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    République Dominicaine - Périclès Vargas : transmettre la magie de la musique

    Périclès Vargas Périclès Vargas - © Marion Gommard-Jouan

    Périclès Vargas, que ses amis appellent Felo, a 70 ans. Il dirige la seule école de musique de Luperon, installée à son domicile. Né dans ce village de la côte Nord de la République Dominicaine, il y a toujours vécu. Il a commencé à apprendre la musique à l'âge de 10 ans dans une petite école soutenue par la municipalité et a étudié la guitare, les percussions et d'autres instruments utilisés par les groupes de musique locaux. Felo a ensuite poursuivi son apprentissage au conservatoire, mais aussi grâce à sa curiosité. Lorsqu'il lui a fallu gagner sa vie, il a commencé à jouer ici et là. Il est désormais le professeur de musique attitré de son village natal. (Septième épisode du feuilleton Chomlaik).

     

     

    Comment avez-vous commencé la musique ?

    "Dès petit, je m’intéressais aux sons. Avant même de vouloir devenir musicien, j'accordais beaucoup d'attention aux mélodies et à la façon dont les sons se mélangent. J'ai ensuite commencé à en apprendre un peu plus sur la musique et à jouer. Je voulais comprendre le mystère, l'enchantement créé par les sons. Ensuite, j'ai ressenti le besoin d'aller dans une plus grande ville où il y avait une réelle institution musicale. J'ai pu y recevoir un meilleur enseignement, acheter un instrument de musique et des partitions. Le problème, c'est que l'éducation musicale était utilisée de manière politique plutôt qu'artistique. Les responsables des programmes changeaient en même temps que les dirigeants politiques, et il n'y avait donc pas de continuité dans l'enseignement. Très peu de municipalités ont mené des programmes culturels forts et cohérents. En République Dominicaine, il y a des écoles de musique d'un certain niveau dans les villes de province. Ensuite, les étudiants qui veulent poursuivre leurs études et devenir musiciens professionnels doivent se rendre à l'École des Beaux-Arts ou au Conservatoire National de Musique de la capitale."

     

    Qu'est-ce que la musique traditionnelle dominicaine a de particulier ?

    "La République dominicaine a été colonisée par les Espagnols, donc sa culture est liée à l'Europe. Dans de nombreux villages européens, vous avez des groupes locaux qui jouent de la musique folklorique, comme les bandas en Espagne. On retrouve ici cette culture de groupes locaux qui jouent de la musique festive pour les événements de villages. Les groupes ont un répertoire varié qui va des marches militaires aux polkas en passant par les valses, et bien d'autres styles."


    Que représente la musique pour vous ?

    "Je crois qu'on peut exprimer beaucoup de choses à travers les arts, et que la musique est la forme la plus simple et la plus adaptable des arts. Lorsque vous jouez de la musique, vous exprimez quelque chose. Lorsque vous écoutez de la musique, les sons commencent à vous donner des pensées. Le musicien pense à une image et la traduit en sons, exactement comme si les sons étaient de la peinture. Les sons sont très spirituels."

     

    Comment la musique dominicaine évolue-t-elle ?

    "Le problème, c'est que les écoles communales comme celle que je dirige sont de petite taille, et elles ne sont pas viables économiquement. Lorsqu'ils grandissent, les jeunes doivent aller à l'université ou dans les écoles techniques, et ils partent dans d'autres villes. Il arrive donc souvent que les étudiants viennent ici pour apprendre un instrument pendant seulement 6, 8 ou 12 mois avant de s'en aller. Par conséquent, il y a très peu d'étudiants qui cherchent à atteindre un bon niveau musical. Enseigner ici est une tâche difficile.

    Comme le monde change, de nombreux types de musique émergent. D'abord le merengue, qui provient de la musique folklorique espagnole, le pasodoble. Il se joue avec les mêmes structures de temps. À l'origine, le merengue se jouait avec des instruments à cordes : guitare, mandoline, quinto dominicain, marimbula. Au fil du temps, ils ont été remplacés par l'accordéon diatonique et le tuba, voire le trombone. C'est seulement plus tard que le saxophone est arrivé dans la composition des instruments de merengue. Notamment les saxophones alto, qui sont devenus les principaux instruments mélodiques. Le merengue a alors évolué pour être joué essentiellement avec des cuivres. Ils sont accompagnés par des percussions, dont le tambora, le guiro et le conga, aussi appelé tumbadora, qui provient de Cuba. Il y a un très bon musicien de merengue que j'aime beaucoup et qui s'appelle Juan Espinoza. Mais l'icône du merengue dominicain est El compadre Pedro Juan, qui a été composée par Luis Alberti.

