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    Stand High Patrol : les mousquetaires portent le dub français au sommet

    Stand High Patrol (de G à D : Pupajim, Mac Gyver, Rootystep) Stand High Patrol (de G à D : Pupajim, Mac Gyver, Rootystep) - © PY Marzin

    Le crew breton Stand High Patrol est l'un des fleurons du reggae dub français. Le premier représentant du "dub-a-dub", le nom qu'ils donnent à leur musique atypique, fusion de reggae, d'électro, de hip hop, de new wave, de jazz... À l'occasion de leur deuxième album et d'un passage au Dub Camp Festival, portrait d'un sound system résolument indépendant qui se surnomme les "Dubadub Musketeerz".

    Tous pour un... et une voix pour tous. Cette voix unique, à la fois douce et curieuse, du MC officiel du sound system, Pupajim, que l'on reconnaît dès les premières paroles. Avec le DJ Rootystep et l'opérateur Mac Gyver, ils forment depuis près de 15 ans le Stand High Patrol qui fait danser les fans de dub de Brest au Brésil, avec des shows qui changent à chaque live.

    Les trois "mousquetaires" ont le même âge (le début de la trentaine) et patrouillent ensemble depuis l'adolescence. Rootystep et Mac Gyver se sont connus dans un lycée artistique de Rennes puis ont rencontré Pupajim "par un copain interposé". Car Stand High Patrol, association et label musical indépendant, c'est d'abord une histoire de potes. Et de complémentarités.

    Pupajim est le compositeur principal, le parolier et le chanteur. Rootystep est le selecta, derrière les platines, et Mac Gyver le "bidouilleur d'effets" qui s'amuse à déformer les sons et trafiquer des jouets ou d'autres machines pour en inventer de nouveaux. En coulisses, d'autres copains donnent un coup de main, comme Morgan qui s'occupe des relations presse, du booking et du community management. "Mais on met tous la main à la pâte", précise Rootystep, "Par exemple, Mac Gyver a fait une formation dans le design et s'occupe du graphisme, tandis que moi je peux faire de la 2D grâce à mes études d'architecture..."

    De Rennes à Brest, puis l'international

    Stand High Patrol a d'abord écumé les bars rennais. Le sound system a ensuite pu s'installer tous les deux mois à Brest dans le cadre d'une résidence au mythique hôtel Vauban. "Sur trois, quatre ans, nous avons organisé une vingtaine de soirées. Cela nous a permis d'inviter plein d'artistes comme Jahtari ou Mungo's HiFi et nous avons vraiment progressé en collaborant avec d'autres sound systems. Depuis quelques années, la scène dub est en plein développement et c'est un mouvement assez collectif, une niche avec beaucoup d'entraide."

    Le sound system breton a ainsi pu se produire en Angleterre, la Mecque du reggae dub, et notamment sur l'invitation d'Iration Steppas. "Nous étions extrêmement flattés, car ce sont des pionniers que, plus jeunes, nous allions voir en tant que fans !" Grâce au bouche-à-oreille et au web, Stand High Patrol s'est fait un nom sur la scène internationale et joue désormais un peu partout dans le monde : Espagne, Suisse, Pologne, Finlande, Mexique, Brésil...

    Des collaborations plus poussées ont également été engagées avec d'autres sound systems, comme OBF (Suisse), et d'autres chanteurs. "Dès qu'on trouve une date, on essaye de la faire avec Jim. Mais il n'est pas toujours dispo, notamment à cause de son taf (voir plus bas). Nous faisons donc des concerts tout seuls ou avec d'autres MC comme Echo Ranks, qui a été le premier, Marina P (une dizaine de dates) ou Soom T. Cela s'est fait naturellement, au fil des rencontres, ce sont des chanteurs que nous apprécions autant humainement qu'artistiquement."

     

    Stand High Patrol avec Echo Ranks et Pupajim au Dub Camp Festival 2014

    Irréductibles Bretons

    La pochette de A Matter Of Scale, créée par Kazy Usclef La pochette de A Matter Of Scale, créée par Kazy Usclef

    Mac Gyver est Rennais, Rootystep Guingampais et Pupajim est de Ploufragan. Un crew 100 % breton. S'ils ne revendiquent pas particulièrement cette identité dans leur musique, ils sont attachés au territoire et à ses valeurs. "On adore cette région, les paysages et les habitants. Il y a une grosse culture du bénévolat qui permet d'organiser plus facilement des manifestations, et une tradition de la fête et de la musique : on a un super public ! Avec en plus des événements assez avant-gardistes comme les Transmusicales, et de la place pour que les artistes puissent s'exprimer."

