Actualités :

Recherche

Les ebooks à la Une


Folles journées
Folles journées Après Nantes voyage, les Romanciers Nantais ont réalisé un nouveau recueil en partenariat avec un événement phare de la…


Le FC Lorient
Le FC Lorient Troisième club professionnel breton, le FC Lorient est une valeur sûre du football français. De la première saison au…


C'était Ginette
C'était Ginette Première femme députée du Maine-et-Loire, comme l'indique le sous-titre du livre qui lui est dédié, Ginette Leroux était une…




  • Les feuilletons à la Une


    C'est vous qui le dites
    C'est vous qui le dites Puisqu'on vous le dit ! Cet espace vous est en effet réservé, sous réserve de prendre vous-mêmes la parole. Un point de vue à partager, un nouveau…


    Dans la roue d'Europ'raid
    Dans la roue d'Europ'raid La journaliste Delphine Blanchard embarque à bord d'une Peugeot 205 qui participe à l'édition 2017 d'Europ'raid. En 23 jours, elle va traverser 20 pays et parcourir plus…


    Chomlaik
    Chomlaik Marion Gommard-Jouan est partie à la rencontre "des artistes qui donnent à voir le monde". Au fil des histoires glanées sur plusieurs continents, et notamment à chaque…




  • Nos partenaires

    

    Théâtre rural : des Misérables grandeur nature à Saint-Quentin-les-Anges

    Extrait des Misérables, mis en scène par la compagnie du Théâtre de la Douve. Extrait des Misérables, mis en scène par la compagnie du Théâtre de la Douve.

    Au cœur de la campagne du Haut-Anjou, ce petit bourg d’à peine 400 âmes, drainé par la ferveur d’une compagnie de théâtre locale, a vécu une semaine au rythme du classique de Victor Hugo. Suivies par 3 500 spectateurs sur cinq soirs, les destinées des Misérables ont signé la consécration d’un projet un peu fou, modèle de grand théâtre populaire, comme on n’en fait plus beaucoup. Reportage.

    "Il y a un mois, on m’a dit : "Philippe, tu n’auras personne !". Ce soir, on a dû refuser 100 personnes à l’entrée !". Micro à la main, Philippe Goulay, metteur en scène et initiateur du projet, peut afficher sans complexes un grand sourire face aux gradins pleins à craquer (700 spectateurs), sous la nuit tombante d’une chaude soirée de juillet. Ses Misérables fêtent les 80 ans de l’association du Théâtre de la Douve – une compagnie du cru dont il est président – qui témoigne de la vivacité culturelle du village mayennais, malgré sa démographie somme toute modeste (395 habitants).

    Car le spectacle ne se contente pas d’afficher complet un troisième soir de suite, il porte aussi un enthousiasme palpable dans toute la commune et aux alentours. Un bouillonnement d’énergies bénévoles, à hauteur du défi : rejouer en plein air ce classique intemporel des lettres françaises, impliquant plus de 150 personnes sur chaque soirée, dont près de 65 acteurs et figurants, tous amateurs et issus d’un vivier local particulièrement riche. Le projet a eu le temps de mûrir dans l’esprit de Philippe Goulay, qui y "pensait déjà il y dix ans". Malgré un grave cancer survenu il y a deux ans, il trouve dans ce projet la force vive pour affronter la maladie et plancher à temps plein sur l’adaptation du texte. Avec rapidement quelques certitudes, et "dès le départ l’idée de monter la pièce sur ce site".

    On imagine en effet sans peine que des rêves immenses de mise en scène puissent se projeter ici, au pied de cet ancien presbytère, bâtisse du XVIIIe siècle d’une belle envergure. Reconvertie en mairie depuis 2012, elle dessine les contours d’une scène naturelle sur 40 mètres de long, encadrée d’un côté par la Douve, de l’autre par les murs d’une église paroissiale. Au premier plan, des plateaux coulissant sur des rails planteront le décor des scènes intérieures, de la séquence inaugurale chez l’évêque à l’auberge des Thénardier. Jean-Pierre, directeur technique du site, loue un ingénieux système qui permet de "tout enchaîner, sans entracte. Tous les décors sont déjà en place, une équipe de huit personnes s’occupe de les déplacer pendant le spectacle, au fil des différentes scènes." Un exemple parmi d’autres de la vaste mécanique à l’œuvre en coulisses pour dérouler sans accrocs le tapis d’un spectacle hors norme.

