n'a raté aucun de ses concerts, sauf un peut-être, pour une raison forcément majeure, depuis 1987. Depuis qu'ils se sont rencontrés et aimés. Aujourd'hui, le one-man band de Philippe Ménard est en réalité un man & woman band. Une histoire de couple qui n'a rien à voir avec celles que le bluesman guitariste le plus célèbre au nord de la Loire, et dans le reste du continent, chante à longueur d'année. Une histoire qui a largement dépassé le temps étriqué des 12 mesures.

    Pourtant, Brigitte reste dans l'ombre de la scène, gérant les dates, les contrats et la logistique de son musicien de mari. "Je suis son manager depuis 1988, année où l'on s'est mariés suite à un accident, en Hollande. C'était à La Chapelle-sur-Erdre. Le soir, il jouait au Maltais, à Nantes." Elle n'en dira pas plus, si ce n'est qu'elle a évidemment fait tourner Téquila, le groupe auquel le nom de Philippe reste aujourd'hui encore associé, et qui a sévi sous quatre formations de musiciens différentes au fil des années. Et la route a été longue, belle et douloureuse, et surtout sans concession, pour en arriver là…

    "It's my life, baby

    Don't try to change my ways

    Well, if you want my loving

    Don't make no graveyard play"

    It's my life, baby - Johnny Winter

     

    Philippe Ménard et Johnny Winter Alors qu'aujourd'hui il attend de pied ferme la soixantaine, Philippe n'en oublie pas ses racines… en Saône-et-Loire, "le meilleur pays pour la crème fraîche, la viande, le vin, la chrétienté et les bluesmen bien sûr". Il y restera jusqu'en 69, l'année de Woodstock. Il a 16 ans et toute la famille suit le père, dentiste, qui a des envies de Bordeaux. "J'avais déjà découvert ma première guitare, deux ans avant, dans le grenier. Je l'ai prise sans rien dire. Mon premier morceau : "Si vous allez à San Francisco" de Johnny. Tout était faux. C'est au bout de quatre jours que j'ai compris que je jouais à l'envers". Comme Hendrix, le bluesman du 71 est en effet gaucher.

    Un an plus tard, le festival d'Aix-en-Provence annonce ses stars : Magma, Catherine Ribeiro, Mungo Jerry, Colosseum… et Johnny Winter, "dans sa grande époque rock'n roll. Ça a été la calotte de ma vie ! À la fin du concert, j'ai dit à mon frère : "Je veux faire ça". Fini l'ambition de devenir vétérinaire. Du jour au lendemain, j'ai tout foutu en l'air". Il y aura bien l'école d'électronique, "mais au bout de quatre ans, j'en suis parti un après-midi, après avoir regardé dehors."

    Vient alors le temps des premiers groupes rock, au lycée, à commencer par les Melting Streams – "car le nom était déjà écrit sur la batterie qu'on avait récupérée" – avec un chanteur qui composera par la suite pour… la Bande à Basile. Suivront Arbre, "en trio ou à quatre, sur des "atmosphères musicales" et de l'impro", et Moby Dick, "un nom qui porte malheur. Deux musiciens sont morts dans deux accidents, dont un où j'étais présent." Quelques années plus tard, c'est le batteur d'un autre groupe, ZigZag, qui trouvera à son tour la mort sur la route, en compagnie de Philippe.

    Café de l'Europe

    En 1973, Nantes, enfin. "Heureusement, vu la musique que j'aime et ce que je voulais faire. En Bretagne – une région qui n'existait pas à mes yeux quand j'étais en Saône-et-Loire ! –, il y a toujours eu un respect de la musique, tradition celte, sans doute." Il arrive dans la cité des Ducs après 11 jours de route, à pied, un sac sur le dos, une guitare à l'épaule et un bout de plastique avec le nom de sa destination à la main. "Je suis entré chez Violin, magasin de musique réputé rock où ils m'ont dit d'aller au café de l'Europe, place du Com', pour trouver des musiciens. J'ai poussé la porte et j'ai vu un type au bar avec une moumoute orange et des cheveux violets". C'est Nobby Clarke, saxophoniste breton d'origine britannique qui va croiser la route du guitariste jusqu'à sa disparition en 2010.

    C'est Carol, nouveau groupe, qui prend le relais. "Des compos, des concerts dans des maisons de jeunes… ça a duré quatre ans". Philippe vit alors avec Claudine, qui décide de se mettre à la basse. Un batteur vient compléter le trio. Téquila fait ses premiers pas. "En parallèle, Albert Choisnet voulait aussi monter un groupe, Cambouis, que je rejoins également". Un soir, Téquila assure même la première partie de Cambouis : "Deux concerts, deux looks dans la même nuit. Téquila fait un super tabac. Je décide donc de lâcher Cambouis."