    Si aujourd'hui, en Bretagne comme ailleurs, "toutes les villes de plus de 5 000 habitants ont au moins un sound system", ils étaient avant surtout concentrés sur Rennes. La place pour s'exprimer, Stand High Patrol est donc allée la chercher à Brest. Une ville-port à laquelle ils sont attachés, notamment car "c'est un carrefour, avec un mélange de personnes et de musiques".

    En Bretagne, il y a aussi une forte culture de l'autonomie. Logiquement, le groupe a créé son propre label musical indépendant, géré par une association. Deux 45 tours, trois maxi et deux albums ont été produits de A à Z. Le dernier, A Matter Of Scale, est sorti en janvier dernier et a été salué par la critique. "Nous faisons tout nous-mêmes, mais cela nous prend beaucoup de temps. Il faut qu'on se structure pour ne pas se faire bouffer par les tournées et la distribution. C'est bien d'être indépendants, mais c'est aussi difficile à gérer..."

     

    No Matter How Long It Takes, l'un des tubes du dernier album de Stand High Patrol.

    Merci l'intermittence

    Les trois artistes avaient tous un métier à côté de la musique. Depuis quelques mois, Rootystep et Mac Gyver sont devenus intermittents du spectacle. "C'est une vraie chance d'avoir ce statut en France, et désormais nous faisons assez de dates pour en bénéficier. Jim, en revanche, a eu une opportunité pour un super boulot dans la géographie, suite à sa thèse*, donc on s'adapte."

    Sans droits à l'intermittence, Stand High Patrol ne pourrait pas vivre de sa musique. L'industrie du disque est en crise, les membres du sound system ne veulent pas sacrifier leur vie personnelle pour faire de longues tournées et la création est encore trop peu rémunératrice sur le web. Leur chanson Brest Bay a par exemple été vue 4,3 millions de fois sur YouTube mais les retombées sont dérisoires. "C'est une chance d'avoir autant d'outils pour toucher le public, comme YouTube ou Facebook, mais nous participons à des collectifs qui mènent un combat pour une meilleure redistribution des revenus."

    Pour le moment, le principal retour est donc le soutien du public. "Et la crédibilité auprès des professionnels que nous donnent les ventes de disques. Mais nous avons gardé la mentalité de nos débuts, lorsqu'une soirée dans un bar permettait de financer l'achat des vinyles pour la soirée d'après. Désormais, c'est la vente d'un disque qui nous permet d'en faire un nouveau. Nous ne démarchons pas de dates et n'acceptons que celles qui nous conviennent : il faut que la musique reste un plaisir."

    Depuis un an, le plaisir est partagé par "Méri" (Meriadeg Guillanton) qui a rejoint la formation avec sa trompette et pour qui chaque concert est l'occasion d'une nouvelle session d'impro et de solos lancinants. Une évolution que tous apprécient, et Méri va donc accompagner le Stand High Patrol tout l'été. Vous saviez bien que les trois mousquetaires étaient quatre.

     

    Brest Bay

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    * Une chanson du dernier album s'intitule d'ailleurs Geography et la mélodie mélancolique s'accompagne de paroles qui traduisent un certain engagement : Observe and learn from the world where you live / You miss too many natural signs / You know how to write a code on a computer / But do you know how to grow vegetables? (Observe et apprends du monde dans lequel tu vis / Tu manques trop de signaux de la Nature / Tu sais comment écrire du code sur un ordinateur / Mais sais-tu comment faire pousser des légumes ?)

     

    Une rencontre avec Mungo's HiFi au Dub Camp

    Déjà présent lors de la première édition, Stand High Patrol sera de nouveau l'une des têtes d'affiche du Dub Camp Festival 2015. Une rencontre de sound systems est organisée avec les Écossais du Mungo's HiFi le samedi soir, annoncée comme un des temps forts du festival. Chacun avec sa sono, ils se répondront par des dubs endiablés et le flow de leurs MC. Pour l'occasion, Stand High sera accompagné par Marina P et Mungo's par Charlie P.

     

    Stand High Patrol au Dub Camp 2015

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    Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef
    Thibaut Angelvy - Journaliste, webmaster et rédaction en chef

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