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    Chomlaik, ép. 4

    Portugal : Diana Botelho et Renata Pawelec, la tradition comme inspiration

    Diana Botelho Diana Botelho - © Marion Gommard-Jouan

    Diana a grandi dans l'archipel des Açores puis est allée en métropole pour étudier le droit. Avocate en formation, elle est aussi chanteuse de fado sur son temps libre. Renata a découvert le fado lorsqu'elle vivait en Pologne, et elle a décidé de s'installer au Portugal en 2014 pour apprendre la langue et devenir chanteuse de fado. Elle pratique aussi les arts plastiques et a notamment réalisé des collages sur le fado (voir galerie). Le fado est une musique traditionnelle portugaise mélancolique, reconnue par l'Unesco en tant que patrimoine immatériel de l'humanité. (Quatrième épisode du feuilleton Chomlaik).

     

     

     

     

    Comment vous êtes-vous intéressées au Fado ?

    Diana Botelho : Je suis partie des Açores pour aller étudier à Porto, puis à Lisbonne où j'ai terminé mon master. J'ai eu la chance de vivre dans le quartier Alfama, où j'ai découvert le fado et réalisé que c'était magique. Je chantais déjà d'autres styles de musique, et je pensais que le fado n'était pas pour moi. Quand on me demandait une chanson de fado, je refusais. Mais j'ai finalement osé essayer il y a quatre mois… et je ne sais même pas comment c'est arrivé, mais je suis ravie de faire du fado désormais !

    Renata Pawelec : Il y a cinq ans, j'ai entendu du fado lors d'un voyage au Portugal. J'ai trouvé que c'était quelque chose de vraiment spécial, que nous n'avons pas en Pologne. La sensibilité des musiciens, la beauté de la musique : il y a une dimension très sentimentale… et j'ai pensé que cela manquait à mon pays. De retour en Pologne, j'ai écouté Maria Rodriguez et d'autres chanteurs sur internet. Cela faisait alors vingt ans que je travaillais avec les arts plastiques, et j'ai décidé de faire quelque chose de différent, quelque chose que j'aimais profondément… et j'ai découvert que c'est le chant ! Il y a un an, j'ai donc décidé d'emménager à Lisbonne. Ce qui est merveilleux, c'est que lorsque je suis arrivée là-bas, j'ai rencontré tous ces chanteurs dans les rues de Lisbonne ! Par exemple, je me baladais par ici un soir, et à travers la fenêtre du café où nous sommes j'ai vu un chanteur de fado que j'adore. C'est la magie de Lisbonne !



    Comment définiriez-vous le fado ?

    DB : Le fado n'a pas de définition. Si vous posez la question à différentes personnes, chacun aura sa propre vision, c'est très personnel. Pour moi, le fado est une manière de s'évader, un refuge. C'est un moyen de laisser sortir ses émotions. Il y a des paroles de fado qui disent "le fado est tout ce que je dis et tout ce que je peux dire". C'est cela pour moi : une manière de s'exprimer, et de laisser sortir quelque chose d'indéfinissable… Comme d'autres formes d'art : la peinture, la danse…

    RP : L'art touche à la fois l'âme de la personne qui le crée et celle de la personne qui le reçoit. C'est quelque chose qui est précieux, qui doit être de qualité et vraiment spécial. Je pense que le fado répond à tous ces critères, car il est issu d'une longue tradition et a été protégé afin d'éviter qu'il ne subisse trop de changements. Les chanteurs de fado ont vraiment essayé de garder la tradition intacte. La musique a été préservée pendant un siècle, et sa forme actuelle est encore très proche de sa version originelle. Même si, bien sûr, des chanteurs développent aujourd'hui cet art en le mélangeant avec d'autres styles, par exemple en introduisant de nouveaux instruments.



    Comment envisagez-vous le futur du fado ?

    DB : Le fado ne mourra jamais. C'est un style musical qui a connu un certain nombre d'évolutions sur les dernières décennies. Les chanteurs d'aujourd'hui le pratiquent d'une manière très différente aux chanteurs des années soixante-dix ou quatre-vingt. Il y a davantage d'influences latines, comme la bossa nova. Certains disent que ce nouveau style n'est pas du fado, et craignent que la tradition disparaisse. Mais selon moi c'est toujours du fado, car chanter le fado c'est avant tout s’exprimer ! Le fado fait partie du patrimoine immatériel de l'humanité, et c'est l'un des éléments qui fondent la spécificité du Portugal. Donc il fera toujours partie du Portugal, et je pense qu'il ne mourra jamais.