     

    "In a dream last night

    Where I heard you call my name

    Well, I took it as an omen

    And I jumped on the very first weight train"

    As the crow flies - Rory Gallagher

     

    Brigitte Ménard Dans le répertoire de Téquila : des compositions en français ainsi que des reprises de Johnny Winter… et de Rory Gallagher. "J'avais découvert ses disques à Bordeaux, mais c'est à Nantes que je l'ai vu pour la première fois lors de son Irish Tour 74". Comme le guitariste albinos avant lui, l'Irlandais va à son tour marquer le jeu du Nantais, qui n'a qu'un regret à ce jour : ne pas être monté sur scène avec lui, alors qu'enfin, au bout de plusieurs années d'approche et après des discussions dans son studio londonien avec son impresario de frère, l'affaire semblait en bonne voie… avant que la mort ne frappe une fois de plus, le 14 juin 1995.

    En 1977, Téquila part sur la route, et est de retour un an plus tard pour un festival à Carquefou. "On a joué le premier soir devant plus de 10 000 personnes au moment de l'éclipse de lune". Meilleure qu'une bonne étoile : le lendemain matin, la maison de disque Hexagone appelait de Paris pour signer avec le groupe. "On était les premiers Nantais à sortir un 33 tours : "Lâchés, les lions", avec une pochette de Mondino ! Du blues-rock en français, une fille à la basse… ça a fait la différence". Trois albums étaient prévus. Le 2e sera enregistré à Londres, "la nuit, parce que les studios étaient moins chers". Puis le groupe se fâche avec son manager (qui est aussi celui de Trust) et le troisième disque est finalisé dans le studio de Daho à Rennes.

    Jouer !

    La route devient plus cahoteuse : le batteur quitte la formation, Téquila devient Appaloosa, et de nouveau Téquila, tandis que Philippe joue aussi en duo avec Patrick Cany, un chanteur. Puis c'est la séparation avec Claudine, avant la rencontre avec Brigitte. "À partir de là, notre philosophie est restée la même : ne plus signer – on était guéris – mais jouer ! À 20 ans, tu montes un groupe pour jouer, et à 30 ou 40 ans, c'est simple, tu continues. Quand tu joues régulièrement, tu gagnes ta vie, notamment quand tu produis toi-même à côté. Je considérais d'ailleurs que l'Assedic était du vol, même si les copains avaient des bagnoles neuves et que moi je devais bloquer le compteur électrique de ma ferme avec une corde de guitare. Et je pense toujours que ce n'est pas un bon système. Je préférerais un statut d'artisan avec peu de charges, par exemple…"

    Jouer, même si rien n'est gagné d'avance : un quatrième album qui ne sortira jamais, une escapade avec Apartheid Not, un nouveau batteur pour une tournée en Europe de l'Est, un changement de formule "avec des compos plus black et des reprises d'Hendrix"… avant le premier live de Téquila "tout en anglais, pour pouvoir jouer aussi à l'étranger". C'est d'ailleurs de Slovaquie que Philippe reviendra avec deux jeunes musiciens, bassiste et batteur. "Sauf qu'il leur était impossible d'obtenir un visa et encore moins d'accéder à l'intermittence. Trop, c'est trop. J'ai alors commencé à jouer seul."

     

    Hey little girl

    You strutting down the alley

    Hey little girl

    Won’t you stop dan come my way ?

    Tons of love – Philippe Ménard

     

    Écoutez des extraits des deux premiers morceaux de Mayday !, le dernier album de Philippe Ménard :

    - Oh ! Boy !

     

    - Et pour les Nantais : Down at the Pearly Café

    Le one-man band est né en 1994, et le premier album solo est sorti en 1996. "Depuis, je garde ce rythme d'un album auto-produit tous les deux ans." Le neuvième, MayDay!, est d'ailleurs disponible depuis peu. Entre-temps, Philippe et Brigitte continuent de sillonner les routes, en France, en Allemagne, en Hollande… jusqu'au Japon et à Memphis ! "Et finalement, assez peu dans l'Ouest. On n'est pas plus ici qu'ailleurs. C'est vrai qu'aujourd'hui, il faut travailler plus pour gagner pareil et maintenir ce niveau. Bars, salles, festivals… on est davantage sur la route qu'au début. Mais on n'est pas à plaindre. Je joue seul, on vit à deux, sans enfant…"

    Cette formule lui a même permis de côtoyer quelques grands noms. "C'est vrai qu'on me propose plus facilement des premières parties intéressantes". Pour preuve, Alvin Lee, John Mayall, Maceo Parker, Lucky Peterson, Eddy Clearwater, Jean-Jacques Milteau… sans oublier Johnny Winter : il aura ainsi fallu 40 ans pour que le "maître et l'élève" se rencontrent enfin, en 2011. Et c'est dans la maison jaune, blottie dans les arbres, dans ce coin de Loire-Atlantique où Brigitte est née, qu'ils reviennent toujours. Pour se reposer, et retravailler, dans le garage aménagé en studio, continuant d'explorer les routes du blues. "Le mien n'est pas traditionnel, pas très respectueux de l'éthique, plus rock. Mais à chaque sortie de disque, les puristes ne me descendent pas. Peut-être qu'être un one-man band, ça suffit". Pardon, un man & woman band.

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    (Vidéo réalisée en 2009)

     

     

    Pour en savoir sur  Philippe Ménard, sa discographie, ses dates et écouter ses chansons :

    www.philippemenard.com

    https://myspace.com/philippemenard

    Olivier Retail - Journaliste et rédaction en chef
    Olivier Retail - Journaliste et rédaction en chef

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