    Plus tard, le merengue a évolué avec l'influence de la musique cubaine. Par exemple avec l'introduction du conga, un grand tambour. Et aujourd'hui, le merengue change beaucoup. Toutes les formes d'art doivent évoluer, mais elles peuvent évoluer de façon plus ou moins rigide. Si vous ne respectez pas une forme d'art, elle se pervertit."

     

    Comment envisagez-vous l'avenir de la musique dominicaine ?

    "Eh bien, elle doit continuer à exister ! Dans tous les cas, je ne pense pas que la musique dominicaine va mourir. Mais aujourd'hui, ce qui fonctionne est la musique populaire, ce que nous appelons bachata. Il s'agit de la musique jouée avec des instruments accessibles : guitares, percussions, bongos, batterie… Le monde est plus ouvert et nous sommes influencés par une culture internationale. Mais, du coup, la musique populaire a un peu tendance à devenir la même partout dans le monde… Peu de mes anciens élèves jouent encore de la musique. La plupart abandonnent les cours de musique lorsqu'ils commencent leurs études. Très peu d'entre eux ont embrassé une carrière professionnelle. Si je suis encore le professeur de musique de ce village, c'est parce qu'il n'y a personne pour prendre la relève. J'ai souvent demandé à la mairie de soutenir les cours de musique, mais les hommes politiques semblent avoir d'autres choses à faire et n'ont jamais aidé. C'est difficile."

     

    Avez-vous un message à faire passer ?

    "Je souhaite à tous les habitants du monde d'apprendre la musique ! C'est facile d'essayer un instrument, de prendre des cours, alors foncez !"

     

    Texte original de Marion Gommard-Jouan sur www.chomlaik.com (traduit de l'anglais).

     

     

     

    L'auteure

    Marion Gommard-Jouan, globe-trotteuse des arts vivants

    Marion Gommard-Jouan

    Marion n'a pas perdu de temps. Des études brillantes, une belle expérience professionnelle à l'étranger, un mariage d'amour, et maintenant un tour du monde comme voyage de noces… pas mal à seulement 26 ans. Après avoir grandi au Mans, la jeune femme aussi douce et souriante que déterminée a fait ses études à Nantes : une classe préparatoire, puis l'école prestigieuse Audencia, qu'elle a choisie pour son master spécialisé sur les organisations culturelles et son ouverture sur l'international. "Avant d'être diplômée, je suis partie au Cambodge. J’y ai été embauchée et en parallèle, j'ai suivi des cours du soir et ai terminé là-bas mon master en management des institutions culturelles."

    Elle occupe pendant près de quatre ans le poste de responsable communication pour Cambodian Living Arts et rencontre de nombreux artistes traditionnels. Leur vision de l'art l'interpelle et lui donne envie de la confronter à celle d'autres professionnels de l'art traditionnel à travers le monde. Un projet qui rejoint un autre rêve, planifié depuis des années avec son petit copain David Jouan, 29 ans aujourd'hui, amoureux de la Bretagne et marin aguerri : un tour du monde à la voile. Fin 2014, le couple fait un aller-retour vers la France pour se marier et Marion trouve une nouvelle mission, "six mois pour le festival Musiques Métisses à Angoulême". L'été dernier, ils achètent leur voilier, un monocoque en acier de 10 mètres.

    Après un voyage d'un mois et demi en Inde, Marion et David ont entamé leur tour du monde à la voile le 11 novembre dernier. À chaque escale, ils rencontrent des acteurs de l'art traditionnel, dénichés grâce à des associations locales, au réseau des Alliances françaises… et directement sur le terrain. Les interviews sont rassemblées sur un site, Chomlaik.com. "En khmer, chomlaik signifie étrange, bizarre. C'est un clin d’œil au Cambodge où est né le projet, et j'ai choisi ce nom parce qu’en faisant dialoguer ces artistes du monde, il ressort des similarités mais aussi parfois des différences étonnantes. On prend souvent l’autre, l’inconnu, l’étranger pour bizarre."

    En savoir plus : www.chomlaik.com / Marion Gommard-Jouan sur Linkedin

     

    Bonus : la danse magique de dauphins autour du voilier de Marion et David...

    Dolphins from Marion Gommard on Vimeo.

     

    Thibaut Angelvy

     

    Lire tous les épisodes du feuilleton Chomlaik

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