    Une première sous la pluie

    Deux heures avant que ne sonnent les trois coups, on s’affaire également au rayon costumes et maquillage. Marie-Thé et Monique sont en charge des parures vestimentaires, longues vestes, coiffes blanches et autres robes sombres devant figurer l’illusion d’un saut à l’aube du XIXe siècle. "Nous avons regardé la version avec Lino Ventura pour nous imprégner, et nous nous sommes fait un press-book", précisent-elles entre deux rangées de costumes, soigneusement classés selon l’ordre alphabétique des comédiens. Au total, 101 costumes, pour la plupart piochés directement dans la grande malle de l’armoire des saltimbanques, autre trésor associatif de Saint-Quentin-les-Anges, où l’on recense plus de 2 000 pièces pour la location de costumes.

    Trois mètres plus loin, Nicolas, la trentaine, est entre les mains d’une maquilleuse. Le héros de la soirée, sans aucun doute : dessinateur industriel le jour, Nicolas revêt le soir les habits du personnage phare, qui irrigue tout le récit de sa force de caractère, complexe et ambiguë. "Jean Valjean, c’est moi !" lance-t-il en guise de présentation. "J’ai commencé à jouer ici, au théâtre de la Douve, vers 12-13 ans, et je n’ai jamais quitté l’asso depuis. Mais c’est la première fois que j’ai autant de tirades." De la première répétition un an plus tôt à la générale du 26 juin, la pression a eu le temps de monter. "On a toujours l’impression qu’avec un spectacle d’une telle ampleur, on ne sera pas prêts le jour J, mais en fait tout est calé, chacun sait où il doit être. Pour la première, on a même joué toute la pièce sous la pluie, c’était galère mais on a tenu bon, avec un soulagement décuplé à la fin."

    "Faire plaisir aux gens"

    Simon, aka le jeune Marius dans la pièce, n’a pas non plus ménagé ses efforts lors d’une séquence rafraîchissante : "Pour les besoins d’une scène filmée, j’ai passé cinq heures sous les égouts à Château-Gontier, avec de l’eau jusqu’en haut des cuisses." D’habiles passerelles narratives entre les planches et la vidéo, projetée sur écran géant, viennent en effet ponctuer le fil du récit, et "apporter quelques touches de modernité au classique", admet Marine, responsable de la commission communication.

    En mêlant scènes chantées, scènes de rue avec feu d’artifice et fumigènes, ombres chinoises et intégration de la vidéo, Philippe Goulay a voulu "valoriser toutes les compétences, techniques ou artistiques, des chanteurs aux passionnés de cinéma". Une approche pluridisciplinaire pour un spectacle total, fruit d’une passion généreuse pour le théâtre amateur et d’une saine ambition pour conjuguer pyrotechnie et épaisseur dramatique. Et toucher tous les publics, sans distinction.

    "Mon idée est simple : faire plaisir aux gens. Et je pense que ça fonctionne, on a eu un très bon bouche-à-oreille. Notre ambition désormais est de remonter ce spectacle ici tous les deux ans, mais en le renouvelant, en apportant à chaque fois des petites nouveautés." Jean Valjean, Fantine, Cosette, Marius, Javert et autres Thénardier sont donc bien éternels : rendez-vous est pris avec eux pour l’été 2016.

     

    En savoir plus :

    facebook.com/pages/Théâtre-de-la-Douve

     

    Cliquez sur une photo pour passer en mode galerie

    Yoan Le Blévec - Journaliste
    Yoan Le Blévec - Journaliste

    Voir tous ses articles
    Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
    Partager cet article :

    Dans la même rubrique :

    Vous n'avez pas le droit de laisser un commentaire ! Veuillez vous connecter ou vous abonner si vous n'avez pas encore de compte...