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    C'est vous qui le dites ! #9

    Quelques gouttes de TVA qui font déborder les libraires indépendants !

    Tribune de Daniel Cousinard Tribune de Daniel Cousinard - © Terri(s)toires

    La 14e fête de la librairie indépendante, qui s’est déroulée le samedi 28 avril, est pour les libraires indépendants l’occasion de mettre en avant les spécificités et les valeurs de leur métier. Pourtant, cette année, la fête avait un petit goût amer. La faute à quoi ? Sans doute à cette petite goutte de TVA que le gouvernement a laissé tomber le 1er avril dernier dans la vaste marmite littéraire de la profession. (par Daniel Cousinard)

    A priori, pas de quoi, pourtant, hurler à l’infamie. De nombreux secteurs se sont trouvés soumis au même régime le 1er janvier lorsque le gouvernement a fait passer le taux réduit de TVA de 5.5 % à 7 %, et cela n’a pas créé plus de polémiques que ça. Pour les libraires, par contre, quelques mois à peine après les "Rencontres nationales de la librairie" qui avaient permis à de nombreux observateurs, dont les pouvoirs publics, de prendre conscience de l’état préoccupant de la librairie indépendante, la nouvelle leur a fait l’effet d’une douche froide.

    Avec des prix fixés par les éditeurs, ils étaient en effet dans l’impossibilité technique de répercuter la hausse de TVA sur le prix de vente. Ils se retrouvaient donc dans l’obligation de l’absorber sur leur marge commerciale, alors que celle-ci est notoirement l’une des plus faibles du commerce de détail. Avec une rentabilité souvent proche de zéro, cela revenait à signer l’arrêt de mort de bon nombre d’entre eux.

    Un travail de titan

    Si les libraires ont fini par obtenir que les principaux éditeurs modifient leurs prix, il en est resté malgré tout beaucoup parmi les plus petits à refuser de le faire. À cela, il faut ajouter le ré-étiquetage de milliers de prix imprimés sur les livres déjà en circulation. Un travail de titan pour lequel ils n’ont ni le temps ni la main d’œuvre nécessaires. En attendant, ils doivent maintenant passer leur journée à justifier auprès de leurs clients la différence entre le prix imprimé et celui qu’ils leur demandent de régler. Un sujet de conversation dont ils se seraient volontiers passés.

    Au final, même si le pire a été évité sur le plan économique, le bilan reste plutôt mitigé : la hausse n’est que partiellement absorbée et le ré-étiquetage qui prendra des semaines, voire des mois, leur coûtera cher. Tout cela pour 60 millions d’euros de recettes attendus, à comparer aux 1 700 milliards de la dette nationale. Pendant ce temps, le ciel de la profession continue de s’assombrir avec, entre autres menaces, la concurrence des cybermarchands et l’avènement sans cesse annoncé de l’ère du livre numérique.

    Cybermarchands et livre numérique

     

    Sur les ventes en ligne, les librairies indépendantes peinent à faire leur chemin. Elles ne peuvent toujours pas s’aligner sur la gratuité des frais de port initiée par le site Amazon (peu préoccupé par ailleurs par le sujet de la TVA, puisqu’il s’est opportunément domicilié au Luxembourg !).

     

    Les grands sites, au premier rang desquels on retrouve le même Amazon, ont par ailleurs mis en place des marketplaces où la loi sur le prix du livre est largement piétinée, ce qui contribue à fragiliser les libraires indépendants.

    Quant au livre numérique, la menace qui plane est tout simplement à l’échelle de la planète : les tentatives de déréglementation des grands acteurs internationaux se multiplient pour laisser aux vertus de la libre concurrence le soin de faire le ménage en forçant les éditeurs à abandonner le prix unique.

    Bien sûr, la librairie n’est pas le seul commerce à souffrir des mutations de son environnement. On peut donc s’interroger sur ce qui pourrait justifier d’épargner cette profession plus qu’une autre de l’effort national que représente cette hausse de la TVA.