     

    RP : Je pense qu'il y aura deux courants : un qui restera très traditionnel, et un, qui existe déjà, qui prendra le fado comme source d’inspiration. Y compris pour les personnes d'autres cultures d'Europe ou d'Amérique, comme moi. C'est un genre musical, un type d'émotion qui peut inspirer d'autres styles musicaux. Et il peut aussi inspirer d'autres formes d'art : je réalise ainsi des œuvres plastiques sur le fado. Grâce au fado, j'ai aussi découvert d'autres styles musicaux de régions lusophones, comme le Brésil. Et je pense que la musique brésilienne a également une grande valeur sentimentale. Le monde du fado est très inspirant. Je n'ai pas encore mis toute cette inspiration dans mon travail. Mais ce monde de la nuit, ces endroits où les personnes se réunissent et chantent des chansons très profondes, sentimentales, et parfois aussi très joyeuses, ces endroits aux alentours de Lisbonne qui est une belle et ancienne ville, tout ceci est très inspirant. Pour moi, c'est comme révéler les secrets du cœur. Et je suis encore en train d'explorer comment transcrire cela sur support visuel.



    En recherchant des artistes à travers le monde, je rencontre plus d'artistes masculins. Qu'en est-il avec le fado ?

    DB : En fait, il y a plus de femmes que d'hommes qui chantent le fado. Ce n'est pas lié à la difficulté ou la beauté de la musique, car il y a des enregistrements magnifiques aussi bien de femmes que d'hommes… c'est juste qu'il y a plus de femmes qui chantent le fado ! Mais certains hommes chantent vraiment merveilleusement bien, et quand on les entend on se dit "Mon dieu, si seulement je pouvais faire cela…".



    Avez-vous un message à faire passer ?

    DB : Je pense qu'aujourd'hui il manque quelque chose dans le monde. Et je pense que le fado et tous les styles de musique peuvent être utiles à l'humanité. Si nos actions sont guidées par le cœur plutôt que par la tête, au lieu de nous demander si ce pays a plus d'armes que le nôtre ou si cet immigrant va faire exploser ma maison, si nous mettons du cœur à l'ouvrage, à travers de vraies peintures, de la vraie musique, de la vraie sculpture… ce sera alors un monde meilleur.

    RP : Les racines de votre pays sont précieuses. Je suis fascinée par le fado, mais cela fait aussi écho à la musique du pays d'où je viens. Donc prenez soin de vos traditions. Et faites ce que vous avez envie de faire ! Suivez vos rêves !

     

    Texte original de Marion Gommard-Jouan sur www.chomlaik.com (traduit de l'anglais).

     


     

     

     

    Travaux artistiques sur le Fado © Renata Pawelec

    Cliquer sur l'une des images pour l'afficher en grand.

     

     

     

    L'auteure

    Marion Gommard-Jouan, globe-trotteuse des arts vivants

    Marion Gommard-Jouan

    Marion n'a pas perdu de temps. Des études brillantes, une belle expérience professionnelle à l'étranger, un mariage d'amour, et maintenant un tour du monde comme voyage de noces… pas mal à seulement 26 ans. Après avoir grandi au Mans, la jeune femme aussi douce et souriante que déterminée a fait ses études à Nantes : une classe préparatoire, puis l'école prestigieuse Audencia, qu'elle a choisie pour son master spécialisé sur les organisations culturelles et son ouverture sur l'international. "Avant d'être diplômée, je suis partie au Cambodge. J’y ai été embauchée et en parallèle, j'ai suivi des cours du soir et ai terminé là-bas mon master en management des institutions culturelles."

    Elle occupe pendant près de quatre ans le poste de responsable communication pour Cambodian Living Arts et rencontre de nombreux artistes traditionnels. Leur vision de l'art l'interpelle et lui donne envie de la confronter à celle d'autres professionnels de l'art traditionnel à travers le monde. Un projet qui rejoint un autre rêve, planifié depuis des années avec son petit copain David Jouan, 29 ans aujourd'hui, amoureux de la Bretagne et marin aguerri : un tour du monde à la voile. Fin 2014, le couple fait un aller-retour vers la France pour se marier et Marion trouve une nouvelle mission, "six mois pour le festival Musiques Métisses à Angoulême". L'été dernier, ils achètent leur voilier, un monocoque en acier de 10 mètres.

    Après un voyage d'un mois et demi en Inde, Marion et David ont entamé leur tour du monde à la voile le 11 novembre dernier. À chaque escale, ils rencontrent des acteurs de l'art traditionnel, dénichés grâce à des associations locales, au réseau des Alliances françaises… et directement sur le terrain. Les interviews sont rassemblées sur un site, Chomlaik.com. "En khmer, chomlaik signifie étrange, bizarre. C'est un clin d’œil au Cambodge où est né le projet, et j'ai choisi ce nom parce qu’en faisant dialoguer ces artistes du monde, il ressort des similarités mais aussi parfois des différences étonnantes. On prend souvent l’autre, l’inconnu, l’étranger pour bizarre."

    En savoir plus : www.chomlaik.com / Marion Gommard-Jouan sur Linkedin

     

    Bonus : la danse magique de dauphins autour du voilier de Marion et David...

    Dolphins from Marion Gommard on Vimeo.

     

    Thibaut Angelvy

     

    Lire tous les épisodes du feuilleton Chomlaik

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