    "Le livre n’est pas une marchandise comme les autres"

    Pour les libraires, la réponse est évidente. Le livre n’est pas une marchandise comme les autres. Parce qu’il est intimement lié à la vie et à l’histoire de l’humanité, il constitue un bien précieux, un espace de liberté de conscience et d’expression. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir le sort que ne manquent pas de lui réserver toutes les dictatures à travers le monde et l’histoire. Qu’il soit de papier ou numérique, il a donc aussi besoin de médiateurs qui disposent d’un minimum de connaissances et d’expérience pour permettre à un public extrêmement diversifié dans ses attentes et ses pratiques de lecture de s’y retrouver un minimum parmi le million de références disponibles et les 60 000 nouveautés publiées chaque année.

    Aucun site internet, aussi bien fait soit-il, ne permettra à un élève un peu distrait de trouver Les femmes s’en vantent de Molière ou le célèbre Liliane est au lycée d’Homère. Aucun algorithme ne permettra jamais à un lecteur de savoir si tel livre a une chance de lui plaire ou s’il correspond à sa formation, à ce qu’il recherche. Aucun écran ne permettra de prendre en main un livre pour le sentir et le toucher, ni de rencontrer et de débattre avec un auteur dans l’ambiance apaisée d’une librairie.

    Les libraires constituent un des maillons essentiels (ils ne sont pas les seuls) de cette complexe et fragile chaîne du livre. Au même titre que les bibliothécaires ou les éditeurs, ils sont des professionnels du livre qui essayent, à leur échelle, de permettre à de multiples voix, celles des auteurs, de trouver un public. Et à tous ces publics pour qui la lecture constitue un moyen privilégié d’accès à la connaissance, ou un simple moment de plaisir et de partage, de trouver un conseil et une écoute attentive.

    Pouvoirs publics : un soutien indispensable

    Les pouvoirs publics l’ont compris depuis le début des années quatre-vingts en protégeant le livre et sa distribution par une législation spécifique, confortée et renforcée au fil des ans par les gouvernements successifs et de tout bord. Les Régions, et notamment celle des Pays de Loire, s’investissent dans des politiques du livre qui permettent à tous ses acteurs, et donc aux libraires, de rester présents sur tout le territoire afin d'offrir un accès à tous à ces lieux de vie et d’échanges.

    Si nul ne conteste les réalités économiques qui pèsent sur les États et les conséquences sur les politiques publiques, les libraires indépendants ont du mal à comprendre l’intérêt de fragiliser encore un peu plus leur équilibre précaire par ces quelques gouttes de TVA.

     

    Parce que les bonnes idées se partagent…

    … et parce que nous croyons qu'il faut toujours favoriser le partage des idées, Terri(s)toires ouvre ses pages aux prises de parole des acteurs des territoires. Notre rubrique "C'est vous qui le dites !" est une chronique où nous souhaitons accueillir les points de vue les plus divers, ceux de simples particuliers et ceux d'experts patentés, parlant en leur nom propre ou pour le compte d'une organisation, d'une association ou d'un groupe… pour en tout cas provoquer le débat.

    Parmi les thématiques que nous privilégions, il y a celles qui intéressent la communauté des "Terri(s)toriens" : les initiatives sociétales de tous ordres, les modes de vie, et la culture dans son sens le plus large. Nous choisissons cependant de ne pas limiter les sujets potentiels, car c'est bien la nouveauté ou l'originalité des analyses, des opinions et des points de vue qui nous intéresse… et qui intéressera les lecteurs de Terri(s)toires.

    La rédaction se réserve le droit d'agréer les propositions qui lui seront faites. Pour proposer un texte, il suffit de nous contacter sur redaction@terristoires.info.

     

    Daniel Cousinard, gérant de la librairie Durance à Nantes

     

    Daniel Cousinard,

    Dirigeant de la librairie L.Durance à Nantes

